Tout va très vite. Depuis fin septembre, Arnaud Kalimuendo (17 ans) franchit les étapes vitesse grand V. À Lyon (0-1, 6e journée de Ligue 1) puis contre le Stade de Reims (0-2, 7e journée de L1), l’attaquant, arrivé chez les Rouge-et-Bleu à l’âge de 10 ans, figurait dans le groupe professionnel du Paris SG sous les ordres de Thomas Tuchel. Une grande fierté pour son père Arthur Kalimuendo, invité de Foot Mercato pendant plus d’une heure. « J’étais très content de le voir dans le groupe, ça va vite, c’était une joie immense de le voir à Lyon et contre Reims. J’étais dans les tribunes contre Reims, je le sentais prêt mentalement, mais les circonstances ont fait qu’il n’a pas pu entrer en jeu. En rentrant à la maison, je lui ai dit : "ça va venir". Ce n’était pas son jour. Mais c’était une vraie joie. On essaie de relativiser. J’espère que la prochaine fois, ce sera son jour », nous a-t-il confié.

Quelques semaines plus tard, le talent francilien s’envolait avec l’équipe de France des moins de 17 ans pour disputer le Mondial de la catégorie au Brésil. Avec 5 réalisations en 7 apparitions, dont un triplé retentissant lors de la petite finale remportée face aux Pays-Bas, le jeune homme s’est imposé comme un des meilleurs joueurs de la compétition. « C’était une bonne expérience pour Arnaud. C’était un rêve pour lui de participer à la Coupe du Monde. J’étais content de le voir participer, de faire sa Coupe du Monde, même s’il n’était pas à 100%, il avait été touché à Galatasaray en Youth League. Mais le sélectionneur le voulait absolument. Je suis vraiment content du résultat, de ses prestations. J’étais fier », nous a expliqué le paternel, frustré par le résultat final des petits Bleus qu’il voyait bien soulever le trophée. Toujours est-il qu’il a vibré devant les exploits de son fils, repéré par le PSG à Saint-Cloud (92) grâce à l’œil de Michel Masson, même si c’était parfois compliqué.

L’importance de Thiago Motta

« On était tous devant la télé. Moi, j’ai parfois du mal à regarder ses matches à la TV. Je dormais, son frère me réveillait. Je préfère être en tribunes pour vivre vraiment le match. Je ne lui transmets pas cette énergie, si je ne suis pas là. La TV est comme une barrière entre nous. Moi, je vis le match. Ça me fait du bien de le voir faire la différence, c’est mon rêve, c’est ma fierté. C’est ce qu’on a travaillé depuis longtemps. C’est la concrétisation, ça me fait plaisir », nous a-t-il raconté, quelques jours après un nouveau fait d’armes de son fils, un triplé remarqué, en Youth League, à Valdebebas, sur la pelouse du Real Madrid (6-3, 5e journée). Le patriarche nous a ensuite détaillé comment il gérait cette exposition nouvelle et ces étapes dans la carrière de son bambin, professionnel depuis l’été 2019. « J’essaie de prendre des choses sur moi pour le libérer lui sur le terrain », nous a-t-il indiqué avant de poursuivre.

« Moi, je suis vraiment croyant. Si ça ne va pas, j’essaie de fléchir mes genoux, je demande de la force pour avoir les bons mots pour dire les bonnes choses à mon fils, pour le foot ou autre, pour mes autres enfants aussi. On essaie de voir le côté positif des choses, même dans le négatif ». Voir la vie du bon côté. La carrière d’Arnaud, qui connaît une progression fulgurante depuis que Thiago Motta l’a « mis en confiance et dans les meilleures conditions la saison passée », aussi. « Je sais qu’il va réussir dans le football, je suis focus là-dedans. Je suis quelqu’un qui croit. Je me mets en tête qu’il va réussir. Je concentre toute mon énergie à faire en sorte qu’il réussisse. Le football, c’est sa vie », nous a-t-il lâché, intimement persuadé du potentiel d’Arnaud depuis son plus jeune âge.

Ambition et maturité

Souhaitant que son fils, « mature et toujours en avance sur son âge », ramène aussi le baccalauréat, « un cadeau merveilleux », à la maison, il croit dur comme fer en ses chances de faire son trou au PSG, malgré la très forte concurrence. « Je lui ai toujours dit : "si tu as le talent, un jour, tu côtoieras les grands. Alors, tu dois être concentré. Tu ne peux pas être spectateur, sinon tu vas te bloquer, tu ne montreras pas ce dont tu es vraiment capable de faire". Je lui ai appris à rester concentré. Ces stars-là ont été à sa place un jour, on commence tous quelque part. Arnaud essaie de faire son nom. Au contact de ces grands joueurs, il apprend, mais il garde sa ligne à lui, sa façon de jouer. Arnaud devra faire son chemin, en gardant sa ligne de conduite. Aujourd’hui, je pars dans cette idée. J’aimerais que Neymar, Mbappé, Icardi et tous les grands restent au PSG et qu’on donne sa chance à Arnaud. Que le petit Arnaud vienne et qu’on voit s’il peut faire sa place », nous a-t-il glissé, plein d’ambitions.

« Il n’est pas insensible à ce qui se passe autour de lui, mais j’essaie, avec lui, de faire la part des choses. "Tout ce qui t’arrive aujourd’hui, c’est bien, mais tu n’as rien fait encore". C’est ce que je lui dis. Ça lui permet d’être fort dans la tête. Il sait qu’il a fait une bonne Coupe du Monde. Là, il a mis son triplé contre le Real Madrid. Il sait que ce n’est que le début. Mais ce n’est qu’un brouillon. Je sais qu’à l’avenir, il connaîtra encore ce genre de choses. Et il faudra qu’il arrive à être serein. Mais c’est un enfant qui est calme. Il sait où il va. Il a des objectifs. Il sait où il veut aller. Le plus important reste à venir. Il sait que c’est une marche parmi tant d’autres », nous a-t-il martelé, soulignant l’importance d’être bien entouré pour gérer au mieux le début de carrière de son aîné, auteur de 26 buts en 33 matches toutes compétitions confondues la saison dernière !

« Bientôt, vous verrez son vrai potentiel »

« Aujourd’hui, je suis fier d’avoir les bonnes personnes pour accompagner le projet d’Arnaud avec nous. Je sais que, sur le plan sportif, pour son projet, sa progression, le football, je peux parler avec lui, je sais comment lui parler. Pour d’autres choses en revanche, sur le côté contractuel, administratif, pour les contacts avec les clubs, je ne suis pas spécialement compétent. Je garde ma place, mais d’autres gens compétents doivent aussi accompagner Arnaud. Dès que j’ai eu à parler avec eux, dans ma tête, j’avais déjà choisi », nous a-t-il expliqué, comparant cette quête de l’agent idoine à « un casting ». Une autre étape fondamentale pour que son fils, qu’il souhaite voir devenir « un homme bien », « respectueux » et « un exemple à suivre pour ses petits frères », puisse continuer à franchir les paliers.

« Je sais qu’on va faire des choix importants pour l’avenir d’Arnaud. Je suis pour son évolution, je veux qu’il monte chaque année. Il est dans l’âge où il doit évoluer. Il a certaines lacunes encore, mais les gens n’ont même pas encore vu le vrai Arnaud. Il n’a pas encore mis tous les ingrédients. Il est déjà prêt à jouer avec les grands, pas forcément titulaire, car il est encore dans l’apprentissage. Il a encore des choses qu’il va améliorer dans son football. Mais bientôt, vous verrez son vrai potentiel. Il est capable de percuter, de faire la différence en un contre un, de marquer. Il faut juste qu’il soit un peu libéré, et bientôt, on en parlera encore et encore », nous a-t-il promis, convaincu et convaincant, avant de conclure. « On n’est pas pressé, mais on est prêt ». Le rendez-vous est pris.