Ilan Kebbal, Algérie : « même en Ligue 2 , j’avais comme objectif de revenir en sélection »
À 27 ans, le natif de Marseille, Ilan Kebbal, est l’une des révélations du championnat de France. Ultra décisif avec le Paris FC sur ce début de saison avec 6 buts et 4 passes décisives en Ligue 1, le numéro 10 a très vite tapé dans l’œil du sélectionneur de l’Algérie. Vladimir Petkovic l’a appelé en septembre, 4 ans après sa première convocation avec les Fennecs en 2021. À quelques jours de la CAN et après la qualification de l’Algérie à la Coupe du Monde , la nouvelle coqueluche du stade Jean-Bouin s’est confiée à Foot Mercato afin de revenir sur son histoire en sélection, ses ambitions et les prochaines échéances. Entretien.
Foot Mercato : quatre ans après ta première convocation avec l’Algérie, tu as été rappelé par Petković lors du rassemblement de septembre dernier. Quelle fut ta réaction quand tu as vu ton nom sur la liste ?
Ilan Kebbal : de la fierté, parce que c’était un objectif depuis longtemps. Ça faisait quatre ans que je n’étais pas allé en sélection, donc c’était un objectif qui était dans un coin de ma tête. Dès que j’ai vu que j’étais appelé, c’était une consécration. Mon but, c’était de ne pas faire comme la première fois, je dois être appelé, mais revenir ensuite le plus souvent possible.
Foot Mercato : tu étais en lien avec certains joueurs du groupe ?
IK : en 2021, il y avait déjà beaucoup de joueurs qui étaient présents donc quand j’y suis retourné, ça m’a aidé. Je connaissais déjà des joueurs, on était restés en contact, donc pour l’adaptation, c’était plus facile.
« L’ambiance en Algérie surpasse tout, à part peut-être le Vélodrome »
Foot Mercato : comment tu peux décrire l’ambiance en Algérie ?
IK : ça surpasse tout, à part peut-être le Vélodrome. Le Vélodrome, c’est à part. Mais quand on a joué à Tizi Ouzou, le bruit, c’est quelque chose de fou. C’est vraiment une ambiance de fou. En fait, il faut vraiment être au stade pour comprendre, mais c’est quelque chose de dingue, de la première à la dernière minute, il y a du bruit tout le temps. C’est une ambiance à vivre.
Foot Mercato : tu as débuté en sélection à 27 ans, ce qui est entre guillemets "tard". Tu y as toujours cru dans ta carrière ?
IK : même quand j’étais en Ligue 2 au Paris FC, j’avais toujours comme objectif de revenir en sélection parce que je savais de quoi j’étais capable et je savais qu’il fallait travailler dur parce que la sélection, c’est très difficile à atteindre et j’ai toujours cru, j’ai toujours eu ça dans un coin de ma tête. Quand on est monté en Ligue 1, je savais que si j’étais amené à être performant, c’était beaucoup plus accessible que quand j’étais en Ligue 2. Je savais que la montée allait tout changer. Moustapha Mbow a été appelé avec le Sénégal, Samir Chergui avec l’Algérie et moi aussi. Ça a été porteur pour plusieurs d’entre nous.
Foot Mercato : ça a changé ta popularité de devenir international algérien ?
IK : déjà, la sélection, quand tu mets un pied en Algérie, c’est quelque chose de dingue. T’atterris à Alger à l’aéroport et même si t’es capuché, ils savent qui tu es, ils te reconnaissent. Dès que tu croises des Algériens en France, t’es sûr qu’ils vont te parler de la sélection. Ils vont te faire des câlins, des bisous, ils sont contents, ils ont de la fierté.
Foot Mercato : quels sont tes meilleurs souvenirs de la sélection algérienne ?
IK : la Coupe du Monde 2014, je me rappelle, c’était incroyable, les matchs contre l’Allemagne et la Corée du Sud. On était petit devant la télé et on s’attachait à cette équipe, ils montraient qu’ils donnaient tout pour le maillot. Après, on a tout suivi, toutes les CAN, toutes les compétitions, les victoires comme les éliminations. Quand ils ont gagné la CAN en 2019, j’étais avec mes potes à Marseille, on était sorti sur le Vieux-Port pour fêter ça. Du début jusqu’à la fin de la compétition, c’étaient les montagnes russes, c’étaient des matchs avec de la pression. Je me souviens de la demi-finale contre le Nigeria avec le coup franc de Mahrez à la dernière minute. C’était dingue.
Foot Mercato : si tu dois citer un joueur dont tu t’es inspiré en sélection, tu cites qui ?
IK : c’est Riyad Mahrez, moi la première fois que je l’ai vu en sélection, il était à Manchester City, c’était son "prime". Il était intouchable, tu ne pouvais rien faire, il était trop fort sur le terrain à ce moment-là. Quand je suis arrivé en sélection en 2021, je me suis fait tout petit, j’observais et j’essayais de m’inspirer. Sauf qu’avec Riyad, c’est compliqué, tu essayes de t’inspirer, mais tu peux essayer de reproduire ce qu’il fait… toi ça ne marche pas. Quand j’étais sur le banc, des fois, j’étais en mode supporter.
Foot Mercato : la CAN approche à grands pas, tu es confiant pour faire partie du groupe ?
IK : j’espère être dedans, je joue pour ça, c’est un objectif. Si je continue à faire ces performances, j’espère que le coach fera appel à moi. J’aspire à être dans la liste, je veux participer à cette compétition. Je suis en forme, je me sens bien physiquement en club, je suis en confiance. Je travaille pour ça et il faut continuer, ne pas s’arrêter à ce que j’ai fait, il faut en faire encore plus et après, on verra ce qu’il en est.
« Quand tu es une nation comme l’Algérie, tu joues pour aller au bout »
Foot Mercato : que penses-tu des chances de l’Algérie dans la compétition ?
IK : en fait ce n’est même pas ce qu’on peut, c’est qu’on se doit, quand tu es une nation comme l’Algérie, toutes les compétitions que tu fais, tu joues pour aller au bout, surtout la CAN. L’objectif, c’est d’aller le plus loin possible, ça serait mentir de te dire qu’on ne veut pas la remporter. On a un groupe avec beaucoup d’expérience, il y a des joueurs qui ont gagné la CAN, qui ont aussi connu des éliminations, ils sont là pour nous aider. On sait ce qu’on a à faire, on sait que ça va être très difficile, parce qu’il y a des grandes nations, mais on va essayer de faire le maximum.
Foot Mercato : que penses-tu de la jeune génération qui arrive en Algérie ?
IK : il y a des tops joueurs, personnellement, je kiffe Hadj Moussa, c’est le genre de joueur que j’aime regarder et avec qui j’aime jouer aussi. Maza aussi, c’est un top joueur. C’est très très jeune, mais il a déjà beaucoup de maturité dans son jeu. C’est un joueur de 20 ans qui joue comme quelqu’un qui a 30 ans, il est prêt pour aller très haut. Je peux citer aussi Bouanani qui est très talentueux, il y a beaucoup de très très bons joueurs dans la nouvelle génération.
Foot Mercato : comment expliques-tu que de plus en plus de binationaux font très tôt le choix de l’Algérie ?
IK : par exemple Ibrahim Maza, je pense qu’à l’instant T, il aurait pu jouer partout. S’il avait choisi l’Allemagne, il aurait peut-être été appelé avec la Mannschaft. Les binationaux font un choix du cœur tout simplement, donc bravo à eux. Surtout que Maza l’a fait très très tôt, et c’est tant mieux pour le pays parce que c’est un top joueur. Savoir que l’Algérie l’a pour au moins une 10, 15 bonnes années, c’est exceptionnel.
« Jouer la Coupe du Monde, c’est un but ultime »
Foot Mercato : l’Algérie est qualifiée pour la Coupe du monde 2026. Ça t’évoque quoi de potentiellement jouer une Coupe du Monde ?
IK : jouer la Coupe du Monde, c’est un but ultime dans une carrière pour n’importe quel joueur. C’est la plus grande compétition du monde, sur ça, il n’y a pas de débat. La Coupe du Monde, c’est un truc avec lequel on a grandi depuis tout petit, quand j’avais 4-5 ans, je n’avais pas de souvenirs de la Ligue des Champions, mais j’ai des souvenirs de la Coupe du Monde.
Foot Mercato : qu’est-ce qu’on peut te souhaiter à l’avenir en sélection ?
IK : des victoires, des trophées, aller le plus loin possible à la CAN et pourquoi pas participer à la Coupe du Monde. Comme j’ai dit, n’importe quel footballeur veut participer à ce genre de compétition. Si on pouvait ouvrir aussi le compteur but ça serait bien aussi.
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