Ligue 2 : En Avant Guingamp, une instabilité qui dure

Après deux journées de championnat seulement, l'En Avant Guingamp a déjà procédé à un changement d'entraîneur, Mecha Bazdarevic prenant la place de Sylvain Didot. Le timing de cette annonce interroge forcément, d'autant que le club breton accumule les déboires depuis deux ans. Après le mercato, c'est aussi l'effet du nouveau directeur du football, Xavier Gravelaine, qui commence à imposer sa patte.

Mecha Bazdarevic, ici entouré de Xavier Gravelaine le directeur du football et d'Armand Sène le préparateur physique, est le nouvel entraîneur de Guingamp
Mecha Bazdarevic, ici entouré de Xavier Gravelaine le directeur du football et d'Armand Sène le préparateur physique, est le nouvel entraîneur de Guingamp ©Maxppp

Les temps sont durs à l'En Avant Guingamp et ça ne date pas d'hier. Après une première année délicate en Ligue 2, conclue à la 8e place, le club breton est reparti sur des bases instables. Après seulement deux journées, Sylvain Didot a été remercié, victime de ses résultats après une défaite à domicile et un nul ? Peut-être mais il n'y a sans doute pas que cela. L'entraîneur avait pourtant été confirmé en mai dernier, deux mois après l'arrivée de Xavier Gravelaine au poste de directeur du football. Le timing peut poser question puisque le confinement est passé par là, l'arrêt des compétitions, le décalage des calendriers et que le mercato bat encore son plein. Pourquoi avoir attendu tout ce temps alors que cette situation aurait pu être réglée bien en amont ?

La suite après cette publicité

L'éviction de Didot après deux matches interroge

«J’ai une mission qui est de redonner des couleurs, de l’envie, des choses à l’En Avant qui depuis quelques mois… Malgré une descente, une année difficile et maintenant à la 8e place (en Ligue 2 la saison passée). J'ai été pris pour cette mission, ramener cette sorte d’ADN. Je n’ai rien contre l’homme et l’entraîneur qui est Sylvain mais nous avons besoin d’expérience pour aller plus vite car nous avons des objectifs très élevés. On l’annonce car la pression fait avancer. J’assume de changer très vite en cours de route. J’avais besoin d’un homme et d‘un staff expérimentés. J’ai pensé que Mecha (Bazdarevic) sera l’homme de la situation car je souhaite qu’on aille le plus rapidement en Ligue 1. À l’instant T, ce n’était pas l’homme de la situation », s'est justifié Gravelaine sur BeIN Sports.

C'est la 4e fois en 2 ans que Guingamp se sépare de son coach. Didot, qui n'avait d'ailleurs pas le brevet d'entraîneur professionnel de football (BEPF), obligeant l'EAG à régler une amende de 12 500 euros par match, vient prolonger cette longue liste. L'instabilité devient chronique. Kombouaré était parti avec un gros chèque (il avait été prolongé quelques mois plus tôt), remplacé par le revenant Gourvennec, lequel était plutôt partant pour accompagner le club en Ligue 2. Puis Lair est arrivé, le temps de diriger 9 matches, de pousser quelques coups de gueule puis de faire ses valises. Didot aura donc tenu moins d'un an. Cette nouvelle éviction, qu'elle soit justifiée ou pas sur le plan sportif, vient surtout interroger le modèle de gestion d'un club qui est en train de perdre tout le capital sympathie construit ces dernières décennies.

Un recrutement ambitieux

Face à ce constat d'échec, c'est aussi pour cela que Bertrand Desplat, particulièrement visé en interne depuis quelques semaines, a légué la politique sportive à Gravelaine. «Quand j’ai pris le poste, il n’y avait aucun lieu de penser (au départ de Didot). Malheureusement, il y a eu le confinement. Je n’ai pas été là pendant les trois premiers mois. Le stage s’est bien passé puis il y a eu une quatorzaine. Pendant 10 jours, on ne s’est pas entraîné. Il y a eu une petite cassure involontaire puis à l’arrivée c’est le match de Niort (défaite 1-0), le premier à domicile. Des supporters, des dirigeants et moi même on est sortis tellement déçus par la prestation. On peut perdre des matches mais il y a besoin de rajouter beaucoup plus de choses quand on a des objectifs élevés. (…) La décision aurait été la même si on avait gagné à Nancy (2-2).» Mecha Bazdarevic a donc été choisi pour les deux prochaines saisons. Il est accompagné d'Armand Sène, préparateur physique, qui doit trouver la solution à toutes ces blessures. Frédéric Bompard est lui toujours adjoint.

Malgré une inauguration de championnat raté et un vestiaire pas toujours soudé, En Avant a tout de même des arguments. Le club dispose de moyens importants, de structures très modernes et a son mot à dire dans les instances. De quoi viser logiquement la Ligue 1, comme l'affirme le nouveau directeur du football depuis sa venue. Le recrutement a d'ailleurs été pensé en ce sens avec les arrivées remarquées de Paul-Georges Ntep, d'Alaixys Romao, du gardien danois Nicolai Larsen et du prometteur défenseur central brésilien Philipe Sampaio, sans compter le retour de prêt de Pedro Rebocho. L'équipe de quoi tenir la route en Ligue 2 pour enfin repartir de l'avant. Le recrutement n'est d'ailleurs pas terminé puisque les blessés longues durées s'accumulent (Pierrot, Ba, Phiri, Eboa Eboa). Guingamp cherche un attaquant et France Football parle d'une possible venue du Monégasque Adama Traoré. De quoi poursuivre une belle compagne de recrutement et redonner un peu d'espoir à un club qui en a besoin.

Plus d'infos

Articles recommandés

Commentaires