Real Madrid : la terrible descente aux enfers d'Isco

Encore une fois méconnaissable contre Valence, Isco est en train de se transformer en boulet pour Zinedine Zidane. Depuis deux ans la carrière du milieu de terrain bat de l'aile et ses dernières performances ainsi que sa condition physique ne sont pas là pour rassurer.

Sergio Ramos et Isco (Real Madrid) au duel avec Kang-in Lee (Valence)
Sergio Ramos et Isco (Real Madrid) au duel avec Kang-in Lee (Valence) ©Maxppp
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Symbole du Real Madrid qui gagne, Isco (28 ans) a été pendant des années l'un des joueurs clefs du club merengue. À son actif, quatre Ligues des Champions (2014, 2016, 2017 et 2018) et deux Liga (2017 et 2020) notamment pour pas moins de 16 trophées soulevés avec la Casa Blanca. S'il n'a pas toujours été titulaire, il a toujours été précieux avec en point d'orgue ses saisons 2016/2017 (11 buts et 9 passes décisives en 42 matches) et 2017/2018 (9 buts et 10 passes décisives en 49 matches). Devenant vraiment titulaire dans l'équipe madrilène, le natif de Benalmádena était aussi au sommet en sélection. Son coach du moment Julen Lopetegui décide d'en faire l'un des piliers de l'Espagne en vue de la Coupe du monde 2018. Cela se traduit dans les performances avec notamment un doublé d'Isco contre l'Italie (3-0) en qualifications et même un triplé en amical contre l'Argentine (6-1). Cependant, Julen Lopetegui signera au Real Madrid et sera limogé de la sélection. Sous la houlette de Fernando Hierro, Isco ne se montrera pas au même niveau tout comme la Roja qui sera piteusement éliminée en huitièmes de finale par la Russie (1-1, 4-3 aux tirs au but). Malgré cet échec en sélection, les signaux restent positifs pour le joueur. Surtout qu'il va retrouver en club l'homme qui a tiré le maximum de son potentiel, Julen Lopetegui.

Nommé à la tête du Real Madrid, le coach espagnol entend plus tenir le ballon et présenter un club merengue davantage dans la maîtrise. Isco apparaît donc comme l'un des joueurs clefs de ce renouveau madrilène. Surtout que Cristiano Ronaldo est parti à la Juventus et que Gareth Bale reste alors très fragile. Mais la greffe ne prendra pas. Après de bons premiers matches, le projet de jeu de Julen Lopetegui ne prend finalement pas et le groupe merengue n'adhère pas au discours du coach. Isco lui va être victime d'une appendicite qui lui fera manquer plusieurs matches importants. Revenu contre Levante lors d'une défaite (2-1), c'est impuissant qu'il s'inclinera avec ses partenaires contre le FC Barcelone (5-1). Une humiliation qui mettra alors fin au séjour de Julen Lopetegui sur le banc du Real Madrid. C'est alors que Santiago Solari se retrouve propulsé entraîneur. Ce dernier ne va pas être très fan d'Isco et va pointer du doigt son investissement ainsi que sa condition physique. Santiago Solari avait même demandé chaque lundi à ses joueurs de passer sur la balance et Isco dont le poids de forme n'était pas au rendez-vous a toujours refusé. Souvent sur le banc et jamais titulaire en Liga avec le coach espagnol, Isco vit alors une relation tendue avec son coach et ce dernier décide de ne pas le titulariser lors du match retour contre l'Ajax Amsterdam en huitième de finale retour de Ligue des Champions.

Une condition physique qui questionne

La goutte de trop pour Isco qui refuse de monter dans le but et ne sera pas dans le groupe dans ce match. «Nous gérons les problèmes de discipline en interne. Pour jouer, il faut d'abord se mettre en forme, puis en compétition, c'est inexorable» avait lâché son coach de l'époque en mars 2019. Une remontrance sur l'état de forme d'Isco qui placardise un peu plus le joueur. Sauf que le milieu espagnol se voit offrir une nouvelle chance. Suite à ses mauvais résultats et une élimination par l'Ajax Amsterdam en huitième de finale de Ligue des Champions, Santiago Solari doit laisser sa place sur le banc à Zinedine Zidane. Le Français qui avait fait progresser Isco et en avait tiré bénéfice lors des meilleures années de l'Espagnol voulait le relancer. Le joueur était alors motivé et savourait le retour de son coach : «nous le connaissons tous. En tant que joueur du Real Madrid, il a été impressionnant, comme entraîneur, il a tout gagné. Son retour à Madrid est une bonne nouvelle pour tous. Le fait de le voir revenir maintenant en dit beaucoup sur lui. Il aime le Real Madrid et j’espère qu’il va pouvoir nous aider à retrouver le chemin de la victoire.» En marquant contre le Celta de Vigo puis Huesca, le milieu de terrain espagnol rendra sa confiance à Zinedine Zidane et l'espoir était permis lors de la saison 2019/2020.

Voulant s'appuyer sur son joueur, Zinedine Zidane va rapidement se rendre à l'évidence. Isco n'est plus l'ombre que lui-même. Touché au biceps crural, il manque le début de saison et sera souvent à court physiquement. Revenu en décembre 2019 et janvier 2020 dans l'effectif lorsque le Real Madrid décide de passer avec 5 milieux autour de Karim Benzema, Isco retrouve des sensations, mais la pandémie de Coronavirus mettra fin à sa lancée. Depuis, le milieu espagnol a connu plein de petits pépins musculaires. Depuis trois ans, il comptabilise pas moins de 10 blessures et a été sur le flanc pendant 129 jours. Une fragilité récurrente alors que le joueur n'était pas ou peu sujet aux blessures auparavant. Peu utilisé en ce début de saison avec 5 matches à son actif (0 en Ligue des Champions) dont 2 titularisations contre Valladolid (1-0) et Cadiz (défaite 1-0) avant d'affronter le Valence CF, Isco se savait clairement scruté.

La fin des soirées d'Isco à Madrid ?

«Ce qu'il doit faire, c'est continuer à travailler. J'insiste là-dessus avec lui. Ce n'est pas un problème de la part d'Isco, mais celui de l'entraîneur. Dernièrement, je ne l'ai pas fait démarrer. Il est entré un peu en jeu et ne joue pas beaucoup. J'insiste avec lui pour qu'il continue à travailler. Il traverse un moment compliqué, mais il a eu de très bons moments aussi. Je ne vais pas l'occulter. Il aura l'occasion de se montrer. Nous aurons de nombreux matches à venir même s'il ne joue pas beaucoup actuellement» expliquait son coach avant le match bien convaincu de pouvoir compter sur celui qui a longtemps été un référent technique. Pourtant avant le match contre les Murciélagos, il était le 19e joueur de l'effectif en termes de temps de jeu et des joueurs comme Eden Hazard, Martin Odegaard et Alvaro Odriozola qu'il devançait doivent ce faible temps de jeu aux blessures.

Contre Valence on a encore vu un Isco très limité. S'il a pu rester sur la pelouse jusqu'à la 83e minute et son remplacement par Luka Jovic, le milieu de terrain a encore déçu. Il est le Madrilène qui a perdu le plus de ballons (10) et a remporté que 16,7% de ses duels. Des chiffres faméliques auxquels on peut ajouter un impact quasi inexistant dans le jeu de son équipe. «Isco était sans importance, car il était perdu et il a été d'une passivité sans précédent. L'homme de Malaga est physiquement à un point très bas» n'hésitait pas à constater AS après la rencontre. Convoqué de façon assez étrange en sélection alors qu'il n'y avait plus évolué depuis le 10 juin 2019 et une victoire contre la Suède (3-0), Isco semble empêtré dans une situation bien compliquée. Loin de la jeune pépite de Malaga ou du prometteur milieu espagnol qui accompagnait le Real Madrid dans ses succès européens, il va devoir vite inversé la courbe. Pourtant seulement âgé de 28 ans et sous contrat jusqu'en juin 2022 avec le Real Madrid, il dispose encore de belles années dans sa carrière. À condition qu'il soit bien plus rigoureux physiquement et qu'il retrouve le niveau qui était le sien. Ce n'est pas gagné.

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