Le grand soir est arrivé, et les Parisiens n’ont pas déçu. Le Paris Saint-Germain accueillait le FC Barcelone sur la pelouse du Parc des Princes pour ce match aller des huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Pour ce duel au sommet, Unai Emery, privé de Thiago Silva au dernier moment, devait aligner Kimpembe en défense centrale. A gauche, il misait sur Kurzawa, pendant que Di Maria était préféré à Lucas dans le secteur offensif. Pour sa part, Luis Enrique optait pour du classique, avec la MSN bien présente sur le front de l’attaque, pendant qu’Umtiti accompagnait Piqué dans l’axe de la défense.

Et c’est le PSG qui s’offrait les premières situations chaudes de la partie, avec une frappe de Cavani détournée par Sergi Roberto, et derrière, Draxler loupait le cadre (6e). Plus tard, Rabiot lançait Matuidi dans la profondeur, ce dernier se présentait devant ter Stegen, mais le portier allemand sortait un arrêt réflexe pour éviter l’ouverture du score (11e) ! Et les Parisiens allaient rapidement être récompensés de leur bonne entame, puisque sur un coup-franc provoqué par Draxler, Angel Di Maria logeait sa frappe au fond des filets de ter Stegen (1-0, 18e), bien aidé par le mur catalan mal aligné ! Dans la foulée, Cavani tentait sa chance de loin, sans succès (21e). Il fallait attendre la 27e minute pour assister à la première occasion catalane. Après un rush dans la défense parisienne, Neymar décalait pour Gomes, mais le Portugais perdait son mano à mano avec Trapp, décisif sur le coup.

Leçon de football

Mais les Parisiens continuaient d’avoir leur mot à dire, et le portier du Barça devait sortir un nouvel arrêt réflexe devant son compatriote Draxler (34e). L’Allemand, dans tous les bons coups ce soir, n’allait pas tarder à faire parler la poudre. Après un ballon perdu par Messi au milieu, Verratti servait l’ancien de Wolfsbourg qui crucifiait ter Stegen d’une frappe parfaitement croisée (2-0, 39e). Et le début de la deuxième période démarrait sur les chapeaux de roues pour les Franciliens qui enchaînaient les assauts devant, face à un Parc des Princes qui se régalait.

Di Maria allait ensuite s’offrir un véritable chef d’oeuvre, avec une frappe de l’extérieur de la surface parfaitement placée dans la lucarne d’un ter Stegen impuissant (3-0, 55e). Les Parisiens offraient un véritable spectacle à leurs supporters, et Cavani se mêlait à la fête après une belle percée de Meunier (4-0, 71e). Tout souriait aux Parisiens, puisque Samuel Umtiti touchait même la barre (83e) ! Le score en restait finalement là, et avec ce résultat, le Paris Saint-Germain est pratiquement sûr d’être présent en quarts de finale de la compétition car jamais une équipe n’a remonté une défaite 4-0 à l’aller depuis la saison 1994/1995.

L’homme du match : Di Maria (9) : après un temps de chauffe en début de match et une passe un peu longue sur un contre (5e), il fait un superbe centre pour Cavani (6e), malheureusement l’attaquant ne convertit pas. Suite à cela, il marque le premier but parisien d’un superbe coup franc (18e). Il a multiplié les courses, tant offensives que défensives. Il ne s’arrête pas là et marque le troisième d’une superbe frappe enroulée (55e). Match incroyable, tout lui a réussi. Remplacé par Lucas (60e), qui fait une bonne rentrée, amenant de la vitesse, comme cette offensive qu’il termine par une frappe trop écrasée (68e).

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Paris Saint-Germain

- Trapp (7) : le gardien du PSG n’a pas vraiment été mis à contribution, il sauve tout de même son équipe sur une frappe d’André Gomes (28e), il a surtout joué au pied et l’a plutôt bien fait. Il fait une sortie moyenne sur un corner, mais est sauvé par son poteau (83e).

- Meunier (8,5) : préféré à Serge Aurier, le Belge a fait le travail. Bon offensivement, il a eu un peu plus de mal quand Neymar accélérait. Il a eu du mal à suivre Neymar défensivement, il fait une faute stupide qui donne un bon coup franc à Messi qui finit dans le mur (25e). Il mène un contre éclair et donne le quatrième but à Edinson Cavani. Quel match.

- Marquinhos (8) : le Brésilien faisait figure de leader en l’absence de Thiago Silva, il a formidablement bien coupé les passes des Catalans. Il fait le boulot. Il n’a jamais semblé être inquiété par les attaquants blaugranas. Il fait une grosse intervention sur un centre de Neymar (84e). Le patron.

- Kimpembe (8,5) : il était attendu, et le jeune joueur de 21 ans s’est mis au diapason. Défensivement impeccable, il aurait même pu aggraver le score après un cafouillage sur un corner (36e). Il a plané sur la MSN durant tout le match à l’image de cette double intervention dans les pieds de Messi. Il n’a pas du tout été impressionné, lui qui jouait pourtant son premier match en Ligue des Champions. Un futur grand, c’est certain.

- Kurzawa (7) : c’est le Parisien qui a le moins impressionné. Même s’il n’a pas vraiment été mis en danger, il est aux fraises sur une contre-attaque blaugrana qui donne la plus grosse occasion pour les hommes de Luis Enrique (27e). C’est lui qui donne le ballon à Di Maria sur le troisième but (55e). Il a fait un gros début de deuxième mi-temps puis est rentré dans le rang par la suite.

- Verratti (8,5) : il a martyrisé le milieu barcelonais lors de la première mi-temps. Il revient bien dans les pieds comme cette bonne intervention dans les pieds (9e). Omniprésent lors du premier acte, il parachève son œuvre par une passe décisive pour Draxler (39e). En deuxième mi-temps de même envergure, il cède sa place après un contact avec Messi. Remplacé par Nkunku (70e), qui a fait une rentrée sérieuse.

- Rabiot (8) : le milieu parisien a fait un énorme début de match, il marque le ton avec une grosse interception (1e), il reçoit un carton jaune très tôt dans le match (3e). Il combine remarquablement bien avec Matuidi, ce qui amène une énorme occasion (10e). Après un petit coup de mou, il se reprend. Sur le deuxième but parisien, c’est lui qui récupère dans les pieds de Messi. Le joueur formé au PSG était dans une forme étincelante.

- Matuidi (7,5) : il a fait 20 premières énormissimes. Récupération, projection vers l’avant, le capitaine du soir était partout. Il aurait pu ouvrir le score après une énorme frappe au terme d’une combinaison avec Rabiot (10e). L’international français a fait ce qu’il avait à faire avec ses qualités, voir plus par moments. Comme ce retour sur Messi à la 88e minute.

- Di Maria (9) : voir ci-dessus.

- Cavani (8,5) : l’Uruguayen a frappé un grand coup et a fait taire les mauvaises langues. Il n’a pas réussi à trouver le but durant de longues minutes. Il a fait de bons appels (6e, 15e), il aurait pu marquer son but comme sur cette frappe excentrée (21e), ou sur cette tête (49e). Il arrive finalement à trouver la faille d’une frappe vite déclenchée après avoir été lancé par Meunier (72e). Comme d’habitude, il a aussi abattu un travail défensif conséquent.

- Draxler (8) : l’Allemand a également fait un match de fou furieux, comme ses coéquipiers sur le front de l’attaque. Le joueur a fait de bons débordements. Sergi Roberto était dépassé. Ses passements de jambes ont fait du mal, il obtient le coup franc qui donne le premier but. Il frappe après un contre bien mené (35e), et est récompensé de tous ses efforts, puisque c’est lui qui porte le score à 2 buts à zéro d’une bonne frappe après un service de Verratti (39e). Impliqué défensivement, il cède sa place à Pastore (86e).

FC Barcelone

- Ter Stegen (5,5) : si le Barça n’a pas pris plus cher en première période, c’est pratiquement uniquement grâce à lui. L’Allemand a multiplié les interventions décisives sur sa ligne. On pense à son excellente sortie pour couper une contre-attaque parisienne (4e) ou ses énormes mains devant Matuidi (10e) et Draxler (34e). Il peut éventuellement mieux faire sur le deuxième but parisien, mais on ne lui en tiendra pas compte tant il a été décisif. Il ne peut rien non-plus sur la frappe somptueuse de Di Maria ni sur la frappe de Cavani à bout portant.

- Sergi Roberto (3,5) : aligné sur le côté droit de la défense, le joueur formé à la Masia a enchaîné le bon et le moins bon. Il était souvent mal placé, ce qui a permis aux joueurs offensifs parisiens de souvent partir dans son dos, mais derrière il se rattrapait presque toujours, avec un tacle ou une interception. En revanche, même s’il a été globalement propre balle au pied, il n’a que trop peu pesé offensivement. C’est là que les supporters du Barça doivent regretter la grosse blessure d’Aleix Vidal.

- Piqué (5) : si ter Stegen a été impérial dans ses cages, le patron de la défense catalane a lui aussi livré une performance relativement satisfaisante, avec plusieurs interventions décisives, notamment en première période, et ce alors qu’il a souvent été lâché par ses partenaires de l’arrière-garde. En revanche, il laisse trop d’espace à Cavani sur le quatrième but, et le pressing parisien l’a souvent empêché de relancer proprement, surtout en première période.

- Umtiti (2,5) : une soirée à oublier pour le formidable joueur passé par la formidable académie lyonnaise. C’est lui qui fait la faute qui a abouti sur l’ouverture du score parisienne et il laisse ensuite filer Draxler derrière lui sur le deuxième but, même s’il n’est pas aidé par Jordi Alba. Et de façon globale, il était toujours en retard sur ses vis-à-vis. On comprend maintenant pourquoi c’est Mascherano qui est la plupart du temps titulaire dans les gros matchs.

- Jordi Alba (3,5) : prestation insuffisante pour le latéral gauche barcelonais. Défensivement, il n’a pas été serein face aux offensives d’Angel Di Maria notamment, et offensivement, il a bien moins pesé que d’habitude. Son entente avec Neymar est toujours létale, mais ce soir, elle n’a tout simplement pas existé.

- Busquets (4) : assez effacé en début de rencontre, le métronome du FC Barcelone a commencé à monter en puissance aux alentours de la demi-heure de jeu, touchant de plus en plus de ballons dans l’entrejeu. Mais lorsque le PSG a encore repassé la seconde en deuxième période, il a à nouveau disparu et était totalement dépassé par ses rivaux du milieu de terrain francilien. On ne l’a pas vu réaliser ses habituelles interceptions pour couper des offensives adverses ou ses passes qui brisent des lignes.

- Iniesta (2,5)  : Iniesta, c’est le football, mais ce soir, c’était compliqué pour l’Espagnol. Le maestro n’a que trop peu participé à l’élaboration du jeu, et si les joueurs offensifs du Barça n’ont pratiquement pas eu de ballons, c’est en partie à cause de sa prestation très discrète. A sa décharge, il revenait de blessure et était donc en manque de rythme. Remplacé par Rakitic (75e), qui a tout de même apporté un peu de danger dans les dernières séquences de la partie.

- André Gomes (2) : Jorge Mendes a dû passer la soirée à faire du moonwalk une coupe de champagne à la main dans son salon en se rappelant de la façon dont il a réussi à placer son poulain au FC Barcelone... Il n’a rien apporté dans le jeu et a manqué une énorme opportunité alors que le Barça était dans le dur et que Neymar lui a offert un véritable caviar (27e). Rafinha a pris sa place (55e), mais le Brésilien n’a rien apporté de plus.

- Messi (3) : a-t-il trouvé le chemin pour sortir de la poche de Kimpembe et rentrer à l’hôtel ? Pas sûr. L’Argentin a clairement été en dessous, même s’il faut dire que les joueurs parisiens se sont souvent mis à plusieurs pour le museler. Et quand Messi n’est pas au mieux, c’est tout le Barça qui en pâtit. Il faut aussi signaler sa perte de balle qui termine par le deuxième but parisien. Habituellement au rendez-vous dans les matchs de gala comme celui-ci, il est totalement passé au travers.

- Luis Suarez (2) : l’Uruguayen a eu la même présence dans le jeu barcelonais que Pénélope Fillon dans les couloirs de l’Assemblée Nationale. Certes, son rôle principal n’est pas de faire le jeu, mais habituellement, on le voit tout de même décrocher régulièrement pour participer et ensuite terminer les actions de la surface. Les défenseurs parisiens ont vécu une soirée bien plus paisible que prévu. Clairement insuffisant, et il est même coupable sur le but sur coup-franc de Di Maria, mal aligné dans le mur.

- Neymar (5) : de loin le meilleur Barcelonais sur l’ensemble des 90 minutes, et ce alors qu’il ne semblait pas à son top niveau physique. Plusieurs fois il est venu inquiéter Meunier sur le flanc gauche de l’attaque catalane, mais il ne trouvait jamais de partenaire bien placé pour combiner. Et quand c’était le cas, ces derniers se manquaient derrière, comme André Gomes (27e). En deuxième période, il a véritablement plongé, comme toute l’équipe, mais a tout de même eu quelques situations dangereuses comme cette frappe non-cadrée (80e). Prestation honorable, en somme.