Sofiane Hanni est en plein rêve. À tout juste 25 ans, le milieu de terrain vient de vivre une saison tout simplement exceptionnelle sous le maillot de Malines. La nouvelle star de Jupiler League a dominé le championnat de la tête et des épaules mais aussi de sa fabuleuse patte droite. Du talent, le jeune homme originaire d’Ivry-sur-Seine en a revendre. Pourtant celui qui a brillé cette saison chez nos voisins belges a aussi connu quelques désillusions en France. « J’ai été au centre de formation de Nantes. J’y ai passé six années et j’ai signé mon premier contrat pro, nous confie Hanni. Mais Nantes ne m’a pas conservé. J’étais en fin de contrat (en 2011) et le club m’a annoncé sa décision. J’étais un peu déçu bien entendu parce que je suis quelqu’un d’ambitieux. J’avais été formé là-bas et j’avais à cœur d’y réussir. Quand j’étais au centre de formation, on allait voir tous les matches des pros à La Beaujoire avec mes amis. Ça me donnait envie. Je souhaitais réussir là-bas. Mais ça s’est passé autrement. Je me suis tout de suite dit que ce n’était pas grave, que j’avais les qualités pour réussir et qu’il n’y avait pas qu’un club dans la vie. J’ai continué ma route ». Une route qui l’a mené en Turquie. « J’ai été en deuxième division turque où j’ai passé trois ans (Kayseri Erciyesspor 2 ans et Ankaraspor 1 an). Je n’en garde que de bons souvenirs. J’ai été très bien accueilli. C’est un pays chaleureux. Ça m’a apporté beaucoup d’expérience, ce que j’étais venu chercher . En trois ans, j’ai fait une centaine de matches. Ça a été une très bonne expérience ».

Une saison en or

Le footballeur né en 1990 s’est enrichi tant humainement que sportivement. Fort de tout cela, il a souhaité donné une nouvelle orientation à sa carrière : « Je voulais revenir en Europe et Malines est venu me chercher. J’avais eu les conseils d’un ami qui m’avait dit que c’était un très bon club et un bon tremplin. Il avait raison. C’était le bon choix. Malines, ce ne sont que de bons souvenirs avec les supporters. J’ai passé deux belles années ». Après une première saison à 10 buts en 43 matches toutes compétitions confondues, l’Algérien a explosé cette saison. En 38 matches, Hanni c’est 17 buts (tous marqués en championnats, 35 matches) mais aussi 8 passes décisives. De belles statistiques, mais il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin lui qui a raflé plusieurs trophées individuels cette saison dont celui de meilleur "Footballeur Pro" de l’année en Belgique le 23 mai. « J’ai été élu Soulier d’or par les autres joueurs. C’était une grande fierté. J’ai été aussi élu meilleur joueur africain (Soulier d’Ebène) et meilleur joueur arabe de la Ligue (Lion Belge). Ça a été une très bonne saison. La meilleure en tant que professionnel. J’ai terminé 3e meilleur buteur. Ça laisse de la marge pour les années suivantes. Tout ça m’encourage et me donne de la confiance pour la suite, pour essayer de réaliser des saisons comme celle-ci voire de meilleures ». Il aura l’occasion de le faire désormais sous le maillot d’Anderlecht.

Un choix évident pour Sofiane Hanni : « En venant en Belgique, je m’étais fixé un plan de carrière. C’était d’abord de réussir avec Malines pour ensuite viser un top club belge puis ensuite aller à l’étranger pourquoi pas. J’ai fait deux ans à Malines et les tops clubs belges se sont manifestés. J’ai choisi Anderlecht parce que toutes les personnes autour de moi m’ont conseillées d’aller là-bas. C’est aussi le club qui s’est présenté en premier et j’ai senti un bon feeling. Ils avaient envie de me faire signer ». L’envie était commune. Pourtant d’après nos informations, La Gantoise et le Standard de Liège étaient sur le coup de même que le Werder de Brême et Toulouse. Des sollicitations que le principal intéressé a accueillies sereinement : « C’est flatteur. Je m’étais préparé à ça. En janvier, des clubs s’étaient montrés intéressés par ma saison. Je savais que ça allait venir. J’ai essayé de rester concentré sur le terrain quoi qu’il arrive et de faire le meilleur choix pour ma carrière et moi. Il y avait une chose qui était claire, c’est que j’avais envie de faire un choix où je pourrais m’épanouir sportivement. Je pense que c’est ce que j’ai fait en choisissant Anderlecht ». Les Mauves ont flairé le bon coup. Ce que n’ont pas su faire les clubs tricolores. D’après nos informations, hormis le TFC, aucune des écuries de Ligue 1 auxquelles il a été proposé (tous les clubs sauf Paris, Lyon et Monaco) n’ont donné suite. Elles peuvent avoir des regrets.

Un joueur ambitieux

Des regrets, l’Algérien lui n’en a pas : « Aujourd’hui, je n’ai pas de regrets par rapport à la France et au fait d’avoir quitté le FC Nantes, de ne pas avoir réussi en France. Dès que j’ai mis les pieds à l’étranger j’ai vu qu’il n’y avait pas que la France dans la vie et qu’il y a de bons championnats ailleurs où on peut s’épanouir et réussir. Ce n’était pas du tout ma priorité de revenir en France ». Car Sofiane Hanni a déjà une préférence : « Le plus important pour moi est de réussir au plus niveau en Belgique. Je veux essayer de jouer la coupe d’Europe. Mais il y a trois championnats qui m’intéressent vraiment. Ce sont les championnats allemand, anglais et espagnol. L’Espagne est mon championnat favori par rapport à mon jeu ». Son jeu justement aurait de quoi séduire en Liga mais aussi ailleurs : « Je suis un joueur créateur. Je joue en tant que numéro 10, je dois participer voire créer le jeu de mon équipe. Je dois aussi bien faire jouer mon équipe. J’ai comme qualités d’être décisif chaque saison. J’essaye de marquer des buts, de donner des assists. Mais je pense que je peux progresser dans le jeu aérien, dans le repli défensif ».

Des points sur lesquels il compte bien travailler lui qui est ambitieux en club mais aussi en sélection algérienne. Une sélection qu’il a rejoint cette saison : « C’est une grande fierté. J’attendais ça depuis longtemps. Je les ai toujours suivis à la télé et je me disais que j’aimerais faire partie de cette sélection. C’était aussi une des raisons qui m’a motivée à revenir en Europe. Ce n’était pas facile de se faire remarquer en 2e division turque. À force de travail, j’ai enfin réussi à intégrer la sélection. Maintenant, c’était une étape. Il y en a d’autres. La prochaine sera de jouer mes premières minutes avec eux. Ensuite, d’enchaîner et d’être constant et être toujours appelé en équipe nationale. Je me sens bien dans cette équipe. Il y a un très bon groupe. Joueurs comme staff, tout le monde s’entend bien. C’est une équipe assez jeune. Ils m’ont bien accueilli ». Tout va donc pour le mieux pour Hanni qui sera forcément plus attendu à l’avenir. Un avenir qui s’annonce doré vu le talent du jeune homme : « On peut me souhaiter que ça continue comme ça. Surtout, d’être en bonne santé, de ne pas se blesser et d’être performant sur le terrain ». C’est tout le mal qu’on lui souhaite....