Nasser Al-Khelaïfi déclenche une guerre entre le Real Madrid et le FC Barcelone
La semaine dernière, Nasser Al-Khelaïfi et Joan Laporta ont officialisé publiquement leur rapprochement. Une nouvelle qui n’est pas du goût de Florentino Pérez et du Real Madrid, qui ont déjà commencé à répliquer en coulisses.
Une image vaut plus que mille mots. Mercredi dernier, Nasser Al-Khelaïfi a été aperçu à Rome en train de donner une franche accolade à Joan Laporta, le président du FC Barcelone. Ce qui a fait réagir puisque les relations entre les deux hommes n’ont pas toujours été très bonnes par le passé, notamment en raison du mercato et du projet de la Superleague. Mais le président du Paris Saint-Germain et celui du Barça ont commencé à se rapprocher depuis un peu plus d’un an. En avril 2024, ils s’étaient réconciliés lors de la double confrontation entre les deux clubs en Ligue des Champions. Le dîner officiel entre les dirigeants avait permis d’arrondir les angles.
Joan Laporta avait même évoqué un possible retour au sein de l’ECA (Association européenne des clubs), devenue depuis l’EFC (Association des clubs européens). Un peu plus d’un an plus tard, les sourires étaient toujours au rendez-vous au début du mois d’octobre avant le choc de C1 entre les Culés et les Franciliens (victoire 2-1 du PSG). Après la rencontre, le boss du FCB n’avait d’ailleurs pas hésité à encenser le club français. «C’est la meilleure équipe que j’ai vue depuis un moment. Vraiment l’ensemble de l’équipe», a-t-il lâché après la défaite des Blaugranas. Quelques jours plus tard, Laporta et NAK se sont donc retrouvés dans la capitale italienne où se déroulait l’assemblée de l’EFC dont le dirigeant parisien est le président.
Al-Khelaïfi et Laporta se sont rabibochés
Ils ont déjeuné ensemble avec le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, afin d’évoquer un possible retour du Barça. Ce qu’a reconnu Laporta. «En tant que FC Barcelone, nous sommes favorables à la pacification du football européen. Ce que nous souhaitons, c’est un accord et un retour à l’UEFA.» De son côté, Al-Khelaïfi a adressé des mots forts au boss du Barça. «Aujourd’hui, j’accueille un invité spécial. Parfois, les amis peuvent être en désaccord, c’est normal, mais ils s’unissent toujours pour le bien commun. Il a revitalisé son club, aussi bien sur le terrain, avec une équipe jeune et incroyable, qu’en dehors, avec un nouveau stade magnifique. Au président du FC Barcelone, Joan Laporta, je vous demande de vous joindre à moi pour lui souhaiter un bon retour au sein de la famille.»
Il a ajouté : «nous sommes tous ici parce que le football est plus qu’un métier : c’est notre passion commune, notre passion. Et même s’il existe des différences entre nous – grands clubs, petits clubs, cultures différentes, acteurs différents – ces différences ne devraient jamais être synonymes de conflit. Il y a tellement de conflits dans le monde aujourd’hui que nous en sommes tous lassés. Notre devoir est de construire des ponts, de rassembler les peuples. Le pouvoir du football est plus grand que tout, et son pouvoir unificateur n’a jamais été aussi nécessaire qu’aujourd’hui.» Ce rapprochement n’a pas été du goût de tout le monde. Très rapidement, certaines voix se sont élevées de l’autre côté des Pyrénées.
Une réconciliation qui passe mal
Dans l’émission OnzeTV3 sur le média catalan Esport3, le consultant Lluis Carasco a lâché : «cette étreinte ne vient pas d’un grand club, elle vient d’un club qui accepte la soumission au pouvoir que représente Al-Khelaïfi, mais elle représente aussi l’unité au sein du monde du football.» Le Real Madrid l’a aussi mauvaise. En se rapprochant de l’UEFA et de l’EFC, Laporta a aussi fait un pas en arrière au sujet de la Superleague. Un projet qui n’était plus porté que par les Merengues et les Catalans, qui ont décidé de «laisser mourir le projet» comme l’a expliqué la Cadena SER. Mais ils ne l’ont pas fait publiquement car ils devraient payer des pénalités très importantes à A22 Sports Management, la société qui doit aider à mettre en place la SL.
Ce jeudi, la Cadena SER explique que le Real Madrid, qui est plus seul que jamais, a vécu la volte-face du Barça comme une sorte de trahison. Les Madrilènes, qui ne sont pas proches de NAK et de l’UEFA, n’ont pas apprécié mais ils ne l’ont pas fait savoir publiquement. Florentino Pérez ne s’exprimera pas sur le sujet selon plusieurs médias espagnols. En revanche, les Merengues ont déjà commencé à agir en coulisses. La radio ibérique explique que le Real Madrid a par exemple porté plainte afin d’empêcher le Barça de jouer le match face à Villarreal à Miami. Chez les féminines, le club de la capitale a également refusé de jouer la Supercoupe d’Espagne 2025 en Floride. Le FCB Féminin y était pourtant favorable. La décision du Real Madrid a provoqué un tollé en Catalogne mais aussi chez les autres clubs féminins et au sein de la fédération espagnole.
Le Real Madrid contre-attaque en coulisses
Tous y voyaient une opportunité de promouvoir le football féminin mais aussi de gagner de l’argent puisque chaque club aurait touché 150 000 euros. L’écurie madrilène ne compte faire aucun cadeau au Barça, qui a retourné sa veste. Dans l’émission El Larguero, le journaliste Manu Carreño a évoqué ces tensions naissantes. «Madrid a déposé plainte pour ce match contre le Barça. Et je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression qu’à partir de maintenant, nous allons vivre un avant et un après dans les relations entre Madrid et le Barça. J’ai le sentiment que quelque chose a changé depuis l’accolade entre Laporta et Al-Khelaïfi. Jusqu’à présent, il y a eu plusieurs points sur lesquels, disons, le Real Madrid n’a pas particulièrement cherché à pointer du doigt le FC Barcelone… Et je pense qu’à partir de maintenant, les relations entre les deux vont être beaucoup plus difficiles.»
Un avis partagé par Sique Rodríguez, également sur la Cadena SER : « je suis d’accord. Et je vais t’en dire plus, le Barça en est déjà conscient.» Sur Radio Marca, le journaliste Roberto Gómez a, lui, révélé que le président du Barça a rompu avec son homologue madrilène pour une raison bien précise. «Laporta est en colère contre Florentino (Pérez), avec qui il entretenait une relation très floue jusqu’à récemment en raison de l’affaire Negreira. Il cherche désormais à assurer son avenir, ce qui implique Ceferin et l’UEFA.» Sur ce point-là, le président madrilène ne compte pas changer d’avis. «Le Real Madrid maintient sa relation avec l’UEFA. Pour Florentino Pérez, le nouveau championnat européen demeure une priorité stratégique, un projet avec lequel il entend transformer le football d’élite», écrit Marca. Mais les Merengues sont seuls contre tous, lâchés par le Barça son ultime allié. Le tout à une dizaine de jours d’un Clasico qui promet d’être enflammé sur le terrain comme en coulisses.
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