Au chômage pendant plusieurs mois après son éviction de Manchester United, José Mourinho avait été aperçu à plusieurs reprises au stade Pierre-Mauroy. Le coach portugais ne supervisait pas des joueurs ou une place sur le banc des Dogues mais plutôt les adjoints de Christophe Galtier. Nommé sur le banc de Tottenham en remplacement de Mauricio Pochettino, le nouvel entraîneur des Spurs n’a pas hésité à piocher, en milieu de saison, dans le staff de son homologue français. Ainsi, mercredi le LOSC annonçait les départs de João Sacramento, adjoint de Galtier, et de l’entraîneur des gardiens, Nuno Santos. Une décision précipitée que n’a pas vraiment appréciée le technicien nordiste.

Présent en conférence de presse, Christophe Galtier a répondu calmement et posément aux questions des journalistes sur ces départs. Si l’on sentait l’ancien coach des Verts bouillir au fond de lui, il est resté très mesuré. « Quand on est au cœur d’une aventure humaine... C’est difficile de vous dire que je leur en veux ? Non. J’ai aussi été dans un rôle d’adjoint, ils ont été sollicités, ils croient en ce projet-là, ils veulent y aller. C’est le football aujourd’hui. Mon président et Luis Campos ne pouvaient pas faire autrement que de ne pas conserver deux personnes qui ne pouvaient pas rester dans ce projet là, on n’est pas dans le monde des bisounours, a expliqué Galtier dans une colère froide. Est-ce que la personne qui les a pris pouvait attendre le match du PSG ? Dans les 10 secondes qui ont suivi, on a pris la décision de faire monter une solution en interne. C’est un problème de timing, j’ai besoin d’une personne supplémentaire pour m’accompagner désormais. (...) Ça va déséquilibrer l’équipe réserve mais la priorité est l’équipe première. »

Galtier était d’accord avec Gérard Lopez et croit en la loyauté de Campos

Avec ces départs imprévus, c’est le nom de Luis Campos, conseiller sportif du président Lopez, qui a aussi été évoqué à Londres pour rejoindre son compatriote et ami José Mourinho. Christophe Galtier a tenu à dissiper tout malentendu entre lui et son dirigeant et assure que Campos est totalement concentré sur le projet lillois : « je n’ai pas de retour, je n’ai pas discuté avec lui. Mais les relations, la situation d’aujourd’hui, en plus ils sont compatriotes, on va être en plein fantasme. Nos joueurs, nos jeunes vont-ils être sollicités par Tottenham ? Ce que je sais, c’est que Luis est à 200 % dans le projet, je ne sens pas chez Luis un millième de déconcentration de sa part, il est totalement investi dans ce projet. »

Enfin, l’entraîneur lillois est revenu sur les circonstances de ces exodes et raconte la façon dont son président lui a appris la nouvelle. S’il comprend l’intérêt d’un grand club de Premier League comme Tottenham, il a du mal à digérer la manière de faire de José Mourinho. « Je l’ai appris par téléphone de la part de mon président mardi soir, il m’a fait part de la situation. Je n’ai rien vu venir, on a travaillé normalement en préparant le match de Paris. Cette décision a été facile à comprendre pour moi. Pourquoi mon président a pris cette décision ? Il m’a expliqué et j’ai compris, j’aurai fait la même chose. Si des collaborateurs veulent aller dans un autre projet, il faut tellement d’investissement que si vous avez 10 % la tête ailleurs, c’était voué à l’échec. J’aurais pris la même décision, je ne suis pas offusqué qu’il l’ai prise, raconte le coach des Dogues. En vouloir à Mourinho ? Chacun à sa manière de faire les choses. Il a appelé Luis, pas moi, je ne sais pas comment interpréter. Une trahison ? C’est très classe en tout cas, a-t-il déclaré ironiquement. J’étais énervé, agacé, le timing n’est pas bon, il y a des manières de faire les choses. Est-ce que c’est bien fait, pas bien fait ? Peu importe, ce qui compte c’est que je suis d’accord avec la décision de mon président et j’insiste là-dessus. » José Mourinho aura sans doute l’occasion de lui répondre lors de la conférence de presse d’avant-match contre West Ham, un peu plus tard ce jeudi.