Bruno Génésio l’a répété en conférence de presse, cet après-midi, dans les coulisses du Groupama Stadium. « C’est une compétition (la Ligue Europa, ndlr) complètement différente, dans laquelle on a vécu de grands moments l’année dernière (éliminé par l’Ajax Amsterdam au stade des demi-finales, ndlr), on sait ce que ça peut nous procurer. On aura fait abstraction, on sait que les joueurs seront préparés, prêts à faire un grand match. » Pas de syndrome Ligue 1, donc. Une compétition dans laquelle l’Olympique Lyonnais reste sur trois revers consécutifs, à Bordeaux (3-1), Monaco (3-2), puis à domicile face au Stade Rennais, dimanche dernier (0-2). À la lutte pour la deuxième place, l’OL est désormais relégué à cinq points de Monaco, second, quatre de Marseille, troisième.

Une série de résultats négatifs qui s’explique, forcément, par une fébrilité défensive. Avec huit buts encaissés lors de leurs trois dernières sorties, les Lyonnais ouvrent la porte à une remise en question de leur quatuor défensif. Pas de réel turn-over du côté de Bruno Génésio. Ferland Mendy, Jérémy Morel et Marcelo ont disputé les trois dernières rencontres, Rafael et Kenny Tete alternant en fonction des blessures. Le coach ne s’est pas voilé la face en conférence de presse, faisant de la rigueur défensive un cheval de bataille pour tenter de sortir ses hommes de l’ornière. « C’est la priorité. On ne peut pas avoir de bonnes performances sans une efficacité et une rigueur défensive de haut niveau. C’est ce que l’on a oublié lors des trois ou quatre derniers matches, » a d’abord souligné le coach rhodanien, avant d’ajouter : « il faut reprendre les bases, c’est comme ça qu’on était sorti de notre première série négative en début de saison. »

« Des joueurs ont besoin d’être rassurés, d’autres d’être bousculés »

Pour Bruno Genesio, tout est lié. Si les efforts défensifs sont faits, alors l’efficacité offensive reviendra d’elle-même. Sur les trois dernières sorties conclues par des défaites, les Olympiens n’ont inscrit que trois buts, ne parvenant pas à faire trembler les filets rennais à domicile, dimanche. « Lorsqu’on défend bien, on attaque bien. Depuis quelques matches on défend beaucoup moins bien et on a moins d’efficacité offensive. On est obligés de faire beaucoup plus de passes pour s’approcher du but adverse. Il faut que l’on s’améliore dès la perte du ballon, sur les transitions défensives et offensives, il faut que l’on retrouve la capacité à faire bloc pour défendre à onze, » a déclaré Genesio. Un coach qui n’épargne personne. Et à l’entendre, la défense n’est pas la seule fautive. « Un seul joueur ne fait pas les efforts et toute l’équipe est en difficulté. Alors quand plusieurs joueurs ne les font pas, on le ressent tout de suite. »

Le coach olympien n’a pas hésité à placer quelques piques à ses joueurs. S’il n’a pas voulu donner de noms, les intéressés devraient se reconnaître. « Des joueurs ont besoin d’être rassurés, d’autres d’être bousculés. Il y a un besoin de remise en question un peu plus important en ce moment, » a ajouté Bruno Genesio, souhaitant réveiller un vestiaire qui a peut-être éprouvé quelques difficultés à redescendre de son nuage après ses succès face à Paris, en championnat, et Monaco, en Coupe de France. Outre la rigueur défensive, le coach a enfin insisté sur le travail de ses joueurs en début de match. « Il est important de changer notre façon de débuter nos matches. Contre Rennes, ce n’était pas la première fois. Si les comportements se reproduisent, ce n’est plus le hasard. Il faut être performant du début à la fin, 95 minutes s’il le faut, dans les phases avec ou sans ballon. » Des pistes évoquées par Bruno Genesio que l’Olympique Lyonnais serait bien inspiré de mettre en pratique dès demain, en Ligue Europa, face à Villarreal.