Il appartient à un PSG d’un autre temps. Un PSG d’une autre époque. Lui ? C’est Boukary Dramé. Arrivé au club francilien en 2000, il a disputé ses premiers matches en professionnel lors de la saison 2005-2006. Dix ans plus tard, le Sénégalais retient énormément de choses de son passage dans la capitale. « Pendant mes premières années en tant que professionnel, j’ai beaucoup appris. C’était une période malgré tout difficile. J’ai eu affaire en peu de temps à plusieurs entraîneurs. C’était aussi à une époque où il y avait un supporter qui était décédé après un match en Coupe d’Europe. Ça m’a forgé pour la suite ». Une suite que Dramé a écrit loin de la capitale : « J’arrivais à un an de la fin de mon contrat (en 2007), Paris voulait me prolonger. Il y a eu deux offres de Nice et Sochaux. Paul Le Guen avait pris la place de Guy Lacombe. Il m’a fait comprendre que pour moi, c’était mieux de partir. J’ai demandé un peu conseil aux plus anciens comme Luyindula, Diané, Traoré et Pancrate. J’étais jeune, j’avais besoin de jouer pour progresser. À l’époque, je ne me voyais pas jouer ailleurs qu’à Paris. Le foot a fait que j’ai dû partir ».

Malgré cela, il n’a pas oublié son club de cœur. Un club qui a énormément évolué depuis 2011 et l’arrivée de QSI. « D’un côté, je suis très content. Ils ont remporté pas mal de titres. Maintenant, on en attend un en Coupe d’Europe. Ça devient de plus en plus primordial. Paris commence à devenir un grand d’Europe. Mais le PSG a perdu au niveau des supporters. Quand on regarde le public parisien maintenant, ce sont plus des peoples. Dans les tribunes, on montre maintenant les stars qui viennent de partout dans le monde. Ça va avec cette évolution, c’est normal. Les grands clubs sont un peu comme ça. On ne peut pas tout avoir en même temps. Il faut savoir ce que l’on veut. Si on veut que Paris gagne des titres et devienne un grand d’Europe, ce sera comme ça. C’est une organisation à avoir au niveau du club, des supporters pour que ça revienne ». L’ambiance du Parc des Princes manque visiblement à Boukary Dramé. Après des passages par Sochaux et la Real Sociedad, le latéral gauche a pu découvrir et vivre une nouvelle ferveur en s’envolant pour l’Italie. Au Chievo Vérone tout d’abord, puis à l’Atalanta Bergame où il évolue depuis 2014. « Les supporters sont géniaux ici. Il y a une ferveur particulière ».

Un joueur courtisé par la Lazio cet hiver

Mais pas que. « En Italie, l’Atalanta est un club réputé, très bien structuré. Les installations sont nickel. Je n’avais jamais connu ça en France. Même à Paris, à l’époque, ça n’avait rien à voir. Après les gros de Serie A, c’est un bon club. Ça peut être un bon tremplin pour moi ». Car la Serie A reste, malgré ce que l’on peut dire, un championnat d’un bon niveau à écouter Boukary Dramé : « J’ai joué en France et en Italie, c’est totalement différent. On a l’impression qu’ils jouent leur vie à chaque match ici. En France, on parle surtout des grosses équipes italiennes comme la Juventus, la Roma, etc. Malgré ce qu’on peut dire, c’est un championnat qui reste à un niveau élevé. Même le dernier peut tenir en échec le premier. Même s’il y a peut-être moins d’enthousiasme à regarder le match, je peux vous dire que sur le terrain il y a une certaine intensité. Ça reste pour moi un grand championnat. Il y a des joueurs de qualités ». D’ailleurs, un en particulier a retenu l’attention de l’ancien Parisien : « Il y a beaucoup de joueurs qui m’ont impressionné en Italie. Mais Paul Pogba m’impressionne beaucoup, car quand je le vois jouer, j’ai l’impression qu’il joue dans la rue. Il fait de très grandes choses avec une facilité technique que tu ne vois pas chez tout le monde ». La Pioche appréciera certainement d’autant que les deux hommes se croiseront le 6 mars prochain.

Un match qui sera important pour une formation de Bergame qui pointe actuellement à la 13ème place du classement : « On veut se maintenir. Si on peut faire mieux, on essayera. Mais on cale en ce moment. On veut essayer de terminer dans la première partie de tableau ». Un objectif tout à fait abordable pour Dramé qui a aussi des ambitions personnelles : « Je ne vais pas mentir, ma première année en Italie a été difficile. Je pense que tout est dans la tête. Année après année, en apprenant la langue, en comprenant les mentalités et les façons de faire, je me suis adapté. Chaque année, ça a été de mieux en mieux. Je suis bien en Italie. Je ne me vois pas partir ailleurs si c’est pour aller dans un club moins huppé ou retourner en France ». Lors du mercato d’hiver, la Lazio Rome avait Dramé à l’œil. « J’ai demandé et apparemment la Lazio cherchait à mon poste. Ils attendaient de dégraisser et de se séparer d’un ou deux joueurs, ce qui n’a pas été fait. À partir de ce moment-là, ils ne pouvaient pas se permettre de recruter ». Un club qui a tout de même le genre de projet qui peut plaire à Dramé : « La Lazio, on connaît tous le niveau de ce club. C’est un club qui aurait pu me faire passer un cap. C’est ce que je cherche. Moi je suis bien en Italie. Si je reste, c’est pour viser un gros. Partir à l’étranger ? Ça dépendrait où et comment. Tout dépend des propositions qui pourraient arriver ». Un bel appel du pied. La balle est à présent dans le camp des éventuels prétendants...