Depuis ce matin, les hommages se multiplient. Il y a un an, Emiliano Sala et le pilote de l’avion qui le ramenait au Pays de Galles David Ibbotson périssaient en mer suite au crash du Piper PA-46-310P Malibu. Un événement tragique qui a marqué à vie tous ceux ayant côtoyé de près ou de loin l’attaquant argentin. Mais pas seulement puisque la planète entière football s’était fortement mobilisée, notamment pour relancer les recherches en mer ayant permis de retrouver le corps du joueur (contrairement à celui du pilote). Un drame que personne n’oubliera. D’ailleurs, la rencontre opposant Nantes à Bordeaux dimanche prochain à 17h sera marquée par une série d’hommages à Sala. Un maillot spécial sera également porté par les Canaris ce jour-là.

Et si le temps des hommages est important, il ne faut malheureusement pas oublier que cette triste histoire engendre toujours des remous en coulisses. Premièrement, l’enquête sur l’accident n’a toujours pas rendu son verdict. Une attente très difficile à vivre sur laquelle sont revenus la mère et le frère d’Emiliano Sala dans les colonnes de L’Equipe. « Nous ne pouvons pas parler du tout de l’enquête. (…) ils nous donnent certaines informations. Pas tout. Tant que ce n’est pas rendu public, ils ne nous donnent pas toute l’information. On en sait un peu, mais pas beaucoup. Si ça ne tenait qu’à nous, on aimerait que tout se sache le plus rapidement possible. » Justement, l’AAIB (organisme britannique chargé des enquêtes sur les accidents aériens) a communiqué sur l’affaire ce matin sur son site officiel

Le rapport final sur l’accident rendu en mars

« Aujourd’hui marque l’anniversaire de l’accident impliquant le Piper PA-46-310P Malibu, N264DB, près de Guernesey, et nos pensées vont aux familles et aux amis de M. Ibbotson et M. Sala. La Direction des enquêtes sur les accidents aériens (AAIB) a mené une enquête approfondie sur un certain nombre d’éléments, notamment les facteurs opérationnels, techniques, organisationnels et humains qui peuvent avoir causé ou contribué à cet accident. (...) L’AAIB a publié deux bulletins spéciaux sur l’accident, l’un qui contenait des informations factuelles préliminaires, et le second qui contenait des informations médicales pour la communauté de l’aviation générale sur les dangers de l’exposition au monoxyde de carbone. Notre enquête est maintenant à un stade avancé et nous avons l’intention de publier notre rapport final d’ici la fin de mars 2020 », a déclaré Crispin Orr, l’inspecteur en chef des accidents aériens de l’AAIB.

De son côté, Cardiff s’est concentré sur l’une des polémiques liées à cet accident : le transport des joueurs en avion, dans des vols jugés non commerciaux. Le président de Cardiff, Mehmet Dalman, s’est plaint face à l’inaction du gouvernement, des autorités de l’aviation et des acteurs du monde du football. En clair, Mehmet Dalman regrette que personne n’ait agi pour contrôler et sanctionner ce type de vol non commercial fatal à Sala. « Le problème a été mis sous le tapis. Ce qui est arrivé à ce pauvre garçon pourrait se reproduire », a-t-il indiqué dans des propos relayés par le Telegraph. Une amertume liée en partie à la découverte faite par le média anglais, à savoir que les formations de Premier League (Cardiff y évoluait la saison dernière avant d’être relégué) ont rejeté les appels de Cardiff en avril dernier pour qu’elles acceptent de nouvelles réglementations interdisant les vols transportant des joueurs sur des avions non commerciaux. Et ce n’est pas tout. Le gouvernement et les autorités compétentes ont également fait la sourde oreille face aux demandes du club pour des sanctions plus sévères (pouvant aller jusqu’à des peines de prison) à imposer à ceux qui effectuent des vols illégaux.

Le conflit Nantes-Cardiff toujours ouvert

Si l’enquête sur l’accident prendra donc fin au mois de mars, le deuxième volet de l’affaire prendra, quant à lui, bien plus de temps avant d’être réglé. En effet, en plus des réponses qu’attend la famille du joueur concernant les circonstances du crash, Cardiff et le FC Nantes s’écharpent de leur côté sur le transfert d’Emiliano Sala. Un conflit qui dure et dont ne veut pas se mêler la famille Sala. « Nous essayons de ne pas nous immiscer dans les affaires entre les clubs. Car il y a pas mal de tensions entre eux. Du coup, on n’a presque pas échangé avec eux », a déclaré le frère du buteur, Dario, à L’Equipe. Une volonté qui peut se comprendre puisque même la FIFA n’a pas encore réussi à régler la chose. Pour rappel, les dirigeants gallois contestent toujours la validité du transfert de 17 M€ négocié à l’époque avec les Canaris.

En septembre 2019, la FIFA avait toutefois ordonné aux Bluebirds de payer 6 M€ aux Nantais. Un ordre auquel n’a pas répondu favorablement le club de Championship. Depuis, malgré le risque d’interdiction de recrutement formulé par la FIFA en guise de nouvelle sanction (en plus des intérêts de 5%), Cardiff a étudié la possibilité de déposer une plainte pénale en France (contre Willie McKay et le pilote ayant cédé sa place à Ibbotson), avant de saisir le tribunal arbitral du sport (TAS) afin de contester cette décision. « Une procédure d’arbitrage d’appel a été ouverte. Les conseils de Cardiff City FC et du FC Nantes se sont entendus pour déterminer un calendrier de procédure ad hoc. Une audience sera vraisemblablement fixée au printemps 2020. Il est peu probable qu’une sentence finale ne soit rendue avant juin 2020 ». Une procédure partie pour durer, d’autant que L’Equipe nous précise que le deuxième versement de 6 M€ prévu il y a trois semaines n’a également pas été payé (un troisième et dernier versement de 5 M€ est prévu en janvier 2021).