Aaron Boupendza : «le football c'est aussi voyager et découvrir de nouvelles cultures»

Par Aurélien Macedo
10 min.
Aaron Boupendza : «le football c'est aussi voyager et découvrir de nouvelles cultures» @Maxppp

Formé aux Girondins de Bordeaux avant d'exploser en Turquie à Hatayspor lors de la saison 2020/2021 (22 buts en 36 matches de championnat), Aaron Boupendza a continué sa carrière au Qatar et en Arabie-Saoudite. L'attaquant international gabonais de 26 ans est revenu pour Foot Mercato sur son début d'aventure du côté d'Al-Shabab mais est aussi revenu sur ses différentes expériences, son lien avec les Girondins de Bordeaux ou encore son modèle Pierre-Emerick Aubameyang.

Foot Mercato : la saison démarre bien pour vous avec 3 buts et 3 offrandes en 6 matches avec Al-Shabab et vous restez sur un doublé en match amical. Vous êtes en tête du championnat d'Arabie Saoudite. Vous ne pouvez pas rêver mieux pour cette nouvelle expérience ?

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Aaron Boupendza : bien sûr, je me sens super bien, j'ai été bien accueilli par le groupe dans lequel tout le monde s'entend bien. On a une équipe de qualité avec des joueurs qui ont réalisé de grandes choses en Europe. Je me nourris de leur expérience. Quand vous côtoyez des Banega, des Krychowiak, c'est une grande opportunité pour progresser et ils me mettent dans de bonnes conditions en ce début de saison.

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FM : évoluer avec des joueurs de cette classe, c'est idéal pour s'exprimer quand on est attaquant ...

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AB : c'est ça, ça fait plaisir, ils ont de l'expérience par rapport à leur parcours en Europe. Je m'en sers pas mal afin de performer pour aider l'équipe.

FM : comment avez-vous accueilli l'approche d'Al-Shabab cet été ?

AB : je me sens bien, je ne me la coule pas douce, car c'est un championnat moins huppé. Comme en Europe, il y a un bon niveau, loin d'être ridicule. Certes l'aspect financier comme tout choix de carrière a été important. C'est le cas dans tous les métiers, pourquoi ce ne serait pas le cas dans le football ? Nous sommes tous des hommes avec des familles et nos expériences personnelles. Il est normal de prendre en compte l'aspect financier, surtout dans une carrière courte. Quand Al-Shabab est arrivé avec un bon contrat, mais aussi de bonnes ambitions sportives et avec un projet cohérent par rapport à la saison, je me suis dit pourquoi pas. Ils m'ont fait confiance et étaient prêts à me faire confiance.

«C'est aussi important pour moi sur le plan humain afin de grandir en tant que sportif et en tant que personne !»

FM : et puis au-delà de l'aspect financier, il y a la possibilité de gagner un titre, ce qui reste un aboutissement dans une carrière ...

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AB : on espère, on a une superbe équipe. On a pour objectif d'aller chercher un titre pour nos supporters. On est déjà en tête du championnat avec 7 victoires et 1 nul (1er avec 22 points et trois longueurs d'avance sur Al-Nassr ndlr) et on souhaite conserver cette place.

FM : vous avez changé de club récemment, ce changement n'a pas été trop compliqué avec ce passage du Qatar (Al-Arabi SC) à l'Arabie Saoudite (Al-Shabab)?

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AB : non, non, le football c'est aussi voyager, découvrir de nouvelles cultures, d'essayer de sortir de sa zone de confort. J'ai déjà vécu dans six pays différents (Gabon, France, Portugal, Turquie, Qatar et Arabie Saoudite ndlr). Certains vont dire que c'est un manque de stabilité, je vois ça comme une opportunité de vivre de ma passion tout en découvrant de nouvelles choses. C'est aussi important pour moi sur le plan humain afin de grandir en tant que sportif et en tant que personne. Ma saison à Hatayspor était un tremplin pour me faire connaître. J'ai reçu un certain nombre d'offres cet été. Je remercie d'ailleurs les clubs qui m'ont sollicité. Je voulais découvrir un nouveau challenge. Je me suis lancé un nouveau défi. Après la Turquie et le Qatar, Al-Shabab s'est présenté à moi et je me suis dit que découvrir un nouveau pays était important pour moi. J'avais besoin de nouveaux horizons.

FM : ce goût du voyage est quelque chose que vous avez en vous depuis longtemps où cela s'est révélé avec les années ?

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AB : on a envie d'apprendre en tant qu'humain, découvrir de nouveaux pays, de nouvelles cultures et s'adapter à un nouveau mode de vie tout en restant focus sur ses objectifs. Voyager, découvrir, ça me grandit et ça me fait apprendre de nouvelles choses. Aussi en tant que footballeur sur la capacité à s'adapter à de nouveaux lieux, de nouveaux championnats. C'est ce dont j'avais besoin et je me sens bien.

FM : on voit quand même que malgré vos changements réguliers de clubs, le passage en Turquie à Hatayspor vous a bien aidé et que depuis vous arrivez mieux à vous adapter ...

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AB : oui bien sûr, j'avais à Bordeaux des supporters et des dirigeants qui m'ont permis de découvrir le nouveau professionnel et qui ont été là pour moi, je les en remercie pour ce qu'il m'ont apporté. Ces expériences à Ajaccio et Pau m'ont permis de grandir et d'apprendre. Pour moi c'était de bonnes expériences qui m'ont permis de grandir sur le plan professionnel et footballistique. Je ne regrette pas ce passage dans ces différents clubs. Et si cela ne s'était pas passé ainsi, je ne pense pas que j'aurais connu une aussi belle saison en Turquie. J'ai appris et je continue d'apprendre. Avec du recul tu fais le vide et tu te poses des questions. Je me libère de plus en plus depuis mon passage en Turquie. Ça m'a fait vraiment du bien et j'espère continuer sur cette lancée. J'ai aimé cette expérience, les gens sont adorables et tu as envie de tout donner pour eux. La Turquie a été une expérience magnifique.

FM : cela a dû être un accélérateur sur le plan de la maturité et vous permet d'être plus rôdé aujourd'hui face aux défis dans le football et dans la vie ?

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AB : sur le plan personnel et professionnel, ça m'a beaucoup aidé. Que ça ait bien fonctionné ou non, ça m'a apporté. Chaque expérience est bonne à prendre.

«Aubameyang est typiquement le joueur de classe mondiale qui me donne la motivation !»

FM : outre votre carrière en club, vous avez réussi à devenir un élément important de la sélection gabonaise avec 28 capes (5 buts) et un rôle de plus en plus majeur ...

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AB : pour moi c'était toujours une fierté de jouer avec la sélection et il ne faut pas prendre son statut pour acquis. C'est une mission qui me tient à cœur. On a des supporters qu'on veut rendre fiers. On sort d'une Coupe d'Afrique des Nations honorables où on a montré de belles choses dans un contexte difficile et on est tombé les armes à la main. On peut retenir de bonnes choses pour l'avenir.

FM : d'ailleurs, cette Coupe d'Afrique des Nations 2021 avait été surprenante dans un groupe difficile avec le Maroc et le Ghana et vous terminez invaincus ...

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AB : on ne partait pas favori face aux grandes nations présentes dans notre poule, mais on s'est battu. On a essayé de tout donner sur le terrain en prenant en compte qu'il n'y a pas de petites équipes. On a pris chaque match comme une finale pour passer au tour suivant. C'est une satisfaction et on ne regrette pas ce parcours. C'est sûr que ce genre de compétition permet de forger un bon groupe. On se connaît, c'est une belle génération. On s'était dit ça passe ou ça casse. On avait l'objectif de briller pour la nation et pour le soutien de nos supporters. J'espère que ça va continuer. Le groupe se régénère avec une belle dynamique.

FM : quels joueurs vous ont servi d'exemples au fil de votre carrière ?

AB : j'ai évolué avec beaucoup de joueurs, mais en sélection, j'ai pu évoluer avec Aubameyang qui est une légende au Gabon, mon capitaine et quelqu'un d'extraordinaire. J'essaye toujours de tirer un maximum de son expérience. C'est une icône au pays et qui m'a donné envie d'être professionnel, j'essaye de tirer le maximum de ses qualités. Aubameyang est typiquement le joueur de classe mondiale qui me donne la motivation et sur qui je compte beaucoup en sélection pour apprendre.

FM : Aubameyang c'est la plus grande star du football gabonais, évoluer avec lui ça doit faire quelque chose ?

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AB : c'est un grand frère qui donne beaucoup de conseils et avec qui on échange beaucoup. Il donne beaucoup de motivation autour de lui. Il est un modèle pour les jeunes gabonais, c'est une idole pour le pays, ce qu'il fait pour le Gabon c'est grandiose. Il est à l'écoute en plus.

FM : la Coupe du monde au Qatar va débuter, vous avez habité au Qatar, est-ce que vous sentez un engouement autour du football ?

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AB : je ne m'attendais pas à un accueil aussi chaleureux des supporters que je remercie. Ça donne envie de tout donner pour eux, ils sont à fond derrière toi. Ça se ressentait déjà au sein du championnat du Qatar et autour du pays. Cette compétition sera grandiose et ils ont tout fait pour faire vivre de bons moments aux supporters. C'était une expérience magnifique pour moi et si c'était à refaire je le referais.

«Pourquoi pas revenir un jour en Ligue 1»

FM : pour la suite de votre carrière, est-ce que vous avez des objectifs particuliers ?

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AB : je ne ferme la porte à rien, j'ai eu des contacts notamment en Angleterre, mais pourquoi pas montrer que je peux revenir en Europe et montrer que je peux évoluer dans les plus grands championnats. Il y a des pays que j'aimerais visiter et y évoluer sur le terrain, mais actuellement je me concentre sur Al-Shabab. Je suis sous contrat avec eux et pour l'avenir, cela reste très ouvert.

FM : un retour en France c'est envisageable ?

AB : oui bien sûr, j'ai envie de vouloir montrer mes qualités et ma capacité de m'adapter. Pourquoi pas revenir en France où vit ma famille et j'y reviens. Je suis le championnat français à distance, il m'a permis de découvrir le monde professionnel. Pourquoi pas revenir un jour en Ligue 1.

FM : changer régulièrement de pays alors que sa famille vit en France

AB : ça va, ce n'est pas un problème conséquent. Il faut faire des sacrifices pour réaliser ses objectifs. Si j'ai choisi ce métier, c'est aussi pour voyager et vivre des expériences. Ma famille vit bien et personnellement je peux les voir et ils peuvent me voir. Cet aspect n'est pas un problème. Ça rend les moments ensemble encore plus forts, intimes et puissants.

FM : Bordeaux est descendu en Ligue 2 et se bat pour monter en Ligue 1, est-ce que vous suivez le club et avez-vous gardé un lien avec les Girondins ?

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AB : j'ai toujours des contacts et des amis. Dernièrement j'ai été voir un match au Matmut, je les suis, je regarde leur bon début de saison, c'est un jeune groupe et j'ai toujours eu cet attachement pour les Girondins de Bordeaux. Je pense qu'ils pourront faire de bonnes choses cette saison et pourquoi pas remonter en Ligue 1. Je crois en ce club, cette équipe et ces supporters qui ont toujours été là. C'est une équipe qui est toujours dans mon cœur.

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