« J’en parle parfois avec mes potes. Il y a un an et demi, je descendais en National 1 avec Quevilly, après une saison galère, et là, je suis premier de Bundesliga 2. C’est dingue ! ». Il a encore du mal à réaliser. Jonathan Clauss (27 ans), parti rejoindre l’Arminia Bielefeld à l’été 2018, vit un conte de fées, ou presque. Avec son écurie allemande, il caracole en tête de la 2. Bundesliga, équivalent de la Ligue 2 allemande, après 13 journées. « À la base, je ne pense pas que le club était programmé pour ça cette saison. Après, on a fait une super deuxième partie de saison dernière, avec de très bons résultats. Je pense que le club voulait rester sur cette dynamique-là, en maintenant sa confiance au coach qui était arrivé l’hiver dernier, en recrutant cet été à des postes-clés, très importants pour nous. On a fait une super préparation. On a un groupe avec énormément de qualité. On essaie de faire au mieux tous les week-ends, être concentrés sur nous. On a aussi un peu de réussite par-ci par-là, mais on a aussi travaillé pour et au final, on se retrouve leader. Ce n’était pas prévu, mais on essaie de faire au mieux, ça se passe bien, tant mieux pour nous », nous a-t-il raconté.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas étranger au bon comportement de son écurie. Tantôt latéral droit, tantôt milieu droit, le natif de Strasbourg, buteur dimanche lors de la démonstration à Nuremberg (1-5, 13e journée), est l’un des artisans de ce bon début d’exercice, avec des prestations abouties et plusieurs passes décisives au compteur. « Individuellement, c’est intéressant. J’ai beaucoup de temps de jeu, en tant que latéral ou ailier (13 apparitions en 13 journées, 11 titularisations). C’est très positif. On a engrangé des points. J’en suis déjà à un but et quatre ou cinq passes décisives. Ça progresse, c’est bien. Collectivement, c’est positif aussi, on avance en équipe. On tire tous dans la même direction, on a tous le même objectif en tête, on ne pense à rien d’autre qu’à nos tâches collectives et, pour l’instant, ça se passe plutôt bien », nous a-t-il confié, avouant que ses premiers pas n’avaient pas été simples. « Quand je suis arrivé, il m’a fallu un temps d’adaptation, dans l’intensité, dans la concentration, dans les phases techniques, dans les duels, parce que c’est vraiment un cran au-dessus ici. Il m’a bien fallu trois-quatre mois d’adaptation, je sortais de mon confort en France. Ici, soit tu bosses et tu te mets au niveau, soit c’est très compliqué », nous a-t-il indiqué.

« Bielefeld, l’opportunité la plus incroyable de ma carrière »

Au-delà des résultats, le latéral droit, qui joue aussi parfois milieu droit, a trouvé un environnement propice à son épanouissement de joueur et d’homme. « Le niveau est vraiment très intéressant, il y a des équipes de qualité. C’est hyper intéressant à jouer, il y a du rythme, c’est intense, c’est très plaisant. Ce qui se passe en Allemagne, c’est extraordinaire. On a entre 15 et 25 000 fans au stade à domicile ! À l’extérieur, ils sont parfois jusqu’à 6 000 à faire les déplacements pour nous suivre. Les stades sont top, la qualité des pelouses est incroyable, partout, peu importe la saison. Les infrastructures sont de très grande qualité, ça c’est clair », nous a-t-il lâché, littéralement conquis. « Bielefeld m’a un peu récupéré quand je n’avais pas grand-chose, ça a été l’opportunité la plus incroyable de ma carrière. Je ne connaissais pas du tout Bielefeld. Je me suis lancé dans l’inconnu total. Pour moi, ça a été le coup de foudre direct. J’avais une semaine d’essai ici. Je me suis vite dit qu’il fallait que je reste parce que je trouvais ça top. Je ne savais pas ce qui m’attendait », nous a-t-il expliqué, encore séduit aujourd’hui par son aventure.

« Il m’a fallu du travail. Ce club m’a donné une chance incroyable, c’est la meilleure équipe dans laquelle j’ai joué. On a un staff top, une équipe top avec beaucoup de qualité. J’étais très surpris en arrivant, je le suis encore aujourd’hui avec nos résultats, nos entraînements, avec tout ce qu’il y a autour, pour un club de 2. Bundesliga, c’est incroyable, on est dans des conditions top niveau », nous a-t-il lancé. Le club allemand, aussi, est sous le charme et souhaite prolonger son contrat, qui court actuellement jusqu’en juin 2020. « C’est dans la lignée de ce dont j’ai envie aussi, je me sens vraiment très bien ici, je ne me suis jamais senti aussi bien. J’ai aussi lu les déclarations des dirigeants. Le club a envie que je reste, moi aussi je veux rester, maintenant, on est encore en discussion avec le club. C’est sûr que pouvoir rester dans ce club-là, ce serait top. Là, en plus, on joue les premiers rôles, donc, si en plus de ça, on peut rêver à jouer la Bundesliga la saison prochaine avec Bielefeld, ça serait du top bonus », nous a-t-il glissé, savourant tout ce qui lui arrive après un parcours plutôt inhabituel.

Formé au RC Strasbourg, il est parti du club alsacien à 18 ans, repassant par le monde amateur à l’AS Pierrot-Vauban et même par la 6e division allemande au SV Linx, avant de revenir en France, en National 2 à Raon-L’Etape, puis en National 1 avec Avranches, en Ligue 2 avec Quevilly Rouen Métropole et donc en 2. Bundesliga désormais avec Bielefeld. « La suite, on la connaît ! Ça m’a paru tellement loin, mais j’ai encore faim, car je sors un peu de nulle part. J’ai eu énormément de chance, je pense, il n’y a pas que les qualités qui ont joué. Honnêtement, je suis très heureux d’être là et j’espère que ça va continuer. Jouer le haut du tableau à ce niveau, je n’ai jamais encore vraiment vécu ça auparavant. Pour l’instant, c’est extraordinaire. Je ne sais pas comment c’est possible de passer d’une descente en National à une possible montée en Bundesliga. Pour l’instant, c’est top », a-t-il conclu. Pourvu que ça dure !