3 août 2016, l’AS Monaco joue sa survie en Ligue des Champions face au Fenerbahçe. Après avoir perdu 2-1 au match aller en Turquie, les Monégasques renversent la vapeur à Louis II en l’emportant 3 buts à 1. Après cette rencontre, Tiémoué Bakayoko (22 ans) ne sera plus le même joueur qu’avant. « Il y a eu un déclic. J’ai vraiment senti que j’avais franchi un cap sur ce match. J’ai fait une prestation aboutie et c’est là que je me suis dit que j’étais vraiment bien cette saison et que je pouvais faire de belles choses », nous confie le milieu de terrain franco-ivoirien. Acheté 8 millions d’euros par l’AS Monaco au Stade Rennais lors de l’été 2014, Tiémoué Bakayoko revient de loin. « J’ai senti des sensations différentes par rapport à avant, que ce soit dans les duels ou dans la vitesse de transmission. Dans beaucoup de domaines où j’ai pu être moyen l’année dernière », poursuit le Parisien de naissance.

Devenu désormais indispensable dans son rôle de sentinelle à l’ASM, les deux premières années sous les couleurs Rouges et Blanches ont été compliquées pour lui. « J’avais besoin d’adaptation. Au vu de ce que je montre maintenant je suis très content parce que ça n’a pas toujours été facile. J’ai eu des moments très très difficiles ici. Il faut profiter de ces moments-là et il faut oublier ce qu’il s’est passé deux ans en arrière », raconte Tiémoué Bakayoko. Ce qu’il s’est passé, justement, c’est une mise au placard par son entraîneur Leonardo Jardim. La raison ? « On a eu une période où on s’est un peu frité. On ne s’entendait - plus ou moins - pas. C’est une période que je regrette. Je pense que ça m’a servi et qu’aujourd’hui je suis plus armé pour combattre ces situations », avoue l’international espoir qui compte une bonne vingtaine de sélections chez les équipes jeunes tricolores (de U16 à U21).

Leonardo Jardim ne l’a jamais lâché

Cependant, Leonardo Jardim a également « joué un rôle » dans sa métamorphose. Le technicien portugais ne l’a jamais lâché. « Il (Jardim) a toujours essayé de positiver, de me dire que ce n’était pas facile pour un jeune de jouer dans cet effectif, parce qu’il y avait Jérémy Toulalan et qu’il fallait que je sois patient, explique-t-il. Il a essayé d’être avec moi, de m’écouter... Aujourd’hui tout va bien, on s’est compris, on est sur la même longueur d’onde ». La troisième année à l’AS Monaco sera finalement la bonne. Du haut de ses 1,84 m, Bakayoko impressionne depuis le début de saison. Il a montré qu’il pouvait prendre ses responsabilités, et s’impose même en patron du milieu de terrain de l’ASM à seulement 22 ans.

De quoi rêver d’encore plus grand ? « Mon objectif, à terme, c’est de jouer dans l’un des cinq plus grands clubs au monde ». L’été dernier, la Juventus et Manchester United se sont penchés sur son cas. S’il continue ainsi, on imagine fort aisément que les courtisans vont s’additionner et venir bientôt frapper à sa porte. « Aujourd’hui, Monaco est un club qui me convient, je viens à peine de m’y imposer et je suis très heureux ici », conclut Tiémoué Bakayoko, fier de lui.