29 septembre 2019. L’OM partage les points à l’Orange Vélodrome face au Stade Rennais (1-1). Une rencontre cauchemardesque pour un certain Jordan Amavi qui livrera une de ses prestations les moins abouties sous le maillot marseillais. Excédés, les supporters phocéens ne pardonnent pas, et sifflent l’intéressé dès qu’il touche le ballon. Quolibets et railleries accompagneront l’ancien Niçois. Le calvaire s’arrêtera à la pause, où son entraîneur André Villas-Boas décidera d’arrêter les frais.

En conférence de presse, le technicien portugais laisse transparaître une certaine frustration après cet épisode rocambolesque. « Je n’ai pas apprécié les sifflets envers Amavi. Je ne comprends pas. Quand tu tues un de tes propres joueurs, tu tues l’équipe. Ensuite, ça va se passer pour un autre joueur, puis un autre ? Pour moi, c’est intolérable, » confiait alors irrité Villas-Boas. Un soutien sans faille à son joueur qui a indirectement propulsé Amavi sur le chemin de la rédemption. A tel point que depuis quelques matchs, le latéral marseillais a retourné l’opinion et le Vélodrome l’acclame désormais sur le moindre de ses beaux gestes.

Jordan Amavi remercie Villas-Boas

L’épisode rennais, le natif de Toulon ne l’a pas occulté. « Contre Rennes, je n’étais pas content de ma prestation, j’ai touché le fond. Le coach m’a dit que je sortais à la mi-temps. On a discuté tranquillement le lendemain, » confie ainsi le principal protagoniste en conférence de presse. Une gifle qui a resserré les liens entre le défenseur phocéen et son entraîneur. « Je remercie le coach, il m’a aidé à retrouver mon niveau. Quand on a un coach qui défend un joueur comme ça, c’est magnifique. » Un vibrant hommage qui matérialise la complicité entre André Villas-Boas et son groupe. Dimitri Payet avait déjà mise celle-ci en exergue récemment. Jordan Amavi corrobore donc la version de son partenaire... Désormais libéré, le latéral gauche olympien enchaîne les prestations convaincantes. Pour le plus grand bonheur des supporters marseillais.

« Le public me pousse, ça me fait chaud au coeur. Je me suis accroché, je me sens mieux aujourd’hui. J’ai fait des réglages personnels. Ça se ressent sur le terrain. J’ai fait le nécessaire, c’était personnel, en interne, mais maintenant, c’est réglé. Je sais de quoi je suis capable, » révèle ainsi l’ancien Aiglon. Une renaissance saluée comme il se doit par André Villas-Boas, quelques minutes après le passage de son joueur. Si l’entraîneur lusitanien s’en frotte les mains, il refuse d’incarner le renouveau du défenseur. « J’ai seulement utilisé les exemples que j’avais déjà connus à Porto par exemple. La grande réussite est pour le joueur, pas pour moi. Nous, on l’a aidé sur le plan tactique pour faire des corrections, mais c’est une réussite personnelle. Car se faire siffler avant un match, c’est très compliqué comme situation. Le mérite lui en revient aussi sur le plan psychologique. » Dimanche soir, l’Olympique de Marseille accueille Bordeaux pour consolider sa deuxième place. L’occasion pour Jordan Amavi de sceller définitivement sa réconciliation avec le public marseillais...