Ligue 2

Champion d’Europe français, exs du PSG et de l’OM… qui sont les visages de la sensation Le Mans en Ligue 2 ?

3es de Ligue 2 à la mi-saison, les Manceaux impressionnent autant qu’ils séduisent. Tour d’horizon des visages derrière cette insolente réussite.

Par Jordan Pardon
7 min.
Le Mans @Maxppp

Il fallait une sacrée dose d’audace pour imaginer Le Mans s’installer sur le podium de Ligue 2 à la mi-saison. Après 17 journées, le promu sarthois s’est pourtant bien invité à la troisième place, à hauteur de Saint-Étienne, l’une de ses très nombreuses victimes depuis trois mois (Le Mans s’était imposé 2-1 à Geoffroy Guichard en octobre).

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Cela fait désormais 15 matchs que les Sang et Or n’ont plus connu les tourments de la défaite, et ils ont bien l’intention de maintenir le cap pour lancer leur année 2026. Elle débutera le 3 janvier avec la réception de l’ASSE à Marie-Marvingt, probablement à guichet fermé pour l’occasion (plus de 21 000 places ont déjà été vendues). Avant cette rencontre, zoom sur les protagonistes qui symbolisent la réussite mancelle en ce début de saison.

Nicolas Kocik, le champion d’Europe du groupe

Le Mans et Nicolas Kocik, c’est comme une histoire écrite d’avance. Vainqueur de l’Euro U17 en 2015 aux côtés de Dayot Upamecano, Jonathan Ikoné, Odsonne Edouard ou encore Luca Zidane (dont il était la doublure), le portier de 27 ans n’a trouvé son bonheur nulle part ailleurs qu’en Sarthe. Prêté par Valenciennes en 2018 lors de la première remontée des Sang et Or en Ligue 2, il était revenu quatre ans plus tard, libre de tout contrat.

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Après s’être affirmé comme l’un des acteurs majeurs du rebond du club l’an passé (13es de National à la 13e journée, les Sarthois avaient fini 2es), Kocik confirme aujourd’hui à l’étage supérieur. Car si l’équipe de Patrick Videira affiche la 4e meilleure défense du championnat à mi-parcours, elle le doit en partie aux arrêts de son gardien, décisif dans des matchs indécis comme face au Red Star, Nancy, Laval, ou même l’ASSE.

Harold Voyer, l’ex-titi parisien

Arrivé d’Avranches à l’été 2022 en même temps que Kocik, Harold Voyer est lui aussi en train de se bâtir une solide réputation en L2. Issu de la génération 97 du PSG comme Christopher Nkunku, Jean-Kévin Augustin ou encore Fodé Ballo-Touré, le défenseur de 27 ans a en revanche eu un parcours plus progressif que fulgurant, la faute, en partie, à une rupture des ligaments croisés durant sa formation. Il ne s’était pas vu offrir de contrat pro à Paris jusqu’à son départ en 2017, pas plus qu’à Lens où il avait passé une saison avec la réserve entre 2019 et 2020.

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« Je suis entré au PSG en débutant. J’ai fait toute ma jeunesse au club, jusqu’à stagiaire pro. J’arrive au club bien avant la reprise par le Qatar. Mais j’ai vu le changement avec le rachat. On voyait chaque fois un recrutement plus fou que l’autre : Ancelotti, Ibrahimovic, Neymar, Mbappé jusqu’à Messi », confiait-il à Ouest-France avant le 1/8e de finale de Coupe de France entre Le Mans et le PSG la saison dernière (0-2). Cette saison, le solide gaucher s’impose comme un intouchable aux côtés de Theo Eyoum et Samuel Youhou, les deux joueurs de champ les plus utilisés par l’entraîneur Patrick Videira. Voyer était devenu international martiniquais la saison dernière.

Les Lucas, ça cavale

Les latéraux de Ligue 2 n’ont pas pu l’ignorer : au Mans, ça cavale sur les côtés. Attendu au départ à son retour de prêt de Villefranche cet été, Lucas Calodat a finalement su convaincre Patrick Videira de l’installer dans son couloir gauche comme piston. Et on ne peut guère contester la réussite de ce choix. Le gaucher de 23 ans, issu de la génération 2002 de l’ASSE comme Louis Mouton, Saidou Sow, Maxence Rivera ou encore Marvin Tshibuabua, avale les kilomètres et s’est montré décisif dans des matchs de haut de tableau (2 buts et 2 passes décisives face à Troyes, l’ASSE et Dunkerque). Pas un hasard si plusieurs clubs néerlandais, français et portugais le surveillent.

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Sa réussite ne fait en revanche pas les affaires de Leroy Abanda, ancien grand espoir de Monaco parti rejoindre l’AC Milan à 18 ans. Arrivé cet été après un passage à Suwon, en Corée du sud, le latéral gauche aujourd’hui âgé de 25 ans n’a plus joué en championnat depuis septembre (il avait été passeur décisif lors de la première journée contre Guingamp). On ne peut pas en dire autant de Lucas Buades, l’animateur du couloir droit sarthois. Le joueur de 27 ans n’a plus quitté le onze manceau depuis trois mois (sauf lors du match nul 1-1 face à Laval), et cette stabilité accompagne l’excellente dynamique de l’équipe qui n’a plus perdu depuis 15 matchs. L’ex-Ruthénois s’est imposé comme l’un des meilleurs pistons droits de Ligue 2, et est suivi en D2 allemande.

Edwin Quarshie, le maître des horloges au milieu

Milieu de terrain le plus utilisé par Patrick Videira cette saison, Edwin Quarshie a dû se mettre en quatre pour arriver jusqu’ici. Passé par le centre de formation de Reims, mais aussi par le club sarthois de Sablé (N3), le joueur de 30 ans a inscrit le premier but de cette saison de L2 face à Guingamp (3-3), et sûrement l’un des plus beaux : une reprise de volée à l’instinct venue se loger sous la barre. Sur les derniers matchs, sa réussite est aussi celle de Milan Robin.

Passé par les U16 de l’équipe de France aux côtés de Boubacar Kamara, Moussa Diaby, Matteo Guendouzi ou encore Ibrahima Konaté, mais non conservé par Metz en 2021, l’élégant milieu offensif a su se faire violence pour rebondir. Il est la touche de créativité du milieu manceau depuis plusieurs semaines, mais doit être encore plus influent dans la zone de vérité. Après avoir soufflé le chaud et le froid en début de saison, le gamin du coin, Martin Rossignol monte aussi en puissance, comme l’ex-Bordelais Alexandre Lauray. Il faudra aussi suivre la trajectoire du prometteur Izhak Hammoudi dans les prochains mois.

William Harhouz, de la N3 et la Kings League, à la L2

Son parcours défie tous les pronostics et rappelle à quel point la frontière entre le monde amateur et pro reste parfois mince. Passé par le monde de l’évènementiel, et encore joueur de l’US Saint-Maur en N3 la saison dernière (il a contribué à la montée en N2), William Harhouz a vécu huit derniers mois intenses et marquants. L’attaquant de 25 ans, passé sous les radars des centres de formation français, a connu un crochet à la Kings League avant de se voir offrir un test concluant avec Le Mans cet été. Il est le deuxième meilleur buteur de son club en championnat cette saison, avec 4 buts marqués en 11 matchs, à chaque fois en sortie de banc.

Comment ne pas citer aussi le nom de Dame Gueye lorsqu’on évoque de la réussite du Mans ? Recalé par Brest et Auxerre en 2017, l’attaquant sénégalais de 30 ans a dû passer par la Lettonie et l’Algérie avant de se faire un nom dans les catégories inférieures en France. Après une parenthèse à Loon-Plage (R1), Gueye a explosé à Saint-Louis Neuweg (N3), Grasse (N2), avant de confirmer au Mans. Il totalise 5 buts cette saison en L2. C’est deux de plus que son partenaire d’attaque Antoine Rabillard, formé à l’OM et même lancé en pro par Michel. S’il n’y a joué que 5 matchs de Ligue 1, Rabillard avait eu le temps de marquer un soir de janvier 2016, assurant le point du nul à Marseille face à Lille dans le temps additionnel. Ce même temps additionnel qui sourit si bien aux Manceaux, buteurs à cinq reprises cette saison après la 90e minute. Un record dans les 5 grands championnats européens et leurs deuxièmes divisions.

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