L’OM pouvait mettre l’OL à six points ce soir en cas de succès. Suite au nul rapporté par les Gones de Lille, les Phocéens avaient là une belle occasion devant les yeux. Fallait-il encore l’emporter face à Bordeaux au Vélodrome pour une affiche historique de Ligue 1. Depuis la prise de fonction de Gustavo Poyet, les Girondins ont enchainé trois victoires consécutives (avec celle d’Eric Bédouet, cela fait même quatre succès de suite, ndlr). Le danger est donc bien présent sur les épaules des Marseillais. Rudi Garcia optait pour du classique avec un 4-2-3-1. Zambo était encore une fois préféré au milieu en compagnie de Luiz Gustavo. Amavi faisait lui son retour en latéral gauche. En face, De Préville faisait son retour au sein du 4-3-3 organisé par l’entraîneur uruguayen.

Le dispositif des Girondins évoluait assez bas et ne cherchait pas à récupérer le ballon. Cela rendait ardue la tâche des Olympiens qui s’offraient jusqu’à 80% de possession de balle durant les 20 premières minutes. Dominé territorialement, Bordeaux quadrillait pourtant bien sa moitié de terrain. L’OM s’en remettait à des tirs de loin et sur coups de pied arrêtés. Amavi mettait Costil à contribution dont le renvoi sur Germain aurait pu coûter cher (8e) quand Luiz Gustavo lui ne cadrait pas son tir d’une trentaine de mètres (27e). En revanche sur corner, De Préville sauvait sur sa ligne une frappe de Germain au second poteau (23e). Sur quelques rares percées dans le camp adverse, Bordeaux avait beaucoup de mal à mettre Pelé en danger, en témoigne la tête complètement hors cadre de Laborde sur corner (30e).

Un but de Thauvin suffit

Marseille se voyait enfin récompensé sur un nouveau corner. Frappé par Payet, le ballon revenait sur la tête de Thauvin, étrangement seul au premier poteau (1-0, 35e). Il marquait là son 15e but de la saison. Avant la pause, le club au scapulaire tentait timidement de réagir, toujours sur coups de pied arrêtés, mais le nouveau coup de casque de Laborde n’inquiétait pas Pelé (42e). Résultat, l’OM menait logiquement à la pause face à un Bordeaux très inoffensif. Ce dernier devait réagir et afficher un peu plus d’ambitions dans le jeu pour ramener quelque chose de la Canebière. Seulement, l’OM voulait lui assurer le coup et tentait de faire la différence dès la reprise. Sanson se faisait surprendre par le centre (46e) puis était trop court sur cette passe en profondeur de Payet (48e). C’est ensuite Pablo qui contrait sa frappe (50e).

Il fallait insister. Sur un nouveau contre mené par Payet, Sanson s’en allait défier Costil mais perdait son duel et c’est Otavio qui empêchait le ballon de rentrer (58e). Ça commençait à faire beaucoup pour les hommes de Garcia qui piétinaient un peu pour conclure. Les Girondins prenaient alors un peu plus confiance et Malcom décidait enfin de se montrer. Il était à l’origine de la plupart des actions de son équipe mais il manquait à chaque fois un petit quelque chose. L’arbitre refusait logiquement un but à Koundé sur coup-franc après une faute de Pablo sur Pelé (62e). Braithwaite lui ne croyait pas à l’offrande délivrée par Kamano (70e). Voyant son équipe légèrement vaciller alors que le score était encore étriqué, le Vélodrome donnait de la voix. L’OM terminait un peu plus fort avec notamment cette dernière frappe énorme de Sanson (90e+3). Dans cette rencontre assez pauvre en spectacle, Marseille assure l’essentiel, revient à un point de Monaco et prend surtout ses distances avec l’OL.

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Le classement de Ligue 1 ici.

L’homme du match : Sanson (7) : placé derrière l’attaquant, il a fait du bien à l’organisation marseillaise par sa présence. Il est parvenu à apporter pas mal de soutien à Germain mais aussi à démarrer de plus loin pour créer le danger dans la surface. Il a tout de même manqué de réalisme face à Costil (46e, 58e) mais son entente avec Payet est à souligner. D’ailleurs, il n’a pas très bien comblé les déplacements de son coéquipier. Une dernière frappe énorme qui aurait méritée meilleur sort (90e+3).

OM :

- Pelé (5,5) : titulaire en l’absence de Mandanda, il a failli connaitre une bévue en début de rencontre lors d’une sortie très lente sur De Préville (3e). Après cela, rien durant une mi-temps. Il faut dire que les Bordelais ne parvenaient que rarement dans la moitié de terrain olympienne. En seconde période, il a connu quelques situations chaudes qu’il a su maitriser sans trop de problèmes.

- Sakaï (6,5) : de retour à droite avec la suspension de Sarr, le Japonais a semblé à l’aise dans son couloir de prédilection. On l’a vu offrir pas mal de solutions. Aligné très haut sur le terrain, il a récupéré un nombre considérable de ballons (23). L’entrée de Kamano l’a mis un peu plus en difficulté mais il a su garder son sérieux. D’ailleurs, il est moins monté en seconde période.

- Rami (6) : étrangement, il aura un peu souffert ce soir. Pourtant l’allant offensif bordelais n’avait pas de quoi faire peur. Les déplacements de Laborde et surtout son jeu de tête l’a enquiquiné sur les phases arrêtées. Mieux en seconde période avec quelques interventions décisives (51e, 58e) et une attaque lancée en contre (58e).

- Rolando (6,5) : on ne l’a pas beaucoup vu en première période et c’est plutôt bon signe. Il est venu couper de rares ballons en direction des attaquants bordelais (17e, 37e). Face au très faible pressing, l’ancien de Porto a assuré dans ses relances. Même en seconde période, il n’a pas eu trop de difficultés malgré la montée en régime de Malcom et de Kamano. Il est bien aidé par un Braithwaite trop timide.

- Amavi (6) : lui qui n’avait plus joué en championnat depuis le 20 décembre a enfin pu se dégourdir les jambes. Le latéral gauche avait un client ce soir en la personne de Malcom mais il a globalement assuré. Une grosse frappe de loin cadrée (8e) quelques difficultés à serrer le Brésilien en seconde période mais un match sérieux avec de bonnes montées (48e) et une qualité technique au rendez-vous (75e).

- Luiz Gustavo (6,5) : il a accéléré le rythme au fur et à mesure de la rencontre. On l’a d’abord vu jouer à un rythme piano mais face au mur dressé par les Girondins, il a pris plus de risques dans ses passes et ça a fonctionné. Il a souvent réussi à casser les lignes (48e). Présent au pressing, il a aussi récupéré pas mal de ballons et a usé de son expérience dans les moments un peu plus chauds en seconde période.

- Zambo (4,5) : il progresse mais il y a toujours du mal à masquer ses défauts. Il a perdu plusieurs ballons après un quart d’heure de jeu et doit encore faire avec les consignes. Face à la faiblesse adverse, il a tout de même tenu son rang avec un pressing intéressant. Le milieu de terrain a aussi tenté de mettre du rythme dans le jeu. Averti pour une faute sur Malcom (59e).

- Thauvin (6,5) : encore et toujours décisif. Malgré un manque physique (il ne s’est pas entrainé vendredi, ndlr), l’ancien Lillois (sic) a encore une fois su déjouer la défense adverse. Le solide bloc bordelais l’a empêché d’accélérer et d’apporter des solutions mais il a trouvé la faille d’une manière inhabituelle, une tête sur corner (35e). Il s’est un peu éteint en seconde période. Remplacé par Lopez (87e).

- Sanson (7) : voir ci-dessus.

- Payet (6,5) : bon match de l’international français. Particulièrement mobile, il a joué entre les lignes ce qui a mis le danger dans les 30 derniers mètres des Girondins. Sa connexion avec Sanson a fait des dégâts avec des balles des buts offertes (46e, 58e) une dernière un peu trop forte (48e). Il est finalement passeur décisif pour Thauvin après avoir frappé le corner (35e). Remplacé par Ocampos (67e) que l’on n’a pas trop vu à part pour prendre son carton (80e).

- Germain (4) : un match assez discret dans son ensemble. Coincé entre Pablo et Koundé, l’ancien Monégasque a eu du mal à exister même s’il n’a jamais rien lâché. Toujours volontaire, il n’a pas eu beaucoup l’opportunité de se montrer. Il aurait tout de même pu marquer sans un sauvetage de De Préville sur sa ligne (23e). Il manque aussi sa reprise sur le ballon repoussé par Costil n’est pas assez appuyée (8e). Remplacé par Njie (75e) qui s’est loupé sur une belle opportunité (79e).

Bordeaux :

-  Costil (6) : le dernier rempart bordelais a répondu présent dans les cages bordelaises. Il est sollicité d’entrée de jeu par Amavi, mais heureusement pour les siens, il se déploie parfaitement (8e). Sur une tête décroisée d’Anguissa, il réalise un arrêt plus spectaculaire qu’efficace et est sauvé par son coéquiper (23e). En deuxième mi-temps, il maintient son équipe dans le match en remportant son duel face à Sanson (58e). Dans le temps additionnel, le portier sort en corner une frappe limpide de Sanson grâce à une main ferme (90+3).

-  Sabaly (5) : moins sollicité que son pendant à gauche compte tenu du fait que le jeu de l’OM penchait plus à droite et que Payet était plus attiré par l’axe que son aile gauche, le défenseur bordelais a toutefois bien rempli son rôle, à savoir contrôler son couloir droit, et les quelques montées d’Amavi.

-  Koundé (4,5) : le jeune espoir du football français au poste de défenseur central s’est contenté du strict minimum. Associé au Brésilien Pablo, le joueur de 19 ans s’est montré relativement discret. On a toutefois pu faire voir à l’oeuvre son sens du placement et sa qualité de relance.

-  Pablo (5,5) : leader d’une défense très compact, le brésilien a rendu la vie dur à Valère Germain. Il a régné en maître dans le domaine aérien, et a réduit les espaces au maximum pour empêcher l’ancien Monégasque de prendre la profondeur. L’entrée en jeu de Njie lui a posé quelques problèmes par sa vitesse, mais rien de bien méchant.

-  Pellenard (4) : en l’absence de Poundjé suspendu, le joueur formé au FCGB avait face à lui un sacré client en la personne de Florian Thauvin. Le jeune de 23 ans a souffert face au meilleur joueur de l’Olympique de Marseille. Constamment sollicité, il n’a toutefois pas flanché face aux dribbles de l’international français. Remplacé par Contento à la 83e.

-  Otavio (5,5) : la sentinelle brésilienne a gratté un nombre très important de ballons dans cette partie. Très précieux dans ce domaine, il a pu se projeter un peu plus vers l’avant lorsque les siens ont commencé à monopoliser le ballon. Il est remplacé par Braithwaite à la 69e. Positionné en soutien de Laborde, il a permis au FCGB d’avoir une autre solution offensive, mais n’a pas eu l’occasion de se distinguer, si ce n’est un carton jaune à la 86e.

-  Meité (4,5) : avec ses coéquipiers du milieu de terrain, il a tenté de réduire au silence Sanson et Payet. Une mission à peu près réussie mais qui a empêché le FCGB de se montrer dangereux sur le plan offensif. Il a été un peu plus en vue en deuxième période à partir du moment où Bordeaux a décidé de jouer au ballon.

-  Lerager (5) : le milieu danois a fait preuve d’une combativité à toute épreuve, accompagné d’un pressing tout terrain. Agressif sur le porteur du ballon - parfois trop comme en témoigne son carton jaune à la 43e -, il a répondu présent dans le duel physique proposé par les joueurs de l’OM. 

-  Malcom (5,5) : l’ailier virevoltant du FCGB a vécu un match frustrant. Le Brésilien n’a jamais été mis dans les meilleures dispositions par ses partenaires pour faire la différence balle au pied. Ce dernier a souvent dû redescendre sur le pré pour toucher le cuir. Au retour des vestiaires, le joueur de 20 ans a pris le jeu bordelais à son compte, mais il n’a pas su se créer de réelles occasions, malgré les nombreux coups de pied arrêtés qu’il a eu à négocier.

-  De Préville (4) : le joueur de 27 évoluait plus dans un rôle de latéral gauche ce soir que d’ailier. Face à un Thauvin aux jambes de feu ce soir, il a dû constamment venir en aide à Pellenard. En première mi-temps, il est l’auteur d’un sauvetage sur sa ligne sur une frappe de Germain (23e). Remplacé par Kamano à la 53ème minute qui a apporté un peu de fraicheur sur le front de l’attaque bordelaise, mais s’est montré trop imprécis dans ses choix.

-  Laborde (4,5) : le numéro 9 du club au scapulaire a dû se sentir un peu seul sur le front de l’attaque bordelaise. S’il a su remplir son rôle de pivot en conservant le ballon dans les phases offensives, ce dernier n’a eu que trop peu d’occasions de se mettre en évidence. Sa supériorité dans le domaine aérien lui a permis d’exister (30e, 41e), mais bien trop insuffisant pour espérer se montrer décisif.