Les supporters marseillais et la France du football attendaient avec une certaine impatience ce rendez-vous. Après un parcours qui a démarré en juillet dernier face à Ostende, l’OM disputait ce soir la finale de la Ligue Europa face à l’Atlético Madrid. Une rencontre qui se disputait quasiment à domicile au Groupama Stadium renommé Stade de Lyon pour l’occasion. En course pour rafler la deuxième coupe d’Europe de son histoire, la formation phocéenne se présentait sur le pré en 4-2-3-1 avec les titularisations de Bouna Sarr et Dimitri Payet. Côté madrilène, Diego Simeone optait pour un 4-4-2 avec le duo Griezmann, Diego Costa en pointe. Dès les premiers instants du match, l’OM se procurait une incroyable occasion.

Sur un contre mené par Payet, le capitaine marseillais jouait en relais avec Thauvin avant de servir Germain qui se présentait seul devant Oblak. L’attaquant marseillais ne cadrait pas sa frappe (4e). Conquérants, les hommes de Rudi Garcia abordaient bien l’entame de la rencontre. Sur un coup-franc mal renvoyé par la défense madrilène, Adil Rami à l’entrée de la surface voyait le cadre se dérober sur sa volée (6e). Mais l’excellente entame marseillaise n’était malheureusement pas récompensée. Sur une mauvaise relance de Mandanda dans l’axe, Zambo-Anguissa contrôlait mal le cuir ce qui profitait à Gabi qui lançait Griezmann dans la profondeur. L’attaquant français ajustait de près Mandanda (0-1, 21e). Les choses se compliquaient encore un peu plus pour les Olympiens suite à la sortie sur blessure de Dimitri Payet (30e). Suite à l’ouverture du score madrilène, le match s’équilibrait et les occasions se faisaient très rares.

Griezmann bourreau des Marseillais

Au retour des vestiaires, l’OM se faisait cueillir à froid. Sur un beau relais entre Koke et Griezmann, le buteur des Colchoneros ajustait d’un petit piqué Steve Mandanda (0-2, 49e). L’international français devenait le premier joueur tricolore à inscrire un doublé en finale d’une coupe d’Europe. Ce deuxième but constituait un véritable coup de massue pour les joueurs marseillais. Sur un corner frappé par Griezmann, Godin voyait sa tête filer juste au-dessus de la transversale de Mandanda (51e). Suite au deuxième but madrilène, les hommes de Rudi Garcia perdaient le fil du match, étant souvent en retard dans les duels notamment. Les Colchoneros manquaient d’inscrire le troisième but sur un centre-tir de Koke bien détourné en corner par Mandanda (68e).

Fort de son avantage, l’Atlético maîtrisait les événements et confisquait le ballon aux Marseillais. L’OM pensait réduire la marque en fin de match. Sur la droite, Morgan Sanson distillait un excellent centre pour Mitroglou dont la tête croisée venait mourir sur le poteau d’Oblak (80e). Dans un ultime baroud d’honneur, Marseille essayait de mettre la pression sur les buts d’Oblak. Côté droit, Rami voyait son centre mal renvoyé par la défense madrilène, Amavi aux vingt mètres décochait une belle frappe bien captée par Oblak (84e). L’OM rendait définitivement les armes. Sur une contre-attaque madrilène, Diego Costa filait côté gauche, alertait Koke qui décalait Gabi dont la frappe ne laissait aucune chance à Mandanda (3-0, 89e). L’Atlético Madrid remportait la troisième Ligue Europa de son histoire.

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L’homme du match : Griezmann (8,5) : assez peu en vue en début de rencontre, il commettait par moments de légères imprécisions techniques. Servi par Gabi, le natif de Mâcon se présentait seul face à Steve Mandanda et ouvrait le score (1-0, 21e). Galvanisé par ce but, il ne cessait de se montrer en évidence. En tout début de seconde période, il s’offrait un doublé suite à une excellente séquence collective alors qu’il était au début de l’action (2-0, 49e). Il manquait de peu le triplé par la suite (53e). Sur coup franc, il adressait un bon ballon à Saul qui ne parvenait pas à marquer (70e). Remplacé par Fernando Torres (90e) venu participer à la fête pour sa dernière saison avec l’Atlético.

OM

- Mandanda (4) : le portier marseillais est clairement impliqué dans l’ouverture du score de l’Atlético. Sa mauvaise relance dans l’axe met en difficulté Zambo-Anguissa qui perd le ballon derrière, ce qui amène le but de Griezmann (0-1, 21e). Il a paru assez fébrile dans son jeu au pied. L’international français ne peut rien sur les buts de Griezmann (49e) et Gabi (89e). Se détend bien sur un centre-tir de Koke (68e).

- Amavi (3) : le latéral gauche phocéen a éprouvé quelques difficultés à rentrer dans son match. Comme inhibé par l’enjeu, l’ancien Niçois a commis pas mal de fautes. Souvent en retard dans les duels, il a laissé l’initiative offensive à Ocampos sur son côté. Encore en retard sur le deuxième but, où il laisse filer Antoine Griezmann seul au but (2-0, 49e). Pas très à son avantage ce soir, il aurait pu réduire la marque sur une belle frappe en dehors de la surface (84e).

- Luiz Gustavo (4) : positionné en charnière centrale suite au forfait de Rolando, le joueur brésilien n’a pas démérité notamment grâce à son expérience et son sens de l’anticipation. Son association avec Adil Rami rassure ses partenaires. A complètement perdu pied après le deuxième but des Colchoneros. Ce qui s’est traduit par du déchet et des fautes commises.

- Rami (4) : suspendu en Ligue 1, l’international français a eu le temps de bien préparer sa finale. Costaud dans les duels, l’ancien Lillois avait un sacré client en la personne de Diego Costa. Le défenseur central a bien muselé le buteur espagnol dans le premier acte. A l’instar de son coéquipier Luiz Gustavo, il a beaucoup moins contrôlé les débats après le deuxième but madrilène. Des erreurs d’inattention, moins de présence dans les duels, sa fin de match fut compliquée.

- Sarr (6) : éblouissant sur son côté droit, il a joué totalement décomplexé ce soir. L’intéressé n’a pas hésité à apporter le surnombre offensivement, toujours avec une certaine aisance technique. Son énorme activité dans le couloir droit bénéficie à toute son équipe. Pas grand-chose à lui reprocher ce soir. Malgré des événements contraires, il n’a jamais rendu les armes en essayant d’apporter le danger offensivement.

- Sanson (5,5) : associé à Zambo-Anguissa dans l’entrejeu, l’ancien Héraultais s’est évertué à jouer juste et à distribuer le jeu marseillais. Toujours aussi précis dans ses transmissions, sa vision du jeu permet d’aérer le jeu de son équipe. A souffert comme l’ensemble de ses partenaires dans le second acte. Son excellent centre pour Mitroglou aurait pu être décisif (80e).

- Zambo Anguissa (4,5) : le milieu camerounais a effectué un premier quart-d’heure de haute facture en se montrant très présent physiquement et en récupérant les ballons. Mais tous ses efforts ont été réduits à néant par un mauvais contrôle sur une passe hasardeuse de Mandanda, qui amène le premier but de l’Atlético (21e). S’est bien repris après ce coup du sort, ou son impact physique a permis à l’OM d’exister au moins une mi-temps. Comme ses partenaires, il a sombré après le deuxième but de Griezmann.

- Ocampos (5,5) : le joueur argentin reste un modèle d’implication. Son abattage sur le côté gauche soulage quelque peu Jordan Amavi. Très à son avantage sur le plan technique, il se sacrifie pour ses partenaires. Ne rechigne jamais aux efforts défensifs. Remplacé à la 54e par Clinton Njie qui n’a pas pu apporter toute sa percussion et son sens du but ce soir.

- Payet () : incertain avant le début du match, le capitaine olympien a effectué une bonne entame, se montrant disponible et essayant de réguler le jeu de son équipe. Sa passe pour Germain aurait pu se transformer en passe décisive si ce dernier n’avait pas gâché l’offrande (6e). Il est contraint de quitter ses partenaires sur blessure (30e). Remplacé par Maxime Lopez (4,5) qui a beaucoup couru dans le vide en essayant de récupérer le ballon confisqué par les Colchoneros.

- Thauvin (3,5) : l’ailier droit marseillais a essayé d’apporter sa qualité dans la percussion. Moins en réussite qu’à l’accoutumée dans ses initiatives, il a eu fort à faire avec Lucas Hernandez notamment. Volontaire, son activité n’a pas été récompensée dans le premier acte. Son second acte fut décevant. Il a totalement disparu de la circulation. Son impact dans les grands matchs laisse à désirer cette saison.

- Germain (3) : titularisé au profit de Kostas Mitroglou, l’attaquant marseillais a gâché une énorme opportunité dans les premières minutes. Idéalement servi par Payet, l’ancien Monégasque seul devant Oblak ne parvient pas à attraper le cadre (6e). Un premier tournant dans ce match. Par la suite, il s’est heurté à la défense de fer des Colchoneros, il a éprouvé des difficultés à exister physiquement. Remplacé à la 73e par Kostas Mitroglou dont la tête croisée est allée s’écraser sur le poteau d’Oblak (80e).

Atlético Madrid

- Oblak (6,5) : malgré une première frayeur signée Valère Germain (4e), le portier slovène était parfaitement rentré dans la partie. Dimitri Payet tentait sa chance, mais sa frappe était tranquillement négociée (19e). Autoritaire dans les airs, il s’imposait à chaque fois. En fin de premier acte, il était de moins en moins sollicité. Pas du tout inquiété en seconde période, il vivait des minutes très tranquilles. Il était toutefois chanceux de voir Mitroglou toucher son poteau (81e) avant d’intervenir parfaitement face à une énorme frappe de Jordan Amavi (84e).

- Vrsaljko (6,5) : très solide dans son couloir, il répondait parfaitement aux débordements de Lucas Ocampos. Un duel dans le match où les deux joueurs prenaient chacun leur tour l’ascendant sur leur rival. Le Croate était d’ailleurs averti pour une faute sur l’ancien Asémiste. À la mi-temps, il laissait sa place à Juanfran (6). Fort de ses finales de Ligue des Champions jouées en 2014 et 2016, il livrait une partition de bonne facture.

- Gimenez (7) : sérieux, il n’a pas eu grand-chose à faire en première période, mais s’est bien comporté sur les interventions qu’il a eu à faire. Appliqué dans ses passes, précis dans son placement, il était dans une grande forme. Toutefois les difficultés offensives des Phocéens ne lui permettaient pas de faire étal de tout son talent. L’Uruguayen remporte sa première Coupe d’Europe après deux échecs en finale de Ligue des Champions (2014 et 2016).

- Godin (7) : peu inquiété, l’Uruguayen ne manquait pas de sérieux dans ses interventions. Solide dans les airs, il laissait peu de place aux Marseillais dans sa surface. Dans le camp adverse, il n’était pas en reste, mais sa tête passait au-dessus du but de Steve Mandanda (39e). Il se montrait de nouveau dangereux dans ce domaine en début de seconde période (53e). Malgré son gros match, il se faisait complètement manger par Mitroglou dans le jeu aérien (81e).

- Hernandez (6) : pas toujours impérial dans les airs, il avait fort à faire face à l’activité de Bouna Sarr. Un début de match assez moyen pour le Français qui se montrait davantage solide par la suite. Il muselait complètement Florian Thauvin dans ce match. Il était averti suite à un accrochage avec Clinton N’Jie (78e). Assez tranquille en seconde période, il était peu inquiété par les attaques de l’OM. 

- Gabi (8,5) : appliqué dans l’entrejeu, il se distinguait par son abattage. Suite à un mauvais contrôle de Zambo Anguissa, il se saisissait du ballon et le transmettait à Antoine Griezmann qui marquait (1-0, 21e). Important en phase de transition, il se mettait au diapason pour fournir de bons ballons aux attaquants madrilènes. En toute fin de rencontre, il était récompensé pour son grand match par un but. Servi par Koke, il fusillait Steve Mandanda (3-0, 89e)

- Saul Niguez (6) : moins en vue que ses compères du milieu, il avait du mal à trouver sa place. Loin d’être suffisamment percutant, il livrait une première période anecdotique. Mieux par la suite, il trouvait son rôle en seconde période. Servi par Griezmann, il était important dans la construction du deuxième but des Colchoneros (2-0, 49e). Sur un coup franc bien tiré par Griezmann, il plaçait une tête qui ne trouvait pas le but adverse (70e). Victime de crampes en fin de match.

- Koke (7,5) : à la réception d’un dégagement de la tête d’Adil Rami, le milieu de terrain madrilène tentait une reprise, mais cette dernière passait à côté (15e). Placé côté gauche, il n’hésitait pas à venir prêter main-forte à son milieu de terrain tandis que Diego Costa prenait sa place sur l’aile. En début de seconde période, il lançait Antoine Griezmann qui doublait la mise (2-0, 49e). Suite à un corner, il tentait une frappe de loin qui était boxée par Steve Mandanda (71e). Il déviait magnifiquement le ballon pour Gabi qui anéantissait l’Olympique de Marseille (3-0, 89e).

- Correa (6,5) : s’il a beaucoup couru dans le vide en début de match, l’Argentin se montrait de plus en plus présent au fil des minutes. Suite à un coup franc, il reprenait le ballon et obligeait Mandanda à faire une parade avant d’être signalé hors-jeu (26e). Au retour des vestiaires, il mettait le feu dans la défense phocéenne avant d’être stoppé par Bouna Sarr (48e). Percutant, il ne parvenait pas à faire de grandes différences pour autant.

- Griezmann (8,5) : voir ci-dessus

- Diego Costa (7) : appliqué dans son pressing, il faisait très mal à la défense de Marseille qui n’était pas toujours sereine dans ses relances. Régulièrement il décrochait pour occuper le côté gauche quand Koke s’absentait. Peu en réussite offensivement, il a parfois tenté sa chance sans succès. Néanmoins, il a libéré de nombreux espaces et a pesé de tout son poids dans la défense olympienne. À l’origine du troisième but de sa formation (3-0, 89e).