À chaud, Thomas Tuchel s’était dit triste de la réaction de Kylian Mbappé lors de son remplacement à vingt minutes de la fin de la partie contre Montpellier samedi (5-0, 23e journée de Ligue 1). Avec quelques heures de recul, l’entraîneur du Paris SG a développé son idée ce lundi en conférence de presse depuis le centre d’entraînement Ooredoo. « J’ai dit que j’étais triste parce que nous sommes dans un super moment, avec des résultats et une manière spectaculaire, contre beaucoup d’équipes et dans beaucoup de compétitions différentes. On a montré une mentalité extraordinaire et on ne parle pas du match alors qu’on a gagné 5-0 », a confié l’Allemand, qui apprécie « la structure forte et courageuse » de l’institution ces dernières semaines, avant de poursuivre.

« On a parlé de l’extrasportif... Il y a beaucoup de choses à dire sur notre match mais on a parlé des choses de Kylian, de Ney... Je suis triste parce que j’aime le jeu, le spectacle, la qualité de mon équipe fort, qui joue avec beaucoup d’intensité. Et après un tel match, on ne parle pas de ça en conférence de presse d’après-match », a-t-il regretté, minimisant l’impact réel de cet épisode. « Ce n’est pas la peine de trop en parler. Il n’y a rien de personnel, ça arrive entre un joueur qui ne veut pas sortir et un coach qui doit faire des choix. Le problème, c’est qu’il y a des caméras, des journalistes, des supporters qui maintenant ne parlent que de ça. Nous avons donné l’occasion de parler d’autre chose, pour ça je suis triste », a-t-il résumé.

Explication de texte

Au lendemain de la soirée d’anniversaire de Neymar, le coach parisien a rapidement évacué tout début de crise entre ses deux stars et lui. « Ce n’est pas une crise, je ne suis pas énervé personnellement, ce sont des tops joueurs, on a besoin d’eux pour gagner des matches, tous les trois jours, face à des défenses resserrées. Mais il faut aussi gérer ces joueurs dans une équipe forte, pas une équipe divisée. C’est un sport collectif. Il n’y a qu’ensemble qu’on peut être plus fort. Je ne suis pas en colère. Il y a des moments dans une saison où la relation est plus facile, d’autres où il y a des désaccords, c’est absolument normal entre un coach et un joueur », a-t-il souligné avant de taper du poing sur la table lorsqu’il lui a été demandé s’il y avait dans ses choix sportifs une dimension politique.

« J’ai arrêté de penser à ça. Si je veux être politicien, je travaille en politique. Avec le reste, je perds ma tête. Je ne veux pas perdre ma tête. Si j’ai pris la décision de laisser Mauro et Edi sur le banc contre Montpellier pour faire jouer Pablo, les deux ne sont pas contents. C’est un choix sportif. On trouve que c’est mieux pour l’équipe. Je ne pense pas au reste. C’est un choix sportif et je suis absolument convaincu qu’à la fin, le vestiaire et les joueurs comprennent mes choix sportifs. C’est la même chose avec les changements. J’ai décidé que, comme le match était plié, c’était le moment de faire souffler Kylian et Pablo, pour donner du temps à Mauro et Edi, qui le méritaient », a-t-il argué avant d’insister.

« C’était aussi possible de faire entrer Drax et j’ai choisi Leo, parce qu’il a été extra à Pau et je veux lui montrer. Il n’y a pas autre chose. Je sais que c’est dur à accepter pour certains joueurs. Mais si c’est sportif, ils peuvent accepter. Je ne fais pas de politique, sinon, je suis perdu. Je deviens juge. Ça veut dire quoi, tout le monde fait pression sur moi et je vais sortir seulement Kouassi parce que c’est le plus jeune ? », a-t-il interrogé, entre lassitude face à la teneur des questions et fermeté dans ses réponses. Ne lui en déplaise, ce sont sans doute ces débats qui risquent d’alimenter les gazettes dans les prochains jours...