Ligue des Champions

Manchester City : le traitement de Rayan Cherki écœure l’Angleterre

Mardi soir, Manchester City va jouer sa survie en Ligue des Champions. Les Skyblues pourront compter sur Rayan Cherki, que l’Angleterre réclame.

Par Dahbia Hattabi
6 min.
Rayan Cherki avec Manchester City @Maxppp

Le meilleur entraîneur du monde. Pour beaucoup, Pep Guardiola est encore et toujours le numéro 1 dans son domaine. Mais ce n’est pas forcément l’avis de tout le monde. Mercredi dernier, l’ancien coach du FC Barcelone et du Bayern Munich en a pris pour son grade après la défaite de son équipe en Ligue des Champions face à un Real Madrid pourtant largement diminué (3-0). Sa composition d’équipe et ses choix tactiques ont notamment été pointés du doigt par la presse anglaise, qui n’a pas compris la présence de Savinho ou encore celle d’Antoine Semenyo dans le onze de départ. Les absences de Phil Foden et de Rayan Cherki ont aussi surpris. Guardiola s’est expliqué sur le sujet face aux médias vendredi dernier.

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« Avons-nous gagné ou perdu contre le Real Madrid ? Dans ce cas, c’était un mauvais choix. Avons-nous gagné ou perdu contre Newcastle ? Nous avons gagné. Donc, le choix était bon. Je réfléchis toujours aux décisions, que ce soit pour la Carabao Cup ou la FA Cup, en pensant à ce qui est le mieux pour l’équipe. » Ce lundi, à la veille de la manche retour face aux Merengues à l’Etihad Stadium, l’Angleterre évoque de nouveau le coaching de l’Espagnol, qui se complique souvent la vie tout seul alors que des choix plutôt évidents sont à faire. La gestion du Français Rayan Cherki est notamment évoquée. Arrivé de l’autre côté de La Manche lors du dernier mercato d’été, le joueur formé à Lyon a rapidement réussi à se mettre en évidence.

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Une gestion incompréhensible

Auteur de 9 buts et de 10 passes décisives, il a participé à 39 rencontres toutes compétitions confondues (1990 minutes), dont 21 dans la peau d’un titulaire. Mais lors des trois dernières sorties des Skyblues, il a débuté sur le banc avant d’entrer en jeu. C’était le cas face à Newcastle, le Real Madrid et West Ham, durant le week-end. Au-delà des statistiques, l’international tricolore, qui doit parfois faire preuve de plus de régularité, apporte un vrai truc en plus à son équipe, avec sa technique ravageuse. Guardiola n’hésite d’ailleurs pas à rappeler qu’il est l’un des joueurs les plus talentueux qu’il a vus durant sa carrière. Un compliment qui vaut son pesant d’or venant d’un tacticien qui a notamment dirigé Lionel Messi.

Malgré cela, Cherki, qui reçoit souvent des leçons de son coach sur le terrain après les matches, n’est pas un titulaire en force. Il doit faire face à une concurrence accrue. Et pourtant, le joueur de 22 ans a des atouts et mériterait d’enchaîner. Questionné au sujet de la gestion de l’ex de l’OL, Pep Guardiola s’est montré clair. « C’est pour l’équilibre de l’équipe. Avec Erling, Cherki et Jeremy (Doku), nous sommes déséquilibrés. Nous avons besoin de stabilité. J’adore jouer avec Rayan. Son impact est incroyable. Il n’a pas toujours la même vitesse qu’Antoine (Semenyo) ou Nico O’Reilly, quand il arrive dans la surface. Je cherche le meilleur moyen d’assurer la stabilité et la régularité de l’équipe. » La presse anglaise n’est pas du même avis, à l’image du Daily Mail qui ne comprend pas à quoi il joue avec le Frenchy.

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L’Angleterre réclame Cherki

« Pep Guardiola doit mettre fin à son utilisation étrange de Rayan Cherki : comment il surpasse des stars en difficulté et pourquoi le moment est idéal pour le lancer. (…) Le choix des joueurs a été un sujet particulièrement épineux pour Pep Guardiola ces derniers jours. Guardiola reste attentif aux discours, laissant entendre vendredi qu’il avait perçu du mépris à l’égard de son onze de départ à Newcastle United, avant d’affirmer qu’il n’utilisait pas les réseaux sociaux et que les tweets ou commentaires offensants lui étaient plutôt transmis par les dirigeants du club (…). Guardiola souligne d’ailleurs, à juste titre, que personne d’autre n’observe ses joueurs s’entraîner quotidiennement, ni ne sait ce qu’ils ressentent. Il a laissé entendre que les ajustements tactiques qui influencent les victoires sont souvent considérés comme la norme, à tort.»

Le DM poursuit : « il a raison sur toute cette ligne. Mais il doit se creuser la tête pour trouver comment City peut intégrer Rayan Cherki à cette équipe, car samedi, on a encore vu deux versions : une avec lui et l’autre sans. En termes d’occasions et de dangerosité, une seule équipe l’a emporté. Le fait qu’il n’ait été titularisé que deux fois lors des six derniers matches de Premier League, alors que City évolue dans un système qui devrait lui convenir parfaitement, paraît quelque peu curieux, d’autant plus face à des blocs bas. Compte tenu notamment de son impact à West Ham, Guardiola a justifié son choix en expliquant pourquoi il ne pouvait pas titulariser plus régulièrement Cherki, qu’il a décrit comme étant sans aucun doute le meilleur joueur de l’équipe dans les espaces dangereux autour d’Erling Haaland. Il est encore en train d’intégrer toutes ces nouvelles recrues, mais le talent de Cherki est indéniable. »

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Le Frenchy mérite mieux

Face aux Hammers, Cherki, entré à la 60e minute de jeu, a parfaitement su trouver Erling Haaland, qui a pu avoir une belle occasion après avoir erré comme une âme en peine. Son entrée en jeu a été saluée par le Manchester Evening News, qui lui a donné la note de 7, soit la meilleure note avec certains de ses coéquipiers qui étaient titulaires. « Cherki a donné à City quelque chose de nouveau », a écrit le MEN. The Athletic a aussi apprécié son apport. « L’entrée en jeu de Rayan Cherki a permis à Haaland de retrouver son rôle. Presque aussitôt, Cherki a offert une occasion en profondeur à l’international norvégien, mais Hermansen a réalisé une belle parade. » Il a permis au Cyborg de repartir de l’avant. The Daily Mail a aussi été séduit par sa prestation.

« Le Français a eu une influence plus importante sur le match en 3 minutes que bien d’autres en 60. L’équipe de City a retrouvé du souffle, un jeu plus frais grâce à un joueur capable de prendre ses responsabilités et de dicter le jeu. Cherki a failli marquer d’une demi-volée. L’équipe de Guardiola aurait dû gagner le match grâce à l’apport de Cherki, comparable à celui du leader du championnat en termes de passes décisives par 90 minutes, Bruno Fernandes. (…) Guardiola pourrait bien vouloir le titulariser demain. » Mais rien n’est sûr avec le coach catalan, qui fait des choix parfois très surprenants. De son côté, Rayan Cherki prend son mal en patience, conscient qu’il est encore en phase d’apprentissage et d’adaptation. « Il est peut-être plus dur que les autres entraîneurs, mais il aime tous les joueurs. Nous avons une bonne relation. On rigole et on parle souvent. Il est dur avec moi. Je suis dur avec lui aussi, c’est important pour moi », a-t-il avoué à France Football. Demain soir face au Real Madrid, il aura l’occasion de montrer qu’il faut compter sur lui si Guardiola le titularise. L’Angleterre n’attend que ça !

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