Bayer : Patrik Schick, le rouleau compresseur des Pillendreher

Étincelant avec la République Tchèque, éliminée en quarts de finale par le Danemark lors du dernier Euro, Patrik Schick reste par ailleurs le grand artisan de ce début de saison remarquable réalisé par le Bayer Leverkusen. Une renaissance pour le grand et élégant attaquant tchèque, parti à l’âge de 20 ans en Italie et qui avait vu son ascension stoppée par un passage raté à l'AS Roma.

La joie de Patrik Schick sous le maillot du Bayer Leverkusen
La joie de Patrik Schick sous le maillot du Bayer Leverkusen ©Maxppp
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«Un buteur affamé» selon Vladimir Darida, le capitaine de la sélection tchèque. «Un joueur exceptionnel, meilleur à certains égards que Ronaldo», s'enflammait même Jaroslav Hrebik, le directeur sportif du Sparta Prague, premier club de Patrik Schick, dans les colonnes du Guardian. Les portrait élogieux à l'égard de l'attaquant international tchèque (33 sélections, 17 buts) ne manquent pas. Et pour cause, ces derniers mois, l'attaquant du Bayer âgé de 25 ans affiche une forme étincelante. Sur la rive orientale du Rhin, à mi-chemin entre Cologne et Düsseldorf, Patrik Schick brille de mille feux sous le maillot des Pillendreher. Auteur de son huitième but en neuf rencontres de Bundesliga lors du nul concédé, dimanche après-midi, face aux voisins de Cologne (2-2), le natif de Prague s'est installé sur le podium des meilleurs buteurs du championnat allemand, juste derrière les deux extraterrestres Robert Lewandowski (10) et Erling Haaland (9). Des performances individuelles XXL permettant, par ailleurs, aux hommes de Gerardo Seoane de pointer à une très belle quatrième place.

Des prestations abouties aux allures de confirmation pour celui avait déjà brillé sous le maillot de la Narodni tym lors du dernier Euro, même si le principal intéressé ne semble pas être en mesure d'expliquer cet état de grâce actuel : «je ne sais pas exactement ce qui a changé. Tout a commencé lors du Championnat d'Europe des nations. J'ai inscrit cinq buts et je suis resté sur cette dynamique en Bundesliga. Je n'ai jamais arrêté de travailler. Je crois en mon travail, je crois en mes capacités. Mais je ne sais pas exactement ce qui a changé», soulignait-il récemment. Quart de finaliste avec la République Tchèque, éliminée par le Danemark (1-2), Patrik Schick, numéro dix dans le dos, avait porté les siens durant toute la compétition, terminant par ailleurs deuxième meilleur buteur du tournoi avec cinq réalisations (à égalité avec Cristiano Ronaldo, premier au nombre de passes décisives). Plus encore, l'ancien de la Sampdoria s'était définitivement révélé aux yeux de l'Europe entière en inscrivant un lob d’extraterrestre de 49 mètres face à l’Écosse, désigné plus beau but par l'UEFA.

Une éclosion tardive pour l'esthète tchèque

À l'aise dans le système proposé par Gerardo Seoane au Bayer Leverkusen, le gaucher des Pillendreher rayonne donc aujourd'hui au sein d'une équipe qui brille par son travail de pressing et se distingue notamment par une intensité de tous les instants dans la récupération et les duels. Une éclosion qui n'en reste pas moins tardive pour le natif de la capitale tchèque. Arrivé en 2016 en Italie, à seulement 20 ans, il régale d’abord la Serie A grâce à son élégance et ses talents de finisseur sous les couleurs de la Sampdoria, en témoignent ses 13 buts et 4 passes décisives en 35 rencontres. Symbole de cette aisance balle au pied, ce contrôle à la «Dennis Bergkamp», en avril 2017, lui permettant de faire un grand pont sur un défenseur de Crotone avant de conclure victorieusement. Des débuts rêvés proches de le propulser à la Juventus, renonçant finalement à le recruter en raison d’une anomalie cardiaque détectée lors de la visite médicale. Une précaution que ne prendra pas la Roma...

Débarquant sur les bords du Tibre pour environ 42 M€, un record pour la Louve, son transfert se transforme rapidement en un échec cuisant. Barré par Edin Dzeko, il est surtout victime de blessures à répétition et le peuple des Giallorossi finit par se résigner : non, ce jeune attaquant tchèque, alors âgé de 23 ans, n’a pas la carrure pour succéder au légendaire Francesco Totti. Auteur de 8 petites réalisations en 58 apparitions, il est donc prêté avec option d'achat au RB Leipzig à l'été 2019. Là où il entamera sa renaissance. Pour ses débuts en Allemagne, Patrik Schick se distingue, inscrivant 10 réalisations lors de ses 28 apparitions toutes compétitions confondues. Si ces performances plus qu'honorables attirent l'œil de la Ligue 1 (OM, ASM, OL) elles ne suffisent pas à convaincre les dirigeants du RBL de lever l'option. Qu'importe, l'esthète du ballon rond rejoint finalement Leverkusen, en septembre 2020, contre un chèque de 25 M€. Un choix payant car, longtemps annoncé comme un grand espoir en devenir, le rouleau compresseur des Pillendreher semble aujourd'hui appartenir à une autre catégorie de joueurs.

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