Foot Mercato : Nous sommes à Clairefontaine aujourd’hui (lundi). J’imagine que c’est toujours un plaisir pour vous de venir ici.

Maxime Lopez : Oui, c’est vrai que ça fait du bien de revenir ici. C’est un endroit que j’apprécie énormément. Ça fait aussi du bien de rejoindre l’équipe de France Espoirs. À Marseille, la pression est importante au quotidien. Il y a de la pression que ce soit à l’entraînement ou dans la vie de tous les jours. Donc venir ici, ça permet de couper, d’être tranquille.

FM : Etre ici, c’est aussi une bonne nouvelle puisque les Bleuets joueront cet été l’Euro. Quels sont vos objectifs ?

M.L  : Vous l’avez dit, c’est l’Euro. Depuis le début je ne m’en suis jamais caché. Mon objectif est de jouer l’Euro. J’ai fait toute la qualification, à part à la fin où j’ai raté un ou deux matches. C’est un objectif que j’ai en tête depuis le début de la saison. Je suis revenu en sélection. Maintenant, je vais essayer de ne plus en sortir.

FM : L’équipe de France A est aussi présente actuellement à Clairefontaine. Avez-vous déjà songé aux Bleus ?

M.L  : On y pense tous. Mais la route est très longue pour y arriver. Il y a énormément de joueurs au milieu de terrain, une très grosse concurrence. Il ne faut pas aller trop vite non plus. Il y a beaucoup de joueurs qui sont devant moi. Le jour où je mériterais d’y aller, j’irais. Pour l’instant, ce n’est pas d’actualité.

FM : En conférence de presse, Sylvain Ripoll, le sélectionneur des Espoirs, a déclaré à votre sujet : « Maxime Lopez a pris ses responsabilités quand l’OM allait moins bien ». Comment jugez-vous votre saison dans l’ensemble ?

M.L : Je suis satisfait de ma saison. Il reste encore huit matches. Je vais tout faire pour bien les finir. J’espère aussi finir en beauté en jouant l’Euro avec les Espoirs. Je suis content de ma saison globalement. En terme de statistiques, ce n’est pas exceptionnel. Mais j’ai quand même fait des passes décisives, j’ai marqué un but. Il reste encore huit matches pour améliorer tout ça.

Maxime Lopez n’a jamais lâché le morceau

FM : Votre saison s’est déroulée en deux temps. Durant le premier, vous avez été remplaçant. Comment avez-vous vécu cette période ?

M.L  : C’était compliqué. Ce n’est pas évident quand on est sur le banc. Parfois, ça dure un match, deux matches, trois matches...Ce n’est pas facile. Comme j’ai déjà pu le dire lors d’autres interviews, le truc qui m’a toujours fait tenir et rester concentré, c’est qu’à chaque fois que j’ai eu ma chance j’ai répondu présent. Depuis le début de saison, j’ai fait de bonnes choses tous les matches où j’ai pu jouer. Contre Guingamp (victoire 4-0), je rentre à la mi-temps et ça se passe bien. Il y a plusieurs matches où j’ai fait de bonnes choses. Je suis toujours resté positif. Après la défaite face à Montpellier, j’ai eu ma chance face à la Lazio Rome. J’ai pu jouer et ça s’est bien passé pour moi. Le coach m’a fait enchaîner le week-end suivant. Au fur et à mesure, tout s’est bien passé. En janvier, la situation était très compliquée pour le club. Mais paradoxalement, sur le plan individuel, je me suis relancé à ce moment-là. J’ai fait un bon match contre Monaco, où j’ai pu marquer (1-1). Je pense que ce but a été très important pour moi. Il m’a donné encore plus confiance en moi. Durant le mois de janvier, on était dans une situation très difficile. Il faut vivre ce qu’on a vécu à Marseille. Les gens ne se rendent pas compte, mais c’est compliqué au quotidien. J’en ai fait une force de cette période et tout s’est bien passé.

FM : Depuis, vous êtes un titulaire en puissance. On vous sent quasiment indispensable...

M.L : Ça, c’est plus au coach de la dire (sourire).

FM : Quelle est justement votre relation avec Rudi Garcia ?

M.L  : Elle est très bonne. Au début, on a dit qu’on avait un peu une relation père-fils. J’étais l’un des plus jeunes du groupe avec Bouba (Kamara). Il a toujours été honnête avec moi. Quand j’avais eu un petit coup de moins bien la saison dernière, il m’avait dit que j’allais être un peu sur le banc mais que je serai toujours concerné par les matches. C’est ce qui s’est passé. Il m’avait dit qu’il me redonnerait les clés du jeu quand ça irait mieux et c’est ce qu’il a fait. Il a toujours été honnête avec moi. On a une très bonne relation. On parle souvent, de foot mais aussi de la vie de tous les jours.

FM : En quoi avez-vous progressé sous ses ordres ?

M.L : J’ai beaucoup appris sur le plan tactique. En entraînant en Italie (à l’AS Roma, ndlr), le coach a beaucoup progressé là-bas. Tactiquement, c’est vraiment pas mal ce que l’on fait. Les préparations de match sont bien. Les causeries sont bien. Il m’a fait jouer et j’ai progressé en jouant.

Un minot qui représente beaucoup pour l’OM

Foot Mercato : Depuis votre première apparition chez les pros, le 21 août 2016, vous avez énormément évolué. Mesurez-vous le chemin parcouru ?

Maxime Lopez  : Le temps passe vite. Récemment, j’ai fait mon centième match à l’Olympique de Marseille. C’est passé trop vite. J’ai l’impression que ce match était il y a dix ans. Ce match à Guingamp est l’un de mes meilleurs souvenirs. C’est tellement loin... Il y a eu beaucoup de chemin parcouru. J’ai progressé énormément, j’ai connu de grands joueurs et je joue encore aujourd’hui avec de grands joueurs. Beaucoup de choses se sont passées pour moi en trois ans.

FM : Quel joueur vous a le plus impressionné depuis vos débuts en France ?

M.L : Bernardo Silva. C’était lors de l’année où Monaco a été champion. C’était ma première année en pros. On joue contre Monaco trois fois, on prend 4-0, 4-1 et 4-3. Il m’avait impressionné. Il était incroyable cette saison-là. C’était juste avant qu’il signe à Manchester City. C’est l’un de ceux qui m’a le plus impressionné.

FM : Vous êtes un des minots de l’OM. Avez-vous conscience de ce que vous représentez aujourd’hui pour ce club ?

M.L  : Je me rends compte de l’image que je peux véhiculer à Marseille. J’ai mon père qui est éducateur dans un club de quartier, le Burel FC. C’est là où j’ai commencé. Il me raconte que les petits me prennent comme référence. Quand ils parlent de l’OM, ils disent : "Moi, je joue au Burel. Maxime Lopez est passé par là". J’ai conscience que je suis un exemple pour ces petits. Je suis passé par là où ils sont. Peut-être que c’est moi qui leur ai donné la force aujourd’hui pour continuer à faire des choses et se donner à fond.

FM : Avec Boubacar Kamara, vous êtes des minots bien intégrés dans l’effectif professionnel. Est-ce que vous aimeriez qu’à l’OM, il y ait plus de joueurs formés au club, un peu comme à l’OL ?

M.L  : Bien sûr. C’est un peu ce qu’il a manqué sur les quinze dernières années à Marseille. Il y a trop peu de joueurs qui sont sortis du centre de formation. Ce serait un rêve de jouer un jour avec plusieurs joueurs issus de la formation. Le fait déjà de jouer avec Bouba (Kamara), je suis plus heureux. Je me rappelle quand on jouait ensemble en U19, en CFA. Jouer ensemble chez les pros à présent, c’est magnifique. Donc j’aimerais qu’il y ait bien plus de jeunes qui viennent avec nous.

La première partie de cet entretien est à retrouver ici