L’élimination contre Manchester United ? Tellement incroyable qu’elle a été mise sur le compte de la malchance. La fin de saison chaotique ? La conséquence logique d’un coup de mou et d’un titre déjà acquis. Pour sa première saison sur le banc du Paris Saint-Germain, Thomas Tuchel avait été clairement épargné lors de ses moments les plus sombres. L’entraîneur allemand a bénéficié d’une certaine mansuétude médiatique, notamment parce qu’il a su séduire son auditoire au fil de l’année par un discours rafraîchissant et visiblement sincère. Même l’enchaînement des défaites à Lille, Nantes, Montpellier ou Reims dans la dernière ligne droite du championnat ne l’a pas mis en première ligne.

Ce sera évidemment différent cette saison et malheureusement pour lui, cela commence bien plus tôt que prévu. La défaite à Rennes a fait tomber de haut le coach allemand, pointé du doigt pour plusieurs raisons. D’abord l’illisibilité de sa tactique, symbolisée par les errances de Marquinhos, mi-sentinelle mi-défenseur central mais totalement déboussolé. Ensuite son manque d’impact sur la rencontre avec des changements inopérants. Beaucoup se demandent comment Julian Draxler a pu rester sur le terrain pendant 76 minutes au regard de sa pitoyable prestation. Enfin par l’immense différence entre ce qu’il demande et ce qu’on constate sur le terrain en termes d’intensité.

Des justifications contestables

Cette saison devait être marquée par un retour aux fondamentaux : un état d’esprit irréprochable, un engagement de tous les instants. Or, le premier match à l’extérieur a prouvé tout le contraire : des joueurs peu impliqués, un caractère inexistant et une légèreté frappante dans les duels. C’est une véritable pierre lancée dans le jardin de Tuchel, qui s’est défendu en évoquant des états de forme disparates et des joueurs pas à 100 %. Un argument facile et qui ne tient pas totalement. Certes, il y a eu la Copa America et la Coupe d’Afrique des Nations cet été, mais Tuchel a pu travailler durant l’intersaison avec un groupe bien plus fourni que lors de sa première année où, à pareille époque, la Coupe du Monde avait clairsemé les rangs parisiens.

« On ne pouvait pas être au top de nos capacités mais on pouvait jouer mieux qu’aujourd’hui et on doit s’améliorer. Cela commence à peine mais il nous manquait déjà Kehrer, Herrera, Neymar et Kimpembe. Il manque encore de la qualité pour avoir de la concurrence et laisser jouer Thilo avant de finir le match avec Marquinhos ou Thiago Silva vu qu’ils jouent depuis le premier match avec deux ou trois entraînements », a notamment déclaré l’entraîneur après la rencontre. Hormis Neymar, aucun des joueurs cités n’apparaît comme un titulaire indiscutable et nécessaire à la bonne marche de l’équipe.

Tuchel doit reprendre la main

Et si Tuchel était en réalité déjà désabusé par son équipe ? Sur Canal Plus, il est apparu assez marqué par la défaite des siens et par la prestation d’ensemble. Lui qui est souvent souriant et affable s’est cette fois-ci contenté de réponses laconiques et a même affiché une pointe d’agacement. Tout comme il a soufflé en conférence de presse avant de répondre à une question sur Alphone Areola.

« Numéro 1 dans la hiérarchie ? Non, je ne peux rien confirmer tant que le mercato est ouvert. Chaque joueur doit montrer sa qualité, Alphonse aussi. Aujourd’hui, ce n’est pas le moment d’en parler », a-t-il répondu. Son management des gardiens laisse songeur. Et on peut se demander dans quel état d’esprit se trouve Areola ce lundi, après une passivité coupable sur le premier but rennais et cette déclaration de son entraîneur. Plus que jamais, Tuchel doit reprendre la main, trouver le bon système et les joueurs idoines. Ce qui ne devrait pas être le cas pour un coach entamant sa deuxième saison sur le banc de touche du PSG.

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