Les Portugais s’offraient eux la première opportunité chaude de la rencontre, avec un long ballon de Cédric pour Nani, parti dans le dos de la défense tricolore, mais sans incidences majeures puisque le nouveau joueur de Valence n’a pas trouvé le cadre (4e). La France répondait instantanément avec plusieurs pénétrations dangereuses dans la surface portugaise, mais Griezmann se montrait maladroit devant les cages (7e). Le Colchonero confirmait qu’il était le principal danger tricolore, avec une excellente tête consécutive à un centre parfait de Payet, face à laquelle Rui Patricio a du sortir une main providentielle pour éviter l’ouverture du score française (10e). Le Portugal avait du mal à déployer son jeu, affichant trop de déchet technique, avec des milieux de terrains assez imprécis pendant ces premiers instants de la rencontre.

Et la Seleçao devait déjà faire face à une terrible nouvelle, puisqu’à la 18e minute, Cristiano Ronaldo sortait temporairement sur blessure, les larmes aux yeux, avant de revenir sur le terrain. Sissoko, particulièrement en jambes ce soir, s’offrait un long rush au milieu mais voyait sa frappe lointaine, déviée, passer assez loin de la barre transversale (22e). Mais la star du Portugal ne pouvait pas tenir, et quittait définitivement ses coéquipiers à la 24e minute. Sur un nuage, Sissoko contrôlait dans la surface et s’offrait une nouvelle opportunité, mais Rui Patricio répondait encore présent (34e). Au fur et à mesure que la rencontre avançait, le Portugal était de plus en plus à l’aise, et Renato Sanches, William Carvalho et compagnie avaient de plus en pus de facilités à combiner dans les derniers mètres.

Au retour des vestiaires, les débats étaient toujours aussi équilibrés. Fraîchement entré en jeu, Coman lançait Griezmann dans la profondeur, mais le Colchonero ne parvenait pas à battre le gardien lusitanien (59e). La France avait mis le pied sur le ballon, mais les Portugais résistaient bien derrière, toujours aussi bien en place. Coman, toujours lui, trouvait cette fois Griezmann sur un bon centre, mais sa tête passait juste au-dessus de la barre (66e). Auteur d’une superbe entrée en jeu, le Bavarois adressait ensuite une belle passe à Giroud, qui butait sur un Rui Patricio encore décisif (75e). Quelques minutes plus tard, c’était au tour de Lloris de l’être, avec une superbe claquette sur un centre de Nani qui s’était envenimé (80e). Les deux équipes se rendaient les coups, et Patricio sortait encore une belle parade sur une tentative lointaine de Sissoko (84e). Et dans le temps additionnel, Gignac trouvait le poteau (92e)...

Pendant les prolongations, la fatigue se faisait sentir des deux côtés. Seul Sissoko continuait de gambader tranquillement entre les lignes. Les attaquants étaient de moins en moins lucides. Sur un corner tiré par Quaresma, Eder gagnait un énième ballon aérien mais voyait sa tête finalement captée par Lloris (104e). Guerreiro touchait la barre sur coup-franc (108e) ! Les Portugais étaient proches d’ouvrir le score, et c’est finalement Eder, auteur d’une excellente entrée, qui a crucifié Lloris d’une frappe lointaine au ras du poteau (1-0, 109e). Les troupes de Deschamps n’ont pas été en mesure de réagir, et le Portugal remporte la première compétition internationale de son histoire.

L’homme du match : Rui Patricio (8) : gros match du portier, toujours décisif quand il a dû s’employer. On notera surtout son arrêt exceptionnel sur Griezmann (10e), puis sur Giroud (75e) et Sissoko (84e), et plusieurs belles sorties aériennes sur des centres dans sa surface. Les Lusitaniens ont une belle défense, mais si le Portugal n’a pas encaissé, c’est aussi en grande partie grâce à lui. La chance lui a aussi souri sur le poteau de Gignac en toute fin de rencontre.

Portugal

- Rui Patricio (8) : voir ci-dessus.

- Cédric (6) : le latéral droit lusitanien a livré une copie plus que correcte sur le côté gauche de la défense, neutralisant totalement un Payet qui a peu à peu quitté le couloir. C’est simple, les situations pendant lesquelles il a réellement été battu se comptent sur les doigts d’une main, et sont toutes à mettre sur le compte d’un excellent Kingsley Coman. On regrettera peut-être un apport offensif très pauvre, mais il respectait probablement les consignes de son entraîneur.

- José Fonte (7) : le défenseur de Southampton a réalisé une belle prestation. Peut-être moins en vue que Pepe, mais il était toujours aussi bien positionné derrière, à l’affût de tout ballon adverse présent dans la surface, à l’image de son joli tacle sur un Sissoko lancé en vitesse (30e). Il a aussi été assez à l’aise quand il a fallu quitter sa surface pour venir tacler des joueurs de couloir français.

- Pepe (8) : impérial, comme d’habitude. Ce soir, il a encore confirmé son statut de meilleur défenseur central de la compétition, muselant totalement les joueurs offensifs tricolores. Duels gagnés au sol et dans le jeu aérien, interceptions, tacles providentiels ; le Madrilène était tout simplement dans tous les bons coups, dégoûtant encore et encore les attaquants français. Il n’y a que sur ce poteau de Gignac en fin de temps réglementaire qu’il a été battu. Dans la relance, c’était propre. Une nouvelle prestation 5 étoiles en somme.

- Guerreiro (7) : match très sérieux du latéral gauche du Borussia. Très solide défensivement parlant, avec la plupart de ses duels gagnés dans les alentours de sa surface, le désormais ancien Lorientais n’a laissé passer que très peu de ballons, prêtant parfois main-forte à la charnière centrale. Offensivement, il a aussi été intéressant, apportant du soutien aux joueurs de devant. Il touche la barre sur coup-franc. Sorti en toute fin des prolongations, blessé, sous une ovation bien méritée du kop portugais.

- William Carvalho (6) : un match très sérieux devant sa défense. Comme beaucoup de ses coéquipiers, il a eu du mal à entrer dans la rencontre, avant de retrouver ses esprits. Bon à la sortie du ballon, il s’est aussi beaucoup donné défensivement parlant et a sorti plusieurs ballons flottant dans sa surface dans les prolongations. Il a cependant eu énormément de difficultés face à Moussa Sissoko, qui s’est souvent promené dans sa zone, et n’a pas su répondre au challenge physique proposé par le Français.

- Adrien Silva (5,5) : le milieu du Sporting a fait le boulot. Omniprésent dans l’axe, il n’a pas lésiné sur les efforts, tant sur les séquences offensives que défensives, et on pouvait le voir juste devant sa surface pour le retrouver aux abords de la surface tricolore 30 secondes plus tard. Il n’a cependant pas pesé dans le jeu et a fait très peu de différences. Sorti à la 66e, laissant sa place à Moutinho (6). Le Monégasque a touché beaucoup de ballons et apporté un peu de pause et de tranquillité au milieu.

- Joao Mario (7) : assez effacé en début de match, il est monté en puissance au fur et à mesure que la partie avançait. On a retrouvé cette facilité à combiner avec ses coéquipiers du milieu, avec des actions à une touche de balle, et il a souvent essayé de venir semer le trouble dans la surface française. Ses vis-à-vis avaient du mal à le neutraliser, sa mobilité et son intelligence de jeu rendant le marquage individuel peu aisé.

- Renato Sanches (6) : il a démarré excentré sur le côté droit, où il a eu du mal à se montrer, faisant aussi preuve de maladresse, ratant plusieurs contrôles et quelques transmissions à priori simples. Replacé dans l’axe à la demi-heure de jeu, il a retrouvé le niveau qui est le sien, étant plus influent dans le jeu et créant plus de différences balle au pied. Il a cependant été trop irrégulier sur l’ensemble de la rencontre, et sa courte expérience a pesé. Remplacé par Eder (79e), venu apporter de la présence dans la surface et dans le jeu aérien. Il a souvent gêné les défenseurs tricolores et a pris tous les ballons dans le jeu aérien, servant notamment de pivot devant. Il a ouvert le score avec une belle frappe lointaine face à laquelle Lloris n’a rien pu faire (109e). Une entrée totalement réussie.

- Nani (5) : exilé en pointe une fois Cristiano Ronaldo sorti, il a beaucoup tenté, essayant de se démarquer entre les lignes, et n’hésitant pas à décrocher pour ensuite combiner avec ses compagnons du front d’attaque. Il a gagné quelques duels face aux défenseurs, mais a également perdu beaucoup de ballons. On notera cependant que c’est lui qui s’est créé les deux meilleures occasions portugaises du temps réglementaire. Il s’est aussi beaucoup sacrifié dans les tâches défensives.

- Cristiano Ronaldo (non-noté) : ô qu’il était attendu le Madrilène...Pourtant, avant d’avoir eu l’opportunité de montrer quoi que ce soit, il a du quitter les siens prématurément, touché au genou après un gros choc avec Payet. Ce titre lui revient cependant de droit, et c’est ce qui lui manquait pour entrer dans la légende... Remplacé par Quaresma (4) à la 25e minute, auteur d’une entrée assez moyenne, créant bien trop peu de danger. Jamais il n’a fait ce qu’on attend de lui : se défaire de ses adversaires pour venir créer des situations chaudes pour lui ou ses coéquipiers.

France

- Lloris (7) : le gardien a réalisé une bonne prestation, dans la lignée de son Euro. Très concentré et vigilant à la moindre incursion portugaise, il n’a pas non-plus effectué d’arrêt déterminant durant 80 minutes, se contentant de quelques sorties aériennes et d’une belle intervention hors de sa surface (35e). En fin de match, il sort le double arrêt qu’il faut, en repoussant d’abord un centre-tir de Nani puis en captant une reprise acrobatique de Quaresma (80e). Encore décisif sur cette tête de Eder (103e), il est sauvé par sa barre sur ce coup-franc de Guerreiro (108e) mais est battu sur cette frappe ras de terre de Eder (109e).

- Sagna (6) : son duel face à Ronaldo était très attendu mais malheureusement pour le spectacle, il n’a pas eu lieu. Au lieu de ça, le latéral s’est souvent retrouvé face à l’offensif Guerreiro et à Quaresma. Il a plutôt bien défendu en effectuant quelques retours précieux, même si le Portugal est généralement passé par son côté pour attaquer. Offensivement, il a su apporter le nombre et a même distillé quelques bons centres qui auraient mérité un meilleur sort. Un bon sauvetage devant Quaresma (115e).

- Koscielny (6) : après un début de match moyen où il lâche Nani sur sa première accélération (4e), il s’est bien repris. Très fort au duel, il a contenu Ronaldo en tout début de rencontre et s’est chargé de Nani ensuite. Il n’a pas compté ses efforts dans le placement et a exercé un pressing constant sur le porteur de balle. Certaines de ses interventions ont montré toute sa détermination et son autorité comme face à Nani (82e). Il est tout de même fautif sur le but d’Eder puisqu’il lâche son marquage (109e). Averti (107e).

- Umtiti (6,5) : pour sa troisième sélection et peut-être déjà la plus importante de toute sa future carrière, le Lyonnais s’est montré à la hauteur de l’événement. Dès les premiers contacts, il a donné le ton à ses adversaires. Solide sur ses duels, globalement propre dans ses interventions même s’il commet quelques fautes, quelques transversales ratées mais des relances réussies, il a apporté pas mal de sérénité comme sur ces deux têtes qui ont soulagé son camp. Averti (80e), il a connu une fin de match plus compliquée, notamment avec l’entrée en jeu de Eder. D’ailleurs sur le but, il doit prendre l’attaquant à sa charge après que Koscielny l’ait lâché.

- Evra (5,5) : s’il y a bien un joueur qui inquiétait avant le coup d’envoi, c’est lui, mais au final le joueur de la Juventus Turin a répondu présent. A 35 ans, il a fait jouer toute son expérience. Jamais dépassé, il a fait le dos rond dans ses moments creux et a bien défendu son couloir. Il s’est même permis quelques gestes comme ce petit pont en début de rencontre (5e). En revanche, on ne l’a pas beaucoup vu aux avant-postes.

- Pogba (4,5) : il était très attendu dans ce match et il a plutôt été bon mais pas déterminant non-plus. Durant cette finale, il s’est appliqué à d’abord bien défendre en effectuant un gros pressing, en taclant et en épaulant sa ligne de quatre. En phase offensive en revanche, il a vécu un match plus délicat. Aligné assez loin des milieux offensifs, il a eu du mal à combiner et a souvent été contraint de jouer sur les ailes ou d’envoyer de longs ballons. Son jeu de tête a tout de même été précieux. Averti (114e).

- Matuidi (4) : match moyen de la part du Parisien. Pourtant tout commençait bien pour lui avec un pressing diablement efficace et quelques ballons qui ont cassé les lignes. Auteur d’un gros boulot défensif, il n’avait cesse de harceler ses adversaires. Seulement après une demi-heure de jeu, il a connu plus de déchet dans son jeu et s’est contenté de jouer de manière latérale. Il n’a pas su projeter comme il en a l’habitude. Averti (96e).

- Sissoko (7,5) : quel match de sa part. Incisif dès ses premières incursions (2e, 5e), le joueur de Newcastle a épaté son monde durant cette finale. Véritable bulldozer, il a enchaîné les raids tout en puissance (21e) et s’est même essayé à la frappe du gauche de loin (34e) et a cadré un missile du droit des 25 mètres (84e). Il a abattu un travail monstre également en défense où il a beaucoup aidé. Il a connu une baisse de régime sur la fin de match. Remplacé par Martial (110e).

- Griezmann (6) : il aura été le véritable détonateur côté français. Très mobile sur le front de l’attaque mais aussi au milieu quand il redescendait, il a tenté de combiner avec Giroud, Payet et Sissoko sans toujours avoir la réussite avec lui. Par deux fois, il frôle l’ouverture du score. D’abord avec cette tête, qui prenait la direction de la lucarne, claquée par Rui Patricio (10e) puis sur une nouvelle tentative de la tête qui échouait juste au-dessus de la barre (66e).

- Payet (3,5) : lui aura déçu en revanche ce soir. Un peu comme certains coéquipiers, il a bien entamé sa finale avant de rapidement baisser le pied. Il distribue un excellent ballon pour Griezmann (10e) et c’est à peu près tout. Ses coéquipiers ont eu du mal à le trouver et il a lui-même semblé à court de solutions, privilégiant parfois l’option individuelle. Il est remplacé par Coman (7,5) (57e) qui aurait pu faire basculer le match avant les prolongations. Il a apporté sa vitesse et sa technique comme sur ses premiers ballons où il lance Griezmann (59e, 66e), Giroud (75e) et Gignac (90e+2).

- Giroud (4) : l’attaquant d’Arsenal a cette fois-ci un peu raté son match. Pourtant son physique et son jeu de tête ont gêné la défense portugaise et ont permis de libérer des espaces pour ses coéquipiers mais un peu comme Payet, son rendement s’est étiolé au fil de la rencontre. Pour un attaquant, il n’a pas eu beaucoup de ballons exploitables à part sur cette frappe croisée repoussée par Rui Patricio (75e) et il a été remplacé par Gignac (78e). Ce dernier a apporté par sa fraîcheur et son physique qui a gêné la défense lusitanienne. Sans le poteau, il serait devenu le héros français de la soirée (90e+2).