Sur un terrain de football comme dans la vie, Adrien Monfray est une personne à l’aise en toutes circonstances. Sauf peut-être au moment de parler de lui-même. « C’est dur », nous avoue-t-il, avant de poursuivre : « Je suis à l’écoute. J’essaye de prendre soin de ceux qui sont proches de moi, car on a tous besoin les uns des autres. C’est l’un des traits de caractère que m’ont transmis mes parents ». Et c’est auprès de ses proches qu’il passe son temps quand il n’est pas occupé à taper dans un ballon. « Je suis une personne simple. J’ai mes amis, ma famille ». Une vie calme et sans chichis. « C’est sûr que vous ne me verrez pas sortir un album de rap (rires) ». Le natif de Nice préfère se concentrer sur sa seule et unique passion : le football. Et on peut dire qu’il est plutôt bon là-dedans. Passé par l’USC Corte (2010-12), le CA Bastia (2012-14) puis le Stade Lavallois (2014-17), il a fini par poser ses valises à Orléans en 2017. Un club où il est un titulaire en puissance cette saison (18 rencontres jouées toutes compétitions confondues).

Monfray, le couteau suisse

Pourtant, ce nouvel exercice avait mal débuté. « Pendant la dernière semaine de préparation, je me suis blessé au genou droit. J’ai eu une entorse du ligament externe. J’ai été absent durant un mois voire un mois et demi. Je suis revenu et j’ai pu jouer sept matches avant de me blesser de nouveau ». Un petit coup dur. Mais pas de quoi abattre le footballeur qui en a vu d’autres. « C’était compliqué à gérer sur le moment, mais je me suis accroché et j’ai su me remettre en selle. Au final, tout se passe bien ». Tout se passe bien aussi pour l’US Orléans, septième de Domino’s Ligue 2 (40 points, 12 victoires, 4 nuls et 11 défaites en 27 journées). « On réalise une belle série. Il faut garder le cap et continuer à faire ce qu’on fait. Cette année, l’objectif était le maintien, puis ensuite de faire un bon parcours en coupe. Donc on peut dire que ce sont deux objectifs atteints. C’est positif ». Mais le club entraîné par Didier Ollé-Nicolle peut éventuellement viser plus haut, même si les premières places et la L1 semblent loin.

« Je ne sais pas si c’est loin. On est bien placé. Il reste encore une dizaine de matches. On ne sait jamais, on peut être en embuscade et accrocher les playoffs. Ce n’est pas notre objectif initial et on n’est pas forcément préparé pour ça. Tout ce qu’on prend n’est que du bonus ». Un discours sage de la part d’un élément placé plusieurs fois dans l’équipe-type de la Ligue 2 cette saison. « C’est flatteur. Après, ça ne fait pas gagner les matches. Mais ça fait plaisir de voir que ce qu’on fait est apprécié ». Apprécié, Adrien Monfray l’est lui qui est un vrai couteau suisse. « Au niveau professionnel, j’ai débuté en tant que défenseur central. J’ai aussi joué quelques matches en tant que latéral. Mais en majorité, j’étais dans l’axe. J’ai également joué numéro 6 à Laval. C’était top. Ça n’avait rien à voir avec le poste de latéral ou de central. Mais j’arrivais à prendre du plaisir ». Le numéro 5 d’Orléans en prend toujours même quand il n’évolue pas à son poste de prédilection.

Un avenir au cœur des débats

« Depuis l’an dernier, j’ai commencé à jouer latéral droit (35 matches joués toutes compétitions confondues, ndlr). Mais je joue plus comme un troisième défenseur central que comme un latéral qui est très offensif. Quand il faut monter quelquefois dans le match pour aider l’équipe offensivement, je ne me gêne pas. Pour l’instant, ça se passe bien comme ça ». Mais il faut pourtant appréhender les choses de manières différentes. « C’est clair que les deux postes n’ont vraiment rien à voir. Mais j’arrive à faire le switch entre le poste de latéral et le poste de défenseur central. Souvent, j’ai les mêmes joueurs à mes côtés. Les automatismes se bossent tous les jours aux entraînements donc en match on arrive à composer ». Dévoué pour le collectif, le joueur né en 1990, qui ne se serait jamais vu gardien de but ; doit aussi gérer sa situation personnelle lui sera libre de tout contrat en juin prochain. « Oui, j’y pense car l’objectif est de finir sur une bonne note avec Orléans et de trouver un nouvel objectif et un nouveau projet l’année prochaine ».

Un départ semble donc l’option la plus probable à l’heure actuelle. Mais dans la vie comme dans le foot, tout est possible. « On ne sait jamais de quoi l’avenir est fait. J’avais déjà quelques propositions très intéressantes l’année dernière lors du mercato d’été. Le club avait décidé de ne pas me laisser partir. J’avais deux options : soit j’attendais 2019, soit j’acceptais les lois du jeu, je me remettais au boulot et je faisais une belle année avec Orléans ». Et le joueur représenté par Jordan Gay a choisi la deuxième option. Une décision qui paye puisque quelques écuries l’ont à l’œil. « Vu que la saison se passe plutôt bien, les clubs sont là. Maintenant, je n’ai rien signé, il n’y a rien d’écrit. Pour l’instant, je suis toujours concentré sur ma saison avec Orléans. Je n’ai pas envie de penser à tout ça maintenant ». Mais il avoue toutefois. « Je suis ouvert à toutes les propositions. Mais l’objectif pour moi est d’essayer de jouer au plus haut niveau français ». C’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter !