Liverpool-Real Madrid : les notes du match

Liverpool a dominé et s'est créé plusieurs occasions face au Real Madrid mais il est tombé sur un excellent Courtois et une équipe merengue qui a su contrôler le rythme malgré tout. Pas de fabuleuse remontée cette année pour les Reds, et un Real Madrid toujours aussi impressionnant en Europe.

Thibaut Courtois impérial face à Liverpool
Thibaut Courtois impérial face à Liverpool ©Maxppp
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Suite et fin des quarts de finale retour de la Ligue des Champions, avec ce Liverpool-Real Madrid forcément très alléchant. Après son match plein de maîtrise à l'aller, le club espagnol devait se méfier de la bête anglaise blessée. D'autant qu'il se présentait avec une défense alternative, avec Valverde arrière droit et une charnière Nacho-Militao pas toujours garante de solidité bien qu'efficace face au FC Barcelone le week-end dernier. En face, Jürgen Klopp alignait son trio offensif classique, tout en composant avec les absences pour sa défense également. Dès le début de la rencontre, les Reds mettaient une grosse pression sur les Merengues et s'offraient une première énorme occasion. Lancé en profondeur, Mané remisait instantanément pour Salah à l'entrée de la surface, mais l'Egyptien centrait trop sa frappe, repoussée par Courtois (2e).

De quoi donner le ton d'une rencontre lancée sur un gros rythme. Les Reds décidaient d'insister sur leur côté gauche, ciblant peut-être Valverde, pas un spécialiste du poste. Mais le danger pouvait venir aussi du côté droit. Salah éliminait plusieurs adverses et le ballon atterrissait dans les pieds de Milner, aux vingt mètres. L'Anglais enroulait sa frappe, que Courtois sortait de sa lucarne (11e). Le Real subissait et affichait un déchet technique surprenant au milieu. Mais il pouvait compter sur Benzema, auteur d'un joli numéro dans la surface et dont le centre, détourné, trouvait le poteau d'Alisson (20e) ! Liverpool baissait d'un ton, le hard rock de Klopp se transformait en un léger twist. Et le Real pouvait imposer un faux rythme, tout en restant menaçant grâce aux déplacements de Benzema et à la vitesse de Vinicius.

Il aura manqué quelque chose à Liverpool

Le duo Salah-Mané réveillait malgré tout les Reds, le premier étant encore servi par le deuxième. Mais Salah ne cadrait pas sa frappe du gauche, en pleine surface (41e). Dans la foulée, Wijnaldum vendangeait une énorme occasion, en envoyant au-dessus un ballon remis en retrait par Alexander-Arnold (42e) ! Liverpool gâchait ses occasions et réduisait ses chances de qualification. Au retour des vestiaires, les hommes de Klopp repartaient à l'attaque et on voyait enfin à l'oeuvre Firmino, qui, comme Salah, tombait sur un Courtois vigilant (46e). Les Reds s'offraient un nouveau temps fort mais péchaient encore à la finition. Comme s'il ne pouvait rien arriver au Real de Zinedine Zidane, même moins bon qu'à l'aller.

Alors Klopp chamboulait son équipe en faisant entrer Thiago Alcantara et Diogo Jota à la place de Kabak et Milner. Diogo Jota amenait un peu plus de créativité devant mais il y avait toujours une jambe, un pied, ou Courtois pour détourner la frappe ou la dernière passe. Plus les minutes passaient, plus les Anglais se décourageaient et plus l'expérience madrilène sautait aux yeux. Chaque sortie de balle était soignée, Casemiro montait son niveau d'un cran et Zidane pouvait même relayer un Kroos plutôt décevant, en replaçant l'inusable Valverde dans l'entrejeu. Score final 0-0. Le Real Madrid a basculé dans sa dimension européenne lors de cette double confrontation, en étouffant Liverpool à l'aller, puis en sachant ne pas s'affoler lors du retour, en s'appuyant sur les parades de Courtois. Voilà la Casa Blanca en demi-finale.

L'homme du match : Thibaut Courtois (7,5) : deux parades pour lancer son match. Sur la première, il ne se laisse pas surprendre par la frappe trop centrée de Salah. Sur la deuxième, il s'envole très haut pour détourner une frappe de Milner. Derrière, il a été aidé par les attaquants qui n'ont plus cadré jusqu'à la fin de la première période. De nouveau vigilant devant Firmino en début de deuxième période et sur les ballons chauds dans sa surface jusqu'au coup de sifflet final. Impeccable.

Liverpool

  • Alisson (5) : après son match raté à l'aller, Alisson se devait de montrer un meilleur visage. Ce fut le cas. Le gardien brésilien a été très rassurant sur sa ligne et a su intervenir au bon moment comme sur ce face-à-face avec Vinicius (66e). Rien d’autre à se mettre sous la dent pour lui.

  • Alexander-Arnold (5) : très critiqué, à juste titre, au match aller, Alexander Arnold a affiché un niveau largement plus proche de ses standards. Sur son couloir droit, il a été très intéressant sur les phases offensives. Son duo avec Mohamed Salah a plutôt bien fonctionné et il a plusieurs fois donné de bons ballons à ses attaquants. Défensivement, il a aussi été très propre en cadenassant bien Vinicius notamment et Rodrygo son remplaçant (77e). Il aurait mérité une passe décisive pour son bon service pour Wijnaldum (40e).

  • Phillips (3) : la semaine dernière, on avait des doutes quant à la capacité du défenseur anglais à élever son niveau jeu pour un quart de finale de Ligue des champions. Cela s’est confirmé encore ce soir. Philips a manqué son rendez-vous. Il a commis un nombre incalculable de fautes plus maladroites les unes que les autres. Très souvent, il a semblé perdu sur le terrain et n’a pas réussi à suivre les déplacements de Karim Benzema. Face à Vinicius, c’est son manque de vitesse qui lui a posé des problèmes. Pas à la hauteur d’un match aussi important.

  • Kabak (3) : dans une charnière centrale qui ne dégageait aucune sérénité, le défenseur turc n’est pas sorti du lot. Il a, lui aussi, été en retard dans ses interventions, dans sa lecture du jeu. Il avait bien commencé la rencontre avec une bonne intervention sur Benzema (4e) mais par la suite, il n’a vraiment pas été rassurant. À l’image de son coéquipier en défense central, il n’était pas au niveau d’un quart de finale de Ligue des champions face au Real Madrid, tout simplement. Remplacé par Diogo Jota à la 60e. Le Portugais s’est crée une occasion (70e) puis plus rien.

  • Robertson (4) : contrairement à son compère sur le couloir droit, Robertson a été beaucoup moins en jambes que lors du match aller. Alors qu’on s’attendait à ce que l’Écossais prenne constamment son côté surtout avec la présence de Valverde en tant que latéral droit coté Real, il a été finalement très timide. Il n’est que très peu monté et n’a quasiment pas dédoublé du match alors que c’est l’une de ses forces. Par pour rien si le jeu de Liverpool a largement penché à droite. Même sur ses coups de pieds arrêtés, il n’a pas excellé.

  • Fabinho (5) : le Brésilien a semblé plus concerné et plus sérieux dans cette rencontre. C’est peut-être aussi parce qu’il était épaulé par Milner dans l’entrejeu et qu’il ne s’est pas chargé tout seul des monstres Kroos et Modric. Il a gratté quelques ballons dans les pieds de ses adversaires du jour. Il a fini en défense centrale après la sortie de Kabak mais n’a pas semblé plus perturbé que ça. Match très correct de sa part.

  • Milner (4,5) : Jürgen Klopp avait sans doute décidé de titulariser l’expérimenté James Milner pour apporter plus de caractère à une équipe qui s’était fait marcher dessus au match aller. C’est plutôt concluant. Sa petite guerre avec Casemiro tout au long du match en est la preuve. Le milieu anglais s’est aussi illustré avec une très belle frappe qui obligeait Thibaut Courtois à la parade (10e). Sa présence a permis de sécuriser le couloir de Robertson grâce à un bon repli défensif. Remplacé par Thiago Alcantara à la 60e. Le milieu espagnol a touché plusieurs ballons, mais n’a pas réussi à bouleverser la rencontre.

  • Wijnaldum (4,5) : au match aller, Wijnaldum avait fait partie des Reds les plus décevants. Ce soir, le Néerlandais a rendu une copie un peu meilleure avec plus de justesse technique et surtout beaucoup plus d’engagement. Il a répondu présent dans l’impact physique et a su accompagner les actions quand il le fallait. Il aurait pu ouvrir le score en fin de première période, mais sa frappe manquait de précision (41e). C’est lui qui s’est occupé de faire le lien entre la défense et l’attaque. Malheureusement, comme à l’aller, il s’est vite éteint physiquement et a donc perdu en impact.

  • Mané (4) : ce match est finalement à l’image de Sadio Mané depuis quelque temps : frustrant. Le Sénégalais est souvent capable par ses dribbles, sa justesse technique et sa vitesse de briser n’importe quelles défenses. Mais très souvent, il lui manque ce petit quelque chose pour finir l’occasion pour jouer juste et pour débloquer des situations. Il avait commencé la rencontre avec une belle remise qui aurait dû finir sur un but (2e). Par la suite, même s’il a été très remuant, il n’a pas réussi à réellement inquiéter la défense madrilène. Il a aussi disparu au fil du match, sans doute très diminué physiquement. Remplacé par Oxlade-Chamberlain à la 82e.

  • Salah (5) : pour tenter de renverser un Real Madrid depuis quelques semaines, Liverpool devait compter sur un grand Mohamed Salah. L’Égyptien avait aussi à cœur de faire mieux que lors de la phase aller. Son face à face raté du début de match n’avait rien de rassurant (2e). Finalement, le meilleur buteur de Premier League s’est rattrapé - à moitié - puisqu’il a été très actif sur le front de l’attaque. Quasi toutes les offensives des Reds sont passés par lui. On pourra et devra lui reprocher son manque d’application dans le dernier geste (31e, 41e, 67e, 90+2e), surtout que son équipe n’avait pas besoin de ça.

  • Firmino (3) : au match aller, on n’avait très peu vue l’attaquant brésilien. Même son de cloche sur ce match retour. Si d’habitude, on voit souvent Firmino participer au jeu de l’équipe et servir dans de bonnes conditions les deux flèches que sont Salah et Mané, cette fois-ci, il a touché très peu de ballon. Il a eu du mal à être trouvé, car il a très souvent été bien pris au marquage par Casemiro, Modric et consorts. Sa deuxième période a été un peu mieux avec quelques occasions (46e, 69e). On attend logiquement beaucoup mieux de sa part. Remplacé par Shaqiri à la 82e.

Real Madrid

  • Courtois (7,5) : lire ci-dessus.

  • Valverde (6,5) : un début de match très compliqué au poste de latéral droit. Rien d'anormal lorsque l'adversaire direct se nomme Sadio Mané. Pris en vitesse et en vivacité par le Sénégalais, il a souffert. Mais il s'est peu à peu repris, en coupant d'abord quelques lignes de passe sur des séquences de possession adverses, puis en s'autorisant quelques remontées de balle tranchantes dont il a le secret. Il s'est encore plus lâché après la pause, arpentant avec gourmandise son couloir et délivrant notamment deux excellents ballons pour Benzema et Vinicius. Replacé dans l'entrejeu à la 71e minute après l'entrée d'Odriozola.

  • Militão (6) : face à un Firmino fuyant, il a souvent dû venir aider Valverde dans la gestion de Mané lorsqu'il repiquait dans l'axe. Il a été souvent à la rupture, mais comme le score le démontre, il a tenu, à l'image de son contre sur une frappe de Firmino pleine surface. Utile dans le jeu aérien et propre dans ses interventions.

  • Nacho (5) : le deuxième membre de la charnière alternative du Real Madrid a répondu présent. Alors ce n'a pas été toujours simple de gérer les pénétrations de Salah dans la surface, mais l'Espagnol a accepté d'être parfois pris de vitesse pour bien se replacer. Il l'a donc joué à l'expérience et s'en est plutôt bien sorti.

  • F. Mendy (5) : comme Valverde, il avait un sacré client face à lui. Mohamed Salah avait des jambes et le Français a souffert en première période. Il a subi la loi de l'Egyptien avant de peu à peu prendre le dessus, et de se faire plaisir sur une ou deux montées réussies. Un match où il fallait avant tout se concentrer sur les tâches défensives.

  • Casemiro (6,5) : son match aurait pu s'arrêter à la 24e minute si l'arbitre avait été plus sévère après son énorme tacle sur Milner. Le Brésilien s'était vengé après une faute de Fabinho et cela a eu le mérite de réveiller un peu ses coéquipiers, dominés physiquement jusque-là. Hormis ce mauvais geste, il faut noter son excellente deuxième période, avec un pressing souvent juste, des sorties de balle intéressantes et une très bonne lecture du jeu. Plus le chrono avançait, plus le Brésilien était fort.

  • Kroos (4) : une prestation globalement décevante de la part de l'international allemand. Des pertes de balle inhabituelles en première période, un jeu long avec du déchet. Et dans l'impact, là où il n'est pas le meilleur, il a trop subi. Remplacé par Odriozola pour laisser place à Valverde dans l'entrejeu. Remplacé par Odriozola (72e).

  • Modric (5,5) : comme Kroos, le Croate n'a pas brillé de mille feux. Mais il a été quand même plus influent, brisant quelques lignes adverses par ses passes ou ses initiatives personnelles. Quelques délices techniques sur certaines transmissions et une intelligence tactique toujours appréciable.

  • Asensio (5) : rien de transcendant offensivement. L'Espagnol joue trop souvent de manière neutre, avec des passes latérales, mais sa disponibilité n'est pas à mettre en doute. Son replacement défensif a été remarquable et il a donné un immense coup de main à Valverde. Dès lors, on ne lui reprochera exagérément sa timidité offensive. Remplacé par Isco (82e).

  • Benzema (6) : s'il n'a pas marqué, il a été très utile à son équipe. Relais précieux dans les sorties de balle, il s'est rarement trompé techniquement. Cette sûreté dans ses prises de balle a donc été bénéfique et il s'est signalé par deux-trois gestes de classe. Comme sur un numéro de soliste en pleine surface terminé par un centre contré qui a heurté le poteau.

  • Vinicius (5,5) : avec Benzema l'élément offensif le plus dangereux côté Real ce soir. Sa vitesse a été un atout pour faire reculer Liverpool et la charnière des Reds a eu quelques sueurs froides. Mais ce soir il lui aura manqué le zeste de précision technique dans le dernier geste. Remplacé par Rodrygo (72e), qui n'a pas fait de différences.

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