Leader du groupe A après ses deux victoires face au Real Madrid (3-0) et Galatasaray (1-0), le Paris Saint-Germain débarquait en Belgique pour réaliser la passe de trois sur la pelouse du Club Bruges. Mieux, les hommes de Thomas Tuchel pouvaient même valider dès ce soir leur ticket pour les huitièmes de finale en cas de match entre Madrilènes et Stambouliotes. Pour remplir leur mission, les Parisiens comptaient sur un onze de départ privé de Neymar et Idrissa Gueye (blessés), ainsi que de Kylian Mbappé et Edinson Cavani, encore jugés trop justes par leur entraîneur. En face, le Club Bruges promettait une opposition de qualité. Les Belges ont su faire 2-2 au Bernabéu et restaient surtout sur 17 matches consécutifs sans défaite.

Pas de quoi impressionner les Franciliens. Positionnés assez haut sur le pré, les hommes de Tuchel ont rapidement pris le contrôle du cuir. Une bonne entame destinée à prendre à revers le bloc adversaire où les latéraux laissaient de grands boulevards dans leur dos. Une tactique qui a été rapidement payante. Servi par une ouverture magistrale de Thiago Silva, Angel Di Maria s’est empressé de plonger dans le dos de Sobol pour délivrer un amour de passe décisive de l’extérieur du gauche pour Mauro Icardi (1-0, 7e). Paris ne pouvait pas rêver mieux. Cependant, alors que l’on pouvait s’attendre à un récital rouge et bleu, cette ouverture du score a eu le mérite de réveiller les Belges. Très vifs, auteurs de changements d’ailes incessants et pas les premiers à refuser le jeu, les partenaires de Dennis ont fait cavaler des Parisiens qui auraient tout de même pu tuer le match si Di Maria n’avait pas raté son face-à-face avec Mignolet (14e).

Mbappé a tout cassé

Souvent, le danger brugeois est venu des côtés. Heureusement pour les hommes de la capitale, l’imprécision brugeoise leur a permis d’éviter le pire. Mais que ce fut dur jusqu’à la pause. Incapable de trouver des solutions pour ressortir le cuir, les Franciliens ont été constamment sous pression, la faute à un entrejeu absent et une attaque où Choupo-Moting n’a presque servi à rien sur son côté gauche. Peu après la demi-heure de jeu, une passe en retrait pour Navas aurait même pu accoucher d’un but gag suite à un dégagement contré du Costaricain (31e). Le deuxième coup de chaud de la soirée pour l’ex-Merengue après une sortie houleuse sur corner (24e). 45 premières minutes très brouillonnes, gâchées par un gros déchet technique.

De retour des vestiaires, le Club Bruges a repris sa marche en avant, bien aidé par des Parisiens toujours aussi fébriles techniquement. Mais à l’instar de la première période, les Belges ont certes pu approcher facilement la surface de réparation parisienne, sans être efficace pour autant. C’est alors que le tournant du match s’est produit. Remplaçant au coup d’envoi, Kylian Mbappé est venu mettre un terme au supplice de Choupo-Moting à la 52e minute. Boudeur à la descente du bus, le natif de Bondy s’est chargé de rappeler à Tuchel qu’il n’aime pas faire banquette.

Comme à Nice, il a tué le match en quelques minutes. A la 61e, il a profité d’un centre de Di Maria repoussé par Mignolet pour inscrire le but du break (2-0). Un énorme soulagement pour Paris tant cette réalisation est intervenue contre le cours du jeu. Deux minutes plus tard, le numéro 7 rouge et bleu a encore bénéficié du travail de Fideo pour délivrer une passe décisive à Icardi, permettant ainsi à l’Argentin de sceller le sort du match avec un doublé (3-0, 63e). Une entrée en jeu époustouflante ponctuée par un triplé après deux nouvelles combinaisons gagnantes avec ADM (4-0, 79e et 5-0, 83e). Tout simplement hors-normes. Au classement, Paris n’est pas encore qualifié suite au succès merengue face à Galatasaray (1-0), mais le club de la capitale est plus que jamais leader de son groupe avec cinq points d’avance sur la bande de Zidane et sept sur le troisième, le Club Bruges.

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Homme du match : Mbappé (non noté) : neuf minutes après son entrée en jeu, il a su être présent au bon endroit pour reprendre victorieusement de la tête un centre de Di Maria repoussé par Mignolet (61e). Le but du break contre le cours du jeu qui a eu le mérite de soulager grandement les siens. Mais ce n’était pas fini. Suite à un pressing de DI Maria, il a récupéré le cuir pour donner à Icardi la balle du 3-0. Une entrée en jeu spectaculaire, mais le spectacle n’était pas terminé puisque deux nouvelles offrandes de Fideo lui ont permis de réaliser le triplé (79e, 83e).

Club Bruges :

- Mignolet (3) : il n’a pu que constater l’ouverture du score d’Icardi sur la seule frappe cadrée du PSG lors du premier acte (7e). Il s’est cependant interposé face à Icardi en sortant du pied la tentative de l’attaquant du PSG (51e) tout comme face à Di Maria, mais Mbappé a bien suivi et a inscrit le but du break (61e). Il s’est une nouvelle fois incliné face à Icardi (63e). Par la suite, il a réalisé quelques arrêts qui ont évité à Bruges de ressortir avec un score encore plus lourd. Malheureusement, il a été totalement dépassé par deux fois par Mbappé (79e, 83e) et a finalement encaissé 5 buts.

- Mata (3) : alors que le jeu s’est beaucoup développé sur côté gauche avec les offensives parisiennes, le défenseur s’est montré très solide sur la droite. Il a remporté la quasi-totalité de ses duels en première période, n’hésitant pas à éliminer les attaquant parisiens pour ressortir le ballon avec au final très peu de pertes de balle. Une copie totalement inverse en deuxième période puisque la plupart des buts parisiens sont venus de son côté sans qu’il ne se soit montré présent pour les stopper.

- Mechele (3,5) : il n’a pas réussi à combler le manque de présence sur la longue ouverture pour Di Maria amenant le but d’Icardi (7e). À l’inverse, le défenseur s’est interposé in extremis en repoussant du visage une frappe lointaine de l’ailier argentin, mais n’a pas pu s’imposer devant lui sur sa frappe amenant la récupération, puis le but de Mbappé (61e). Sur le troisième but de Mbappé, il a été dépassé par le service en or de l’extérieur du pied de Di Maria l’empêchant d’intervenir (83e).

- Deli (4) : il n’a pas pu couvrir le manque de présence sur son côté lorsque Di maria a récupéré le ballon amenant l’ouverture du score mais il s’est montré attentif par la suite n’hésitant pas lui non plus à se permettre quelques dribbles pour ressortir de sa zone. Après avoir joué avec le feu en voulant ressortir le ballon, il n’a pas réussi à s’imposer sur le second but d’Icardi (63e). Il est le défenseur qui s’en est le mieux sorti dans cette soirée compliquée.

- De Ketelaere (5,5) : une première période assez compliquée pour le très jeune milieu de terrain qui n’a pas hésité à se montrer volontaire, sans l’efficacité. Il aurait pu inscrire un but un peu chanceux en se protégeant sur un dégagement de Navas qui a terminé à côté (31e). Il a écopé d’un carton jaune après un tacle par derrière sur Verratti (32e). Remplacé par Orekere (56e) qui aurait pu inscrire le but du maigre espoir, mais il a frappé en dehors de la surface a manqué le cadre (65e).

- Diatta (4) : sur son côté droit, le Sénégalais s’est montré assez remuant et disponible. Il a été l’auteur d’une frappe bien trop croisée qui n’est pas arrivé pas au but, mais qui a marqué la première occasion pour Bruges (12e). Il a cru permettre à son équipe de faire craquer le PSG pour la première fois de la saison en Ligue des Champions, mais une main vient annuler son but (68e). Il n’a pas été très impactant lors des phases défensives.

- Vanaken (5) : le capitaine de Bruges a réalisé la prestation la moins compliquée au milieu de terrain en offrant de longues transmissions pour lancer en profondeur ses coéquipiers. Sur le plan défensif, il a cependant eu plus de mal en perdant la plupart de ses duels. Comme toute son équipe la fin de match a été très pénible avec cette facilité dans le jeu du PSG qui s’est conjuguée par l’ensemble des buts encaissés par son club.

- Rits (3,5) : au contraire de son capitaine, le milieu de terrain a tété le plus en difficulté en première période avec des difficultés dans l’apport défensif qui s’est illustré par ses duels globalement perdus. Il n’a jamais pu rattraper son retard sur Mbappé qui a inscrit le quatrième but du PSG en le dribblant tout comme son gardien (79e). Il a écopé d’un carton jaune pour une charge dans le dos de Paredes (77e).

- Sobol (4) : deux erreurs qui ont coûté très chère à son équipe. Il n’a absolument pas marqué Di Maria qui s’est permis de servir Icardi pour l’ouverture du score (7e). Et comme si cela ne lui avait pas servi de leçon, il a réitéré son erreur et a donné à ce même Di Maria une occasion en or d’inscrire le but du break (15e). Offensivement, il n’a pas eu d’impact et n’a pas connu une seconde période plus facile que la première, au contraire. Remplacé par Balanta (80e) qui n’au pas eu le temps de se montrer dans les dix dernières minutes de jeu.

- Dennis (4) : il a essayé d’user de ses feintes pour faire pression sur la défense parisienne qui a réussi à le suivre comme sur sa frappe contrée (34e). Un souci puisqu’il aurait peut-être dû lâcher son ballon plus rapidement sur certaines actions entraînant une récupération du PSG. Au fina, il n’aura été l’auteur que de deux frappes contrées, ce qui n’a pas été suffisant pour inquiéter le PSG après son doublé plein de réussite face au Real Madrid lors de la deuxième journée. Remplacé par Openda (76e) qui n’a pas eu grand chose à se mettre sous la dent pour s’exprimer.

- Tau (5,5) : lui aussi s’est montré remuant, mais lui aussi a manqué d’efficacité dans le dernier geste. On ne va cependant pas lui reprocher sa disponibilité. Il a été l’auteur de la première frappe de Bruges au retour des vestiaires, mais sa tête a échappé au cadre (46e). Il est sûrement le meilleur du Bruges au coup de sifflet final, et pourtant la possession de Bruges, qui aura inquiété le PSG n’a pas eu l’effet escompté pour lui et son équipe.

PSG :

- Navas (5) : le Costaricain a souvent vu le cuir naviguer près de sa cage. Mais il n’a pas spécialement eu d’arrêts décisifs à faire hormis une sortie des deux poings sur corner (24e). A noter toutefois qu’un dégagement contré par De Ketelaere a bien failli lui coûter un but gag (31e).

- Meunier (4) : match pas simple pour le régional de l’étape. En raison du pressing adverse, il n’a quasiment pas pesé offensivement. Et défensivement, les percées de Tau l’ont souvent pris à défaut. Heureusement, il pouvait compter sur Thiago Silva pour lui venir prêter main forte. Il a fini le match blessé.

- T.Silva (7) : la question de son avenir se pose et se posera encore plus après ce soir. Auteur d’une ouverture magistrale pour Di Maria pour l’ouverture du score d’Isard (7e), O Monstro a été l’un des hommes forts d’un PSG très chahuté en première période. Présent pour aider les errements de son latéral droit, le Brésilien a une nouvelle fois démontré qu’il était bien le patron incontesté de l’arrière-garde parisienne.

- Kimpembe (5,5) : pas de grosses erreurs à signaler chez le central parisien. Il a commis quelques fautes évitables face aux feu-follets adverses en début de match, mais il s’est mieux comporté par la suite.

- Bernat (4) : souvent pris dans son dos par Dennis, l’Espagnol a vécu une soirée similaire à celle de Meunier, à savoir aucun apport offensif et des replis défensifs incessants.

- Marquinhos (5) : encore une fois installé dans l’entrevue, en position de sentinelle, le Brésilien a évolué très près de sa défense. Un bon choix tant le bloc parisien n’a cessé de reculer après l’ouverture du score. Il s’est d’ailleurs souvent employé à envoyer de grosses frappes lointaines pour dégager son camp. Il aurait quand même pu être passeur décisif pour Icardi en deuxième période.

- Herrera (4) : titularisé suite au forfait sur blessure de Gueye, l’ancien Mancunien a joué simple lors des premières minutes, se contentant de contrôles-passes très propres. Mais au fil des minutes, il a été submergé par le pressing belge. Moins visible, il a souvent perdu le cuir dans ses tentatives de relance. Remplacé par Diallo (72e), il pourrait à nouveau s’être blessé.

- Verratti (4) : en l’absence de Gueye, il devait être plus que jamais le patron du milieu. Mais ce soir, l’Italien a été transparent. Trop de ballons perdus, trop de touches de balle et de mauvais choix, peu de solutions proposées, peu de soutien offert à Herrera. Bref, un match à oublier.

- Di Maria (8,5) : à Nice, il avait régalé tout son monde en signant un doublé et en étant impliqué sur les deux autres buts parisiens. Ce soir, Fideo a encore prouvé qu’il était bien l’un des piliers de l’attaque parisienne. Passeur décisif pour Icardi dès la 7 e minute de jeu (d’un extérieur du gauche s’il vous plait), l’Argentin a été l’un des rares à proposer des solutions offensives lorsque le PSG était fortement chahuté. Et s’il a raté la balle du break au quart d’heure de jeu, il s’est largement rattrapé avec l’entrée en jeu de Mbappé puisqu’il a délivré trois passes décisives au Français. Une nouvelle masterclass.

- Choupo-Moting (3) : sa passe pour Di Maria au quart d’heure de jeu aurait pu lui valoir une passe décisive si l’Argentin ne s’était pas raté face à Mignolet. A part ça, le match du camerounais a été catastrophique. Positionné sur le côté gauche, il a tout simplement tout raté. Inoffensif, trop léger dans les duels, il a très rapidement cédé sa place. Remplacé par Mbappé (51e) qui ne s’est pas privé de montrer à son coach qu’il avait des jambes de feu. Six minutes après son entrée en jeu, il a su être présent au bon endroit pour reprendre victorieusement de la tête un centre de Di Maria repoussé par Mignolet (61e). Le but du break contre le cours du jeu qui a eu le mérite de soulager grandement les siens. Mais ce n’était pas fini. Suite à un pressing de DI Maria, il a récupéré le cuir pour donner à Icardi la balle du 3-0. Une entrée en jeu spectaculaire, mais le spectacle n’était pas terminé puisque deux nouvelles offrandes de Fideo lui ont permis de réaliser le triplé (79e, 83e).

- Icardi (7) : auteur de l’ouverture du score très tôt dans le match (7e), l’ex-Intériste a longtemps passé le match à regarder ses partenaires subir les vagues d’assaut adverses. Mais même quand il n’a pas beaucoup de munitions à se mettre sous la dent, l’Argentin reste un élément très dangereux. Malchanceux sur une frappe repoussée par Mignolet à la 51e, il n’a pas manqué l’occasion d’inscrire un doublé sur une offrande de Mbappé (63e). Remplacé par Paredes (65e).