En fin de matinée, André Villas-Boas a été présenté par Jacques-Henri Eyraud, le président délégué, et Andoni Zubizarreta, le directeur sportif. À en lire les réseaux sociaux, le choix du Portugais est loin de faire l’unanimité chez les supporters. Le fan de l’OM est exigeant. Est-il déçu ? Oui. Espérait-il mieux ? Probablement. Il est temps de prendre le pouls des suiveurs de l’Olympique de Marseille à un moment crucial du projet de Frank McCCourt.

La première chose qui revient est bien évidemment le cas Heinze, évoqué dans la liste des potentiels successeurs de Rudi Garcia. « Le point à aborder, c’est aussi le non-choix Heinze vis-à-vis de André Villas-Boas. Quand on sait qu’on ne gagnera plus jamais rien ou presque à cause de Paris, autant tenter la passion, la ferveur et de mettre tout le monde derrière l’entraîneur. Au contraire, Jacques-Henri Eyraud semble têtu. Il s’est encore mis une pression supplémentaire en prenant un coach qui fait, et c’est la première fois que je vois ça, presque l’unanimité contre lui... Personne ne va le louper et ce n’est vraiment pas l’idéal », nous explique Hicham.

Pierre, lui, pense la même chose. « Ce que je redoute, c’est qu’il aura très peu de marge vis-à-vis des supporters. S’il n’enchaîne pas rapidement les victoires, ça va être très difficile pour lui, au contraire d’un Heinze qui aurait eu beaucoup plus de temps et de clémence pour développer quelque chose avec les jeunes », professe-t-il ajoutant que c’est plus en Jacques-Henri Eyraud qu’il a « zéro confiance ». Parce que même si le choix ABV semble être celui de Zubizarreta, c’est Eyraud qui cristallise toutes les rancœurs.

Eyraud en ligne de mire

Déjà, avant le fait qu’il soit nommé officiellement entraîneur du club phocéen, Villas-Boas a subi la foudre des réseaux sociaux des #VillasBoasDémission fleurissant sur Twitter notamment. « En revanche, et j’en ai parlé début mai, je savais que ça allait être AVB, il correspond totalement à ce que recherche un JHE, qui connait si peu le foot et ses besoins, beau parleur, bien sur lui, une image et une renommée, c’est tout ce qui lui importe, il lui a sorti deux-trois théories sur la périodisation tactique et le tour était joué », ajoute Hicham, expliquant par la suite le problème qu’il a avec l’ancien coach de Chelsea.

« Mon problème avec lui, comme cela l’était avec Garcia, ce n’est pas tant leur qualité d’entraîneur, qui n’est pas à remettre en cause, mais le fait qu’il ne s’agisse pas du meilleur choix possible à ce moment-là du projet. AVB, mis à part Porto, avec Falcao James, Otamendi et Guarin, ce ne sont que des échecs et je ne parle pas uniquement sportif, je parle en termes d’ambiance de gestion, de philosophie », détaille-t-il.

Une réelle curiosité

Toutefois, il trouve encore des points positifs et ne les renie pas : « enfin les deux points positifs à son arrivée sont : premièrement, la qualité de son staff avec en tête d’affiche son préparateur physique. J’attends aussi de voir les compétences de Carvalho pour juger, mais sur le papier c’est une bonne idée. Deuxièmement, l’arrivée ou le rapprochement de Jorge Mendes avec le nombre de départs qu’il faudrait exécuter. Un homme avec son carnet d’adresses ne sera pas de trop surtout quand on connait les difficultés de Zubizarreta a vendre le moindre joueur » (la plus grosse vente de l’OM est André-Frank Zambo Anguissa à Fulham, ndlr).

Romain Peli, lui, habitué à décortiquer le jeu tactique de l’Olympique de Marseille sur son compte Twitter, fait fi de la personnalité de Villas-Boas et s’intéresse plus à ce qu’il a proposé en conférence de presse ce mercredi. « C’est ce qu’il propose qui m’intéresse. Je suis un passionné de la périodisation tactique. C’est une méthode d’entraînement qui veut intégrer les 4 dominantes du football : physique/tactique/mental/technique. Tout est globalisé et tout se fait avec le ballon. C’est pour cela qu’il parlait de plaisir aux entraînements, il n’y a plus de travail physique dissocié, tout est intégré. Mourinho, pour ne citer que lui, fait cela. Jardim aussi, mais le maître de cette méthode est Vitor Frade », nous explique Romain Peli.

Enfin, Julien, un autre amoureux de l’OM, depuis la tendre enfance, est partagé, mais veut y croire en dressant son bilan, plus flatteur qu’il n’y parait. « Je suis partagé perso. À la fois par la hype du nom et son côté communiquant. De l’autre côté, il y a le fait qu’il paraît prétentieux, qu’il n’ait pas une identité de jeu propre à lui-même. Il a le mérite pour lui côté statistiques après puisqu’il est à 2 points de moyenne par match en carrière. J’ai envie d’y croire », répond-il. Même son de cloche chez Fabien Mercadal, l’ancien coach de Caen qui n’est pas forcément supporter mais qui connaît bine la maison phocéenne, joint par nos soins : « je suis curieux. Il y a le côté l’envahissement portugais (rires). C’est un peu tous les mêmes profils et moi j’aime beaucoup la diversité. Mais Villas-Boas, je pense qu’il peut apporter quelque chose au club. Il faut lui laisser sa chance avant de gueuler ». André Villas-Boas a du pain sur la planche, mais, comme tout le monde, on jugera sur pièce dès le début du championnat de France en août prochain.

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