Il y a une huitaine de jours, le couperet tombait pour Olivier Létang. À la surprise générale, le Stade Rennais annonçait le remerciement du président délégué. Son bilan était pourtant excellent en dépit de quelques tensions avec des membres du personnel du club et notamment Julien Stéphan. En 27 mois de présidence, Létang aura fait passer l’écurie bretonne dans une autre dimension. Auparavant considéré comme un éternel loser, Rennes est devenu une place forte du foot français, juste derrière les locomotives habituelles, en remportant la Coupe de France et en s’offrant une belle épopée en Ligue Europa (éliminé par Arsenal en 8es de finale). Cette saison encore, le club occupe actuellement une belle 3e place et reste plus que jamais en course pour se qualifier pour la Ligue des Champions. Ce qui serait une première dans l’histoire rouge-et-noir.

Ça n’a pas suffi visiblement pour la famille Pinault, actionnaire du club depuis 1998. Le fils François-Henri Pinault a pris les choses en main et a tranché en faveur de son entraîneur, plutôt que de son président qu’il avait lui-même installé. Resté discret jusque-là, Olivier Létang est sorti du silence dans un long entretien accordé à Ouest France. « J’ai été surpris (de la fin de sa mission). Le Stade Rennais ne s’est jamais porté aussi bien sportivement, financièrement et d’un point de vue populaire. En 27 mois, au-delà du parcours sportif, nous avons battu tous les records en termes d’affluence au Roazhon Park, de revenus billetterie, sponsoring, merchandising, de valorisation de l’effectif… Le club est très sain financièrement, respecte les règles du fair-play financier. Tous les indicateurs sont au vert sur et en dehors du terrain. »

Olivier Létang dresse un bilan positif de son action

Létang défend son bilan et assure également qu’il a toujours soutenu Julien Stéphan, alors même que les relations entre président et entraîneur étaient des plus fraîches. Le coach rennais l’a lui-même reconnu en conférence de presse mais l’ancien président ne lui en tient pas rigueur. « Si le club en est là où il est sportivement, c’est notamment parce que nous avons su travailler ensemble, que nous étions complémentaires. Il y a bien sûr eu quelques moments d’incompréhension mutuelle comme lors des propos d’Hatem Ben Arfa ou nous avons chacun notre part de responsabilité, mais depuis nos relations s’étaient normalisées avec un cadre de travail serein. (...) Quand je lis que je lui ai donné un ultimatum de trois matches, je vous le dis droit dans les yeux, c’est faux », assure l’ancien homme fort du club, qui est également revenu sur les mercatos qu’il a dû gérer, démentant formellement d’éventuelles malversations dans certains transferts.

« Quel club réussit 100 % de ses recrutements ? Cela n’existe pas. (...) Jordi Siebatcheu a par exemple eu 3 blessures importantes. (...) Rafik Guitane a lui aussi subi une grave blessure (...), Johansson également et cette saison Jonas Martin et Guclu… Vous me citez des échecs mais on peut aussi parler, sans être exhaustif, de Mbaye (Niang), de Clément (Grenier), d’Hatem (Ben Arfa), qui a été précieux dans notre saison passée, Damien (Da Silva) et Jérémy (Morel) qui sont arrivés libres. Et Raphinha ? C’est un échec ? Et Edouard (Mendy), acheté 4 millions alors que plusieurs clubs étaient intéressés pour remplacer Tomas Koubek qui a été vendu pour quasiment le double ? (...) Qui pensait qu’il était possible qu’un champion du monde rejoigne le Stade Rennais dix-huit mois après la finale ? Steven NZonzi a signé à Rennes malgré de multiples offres notamment en Angleterre. » Voilà comment le Stade Rennais a vu la valeur de son effectif tripler sous la présidence de Létang.