Vente OM : rappelez-vous Jack Kachkar

Alors que la vente de l'OM agite tout le monde, il est temps de se replonger dans le passé et dans l'histoire absolument loufoque de Jack Kachkar, le vrai-faux repreneur canadien de l'OM au début d'année 2007.

Jack Kachkar avant la rencontre entre l'OM et l'OL
Jack Kachkar avant la rencontre entre l'OM et l'OL ©Maxppp

« Oui, j'ai suivi l'épisode Kachkar. Écoutez, je ne veux pas de photos à la Une de L'Équipe en serrant les deux poings dans les vestiaires, c'est garanti, si ça peut les rassurer. Et même moi, j'ai mis un certain temps à le croire, j'ai bien conscience des choses. Mais je le répète, aujourd'hui celui qui a la réponse, c'est Frank McCourt, et s'il ne souhaite pas vendre, on ne va pas lui mettre un pistolet sur la tête, c'est son choix, et il sera respectable », déclarait récemment Mourad Boudjellal, le porteur du projet de rachat de l'homme d'affaires franco-tunisien. Jack Kachakar, ce nom ne dit probablement rien aux jeunes supporters de l'OM, pourtant c'est une des histoires que seul le club phocéen peut créer.

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Histoire de lever toute ambiguïté, Foot Mercato ne compare pas le projet de Mohamed Ayachi Ajroudi à celui de Jack Kachkar. Il n'est nulle question d'escroquerie, mais plutôt de rappeler un épisode qui a presque quinze années et qui est quand même assez hallucinant. Pour cela, revenons aux bases. En fin d'année 2006, juste après la Coupe du monde de football, une rumeur fait état que l'OM est à vendre. Son propriétaire, Robert Louis-Dreyfus, décédé en 2009, aurait alors mandaté une banque d'affaires, Lazard, afin de trouver quelqu'un pour entrer, partiellement ou totalement, dans le capital du club.

L'apparition de Sven Goran Eriksson

Par conséquent, les rumeurs vont bons trains. Un homme mondialement connu fait une réflexion importante. En effet, Sven Goran Eriksson admet, mi-décembre 2006, faire partie d'un projet de reprise d'un club. Il n'en faut pas plus. À l'époque, on évoque deux potentiels repreneurs. Le premier est un homme d'affaires américain, George Gillett, l'ancien propriétaire des Miami Dolphins et des Harlem Globe Trotters. Le second nom cité est un oligarque russe du nom de Leonard Blavatnik. Mais finalement, un autre nom sort dans la presse française le 19 décembre : Jack Kachkar, un homme d'affaires canadien. Son projet, qui comporterait donc Sven Goran Ekissen, serait le mieux avancé.

En janvier, Sky Sports explique que l'OM est proche d'annoncer de futurs repreneurs et que ce serait le Suédois, ancien sélectionneur de l'équipe nationale d'Angleterre, qui prendrait les rênes de ce tout nouvel OM. Lors de ce même mois, l'actionnaire majoritaire de l'OM informe son président de l'époque, un certain Pape Diouf, qu'il va examiner l'offre du Canadien. Le 10 janvier, SGE explique à Djibril Cissé qu'il sera son nouvel entraîneur à Marseille.

La tournée médiatique de Jack Kachkar

Le 15 janvier, alors que l'offre doit être déposée, RLD repousse de 24h la date limite. Le lendemain, Jack Kachkar envoie une lettre d’évidence de fonds qui lance le processus de cession du club en garantissant que l’acheteur est bien en possession des 115 millions, alors qu'initialement on estimait la vente aux alentours de 100 millions d'euros. « Le football me passionne et je suis tout particulièrement les performances de l’OM depuis longtemps. Ensemble, nous ferons de l’Olympique de Marseille un grand club européen », lâche celui qu'on présente comme le futur patron de l'OM.

À partir de ce moment, la folie commence. Le 18 janvier, il récupère des mains de Franck Ribéry un maillot floqué au nom du Canadien avant d'aller faire un petit tour à la mairie de Marseille. Pire encore, moins de deux semaines plus tard, à l'occasion d'une rencontre de Coupe de France entre l'OM et l'OL, il fait un tour d'honneur dans le stade, avec une écharpe du club à la main. Après la rencontre, il fêtera la victoire des Marseillais en dansant sur une table. Cette image restera à jamais dans l'histoire du club.

Les doutes et la chute

Fin février, les doutes commencent à arriver. Des journaux s'interrogent sur Kachkar alors que ce dernier reporte le rendez-vous pour signer la cession avec Robert Louis-Dreyfus avant de demander deux semaines de plus. Fin février, juste avant son passage devant la direction nationale de contrôle de gestion des clubs (DNCG), Jack Kachkar fournit à RLD de nouvelles garanties financières. En mars, ensuite, tout va rapidement s'enchaîner.

Le 1er, le Canadien annonce qu'un accord final a été trouvé. Ce qui ne va pas du tout à RLD qui rétorque que pour le moment, le prix convenu n'a pas été réglé. Le 22 mars, Jack Kachkar demande un nouveau report. Cette fois, c'est refusé par RLD qui officialise la fin des négociations. « Je prends acte de la position de Robert Louis-Dreyfus. Je reste cependant très engagé dans le projet de rachat de l’Olympique de Marseille », lâche JK, sans qu'on entende plus parler de lui.

Le 15 juin 2011, après une enquête ayant débuté en 2007, soit juste après la fin des négociations avec Robert Louis-Dreyfus pour le rachat de l'OM, Jack Kachkar est condamné par le tribunal correctionnel de Paris pour escroquerie dans l'offre de reprise de l'OM. Il écopera ainsi de 10 mois de prison avec sursis, 50 000 euros d'amende, et 150 000 euros de dommages et intérêts à verser à Margarita Louis-Dreyfus, veuve de Robert Louis-Dreyfus, décédé en 2009. Il lui a été reproché d'avoir fourni à Robert Louis-Dreyfus « des fausses garanties bancaires, ainsi qu'un virement à partir d'un compte non provisionné ».

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