Comment Emanuel Mammana est tombé dans l'oubli

Annoncé il y a quelques années comme le futur patron de l'équipe d'Argentine en défense, Emanuel Mammana a connu une trajectoire bien moins heureuse. Entre un passage en demi-teinte à Lyon, une aventure russe gâchée par les blessures et une Coupe du monde 2018 où il n'a pas pu participer, l'ancien de River Plate est désormais dans une situation très complexe.

Le kinésithérapeute de l'Olympique Lyonnais Patrick Perret avec Emanuel Mammana
Le kinésithérapeute de l'Olympique Lyonnais Patrick Perret avec Emanuel Mammana ©Maxppp

Arrivé de River Plate à l'été 2016 pour remplacer (tout du moins numériquement) Samuel Umtiti parti au FC Barcelone, Emanuel Mammana avait tout de la bonne pioche pour l'Olympique Lyonnais. Doté d'excellentes qualités dans la relance et d'un bon sens de l'anticipation, il souffre néanmoins au niveau de l'impact physique. L'acclimatation est compliquée et sa saison avec les Gones en demi-teinte. Alternant les blessures, les prestations moyennes et quelques belles rencontres, il n'aura joué au final que 25 matchs toutes compétitions confondues avec les Rhodaniens. Il aura certes participé au bon parcours de son équipe en Ligue Europa en se montrant notamment solide sur la double confrontation contre l'AS Roma mais il n’aura finalement jamais réussi à s'imposer sur la durée. Si bien que lorsque le Zenit se présente en juillet 2017 avec un chèque de 16 millions d'euros, Lyon n'hésite pas longtemps avant de vendre l'espoir argentin au club russe engrangeant un bénéfice de 7,5 millions d'euros. C'est donc après une expérience mitigée que le natif de Merlo s'est lancé à la découverte du grand est.

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Il y a un peu plus de deux ans nous vous avions déjà raconté son acclimatation à la Russie et au Zenit. Celle-ci a été bien plus rapide et efficace que lors de son arrivée à Lyon. Déjà il a pu compter sur quatre de ses compatriotes qui sont arrivés en même temps. Le Zenit a misé sur l'Argentine lors de l'été 2017. Ainsi Leandro Paredes (AS Rome), Emiliano Rigoni (Independiente), Sebastian Driussi (River Plate) et Matias Kranevitter (Atlético Madrid) sont venus renforcer l'équipe nouvellement coachée par Roberto Mancini. Un nouveau projet séduisant se met en place. Les débuts sont très intéressants et le Zenit prend rapidement le contrôle du championnat. En Europa League ça se passe très bien avec d'excellents matches et une première place dans un groupe où figurait la Real Sociedad, Rosenborg et le Vardar Skopje. Dans une équipe magnifiée par Aleksandr Kokorin et Leandro Paredes, Emanuel Mammana trouve sa place en défense. Associé au vétéran serbe Branislav Ivanovic ou au Slovène Miha Mevlja, il s'illustre par son aisance technique dans la relance et son placement. Plutôt convaincant et en progrès constant, il va voir l'aventure dans l'ancienne cité des tsars connaître une tournure brutale.

Destin croisés

Si tout partait bien, le Zenit enregistra une longue période de mauvais résultats en championnat peu avant la longue trêve hivernale se retrouvant deuxième à huit points du leader le Lokomotiv Moscou. La seconde partie du championnat sera chaotique. Avec notamment les sollicitations de la sélection italienne autour de Roberto Mancini pour parfaire le décor, le Zenit se retrouvera dans l'incapacité d'enchaîner les résultats positifs. Les désillusions en revanche se succèdent. Dégringolant jusqu'à une cinquième place finale derrière le champion le Lokomotiv, le CSKA Moscou, le Spartak Moscou et le FK Krasnodar, l'équipe d'Emanuel Mammana sort également lors des huitièmes de finale de la Ligue Europa contre le RB Leipzig (défaite 2-1 puis match nul 1-1). Cette élimination, le défenseur argentin va la vivre avec une attelle. Contre Rostov en championnat juste avant le match retour, il s'est blessé après 4 minutes de jeu au genou. Résultat ? Une rupture d'un ligament croisé du genou gauche ainsi qu'une blessure au niveau du ménisque. Le constat est sans appel pour Emanuel Mammana, il ne pourra pas participer à la Coupe du monde 2018 alors qu'il faisait bien parti des plans de Jorge Sampaoli.

Depuis, il n'a redécouvert qu'une seule fois le groupe argentin, à la fin de sa rééducation en novembre 2018. De retour sur les terrains en octobre lors d'une victoire contre le FK Krasnodar (2-1), il a eu du mal à retrouver sa place avec le Zenit. Branislav Ivanovic s'est définitivement imposé dans l'axe (il alternait avant avec le côté droit) alors que Miha Mevlja ou Luis Neto sont associés au Serbe. Ces deux derniers sont loin d'être extraordinaires, mais Emanuel Mammana à court de forme ne parvient pas à en profiter. Le train vient de passer. À l'hiver 2019, le Zenit conscient de ses difficultés défensives va alors mettre la main sur un défenseur fiable Yaroslav Rakitskiy. L'Ukrainien restait sur une décennie en tant que titulaire au Shakhtar Donetsk et a vite mis fin aux problèmes défensifs que rencontrait le Zenit. À partir de là, Emanuel Mammana a vécu la saison sur le banc avec seulement trois matches à se mettre sous la dent lors de la seconde partie de saison 2018/2019. N'étant plus titulaire, il est alors réceptif à une approche de Sassuolo. Pendant plusieurs semaines en fin de mercato, les Neroverdi feront leur possible pour attirer l'ancien Lyonnais dans leurs filets. Alors que tout semble se finaliser, Sergey Semak mettra son veto.

Le coach du Zenit souhaite absolument relancer Emanuel Mammana dont il a confiance en ses qualités. Le prêt de Yordan Osorio défenseur central vénézuélien venu de Porto ne change rien dans l'esprit du coach russe. En effet, Branislav Ivanovic (35 ans au moment des faits, désormais 36 ans) arrive en fin de contrat à l'issue de la saison. Âgé de 23 ans en début de saison (désormais 24 ans), Emanuel Mammana entre donc toujours dans les plans du Zenit qui souhaite lui offrir la possibilité de retrouver à moyen long terme un statut de titulaire indiscutable. Pourtant dans les faits cela ne se matérialise pas puisque l'Argentin ne joue que trois matches (122 minutes) avant de faire une rechute. Victime d'une rupture partielle du ligament croisé antérieur du genou gauche début octobre, il nécessite une nouvelle opération et se retrouve absent pour huit mois. Si l'on fait les comptes, on se retrouve désormais à un peu moins de deux mois de la fin de sa convalescence. Emanuel Mammana aura sûrement une nouvelle possibilité d'affirmer ses qualités et de répondre aux attentes placées en lui depuis plusieurs années. Il reste désormais à savoir si ce sera au Zenit ou bien ailleurs.

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