Lilian Brassier : « faire une grosse saison à Valenciennes avant de revenir à Rennes »

Vendredi soir, Valenciennes va affronter Lorient pour le compte de la 19ème journée de Domino's Ligue 2. Un championnat où Lilian Brassier a pu faire ses premiers pas en professionnels cette saison. Prêté par le Stade Rennais, le défenseur âgé de 20 ans enchaîne les rencontres et continue sa progression au sein d'un club qui lui donne de la confiance et du temps de jeu. C'était d'ailleurs l'objectif de ce jeune homme qui se décrit comme observateur, calme et déterminé. Ce que nous avons pu constater lors de l'interview qu'il nous a accordé. Un moment dont il a profité pour évoquer sa saison, ses ambitions et son avenir. Entretien.

Lilian Brassier se confie pour FM (crédits photos : Valenciennes)
Lilian Brassier se confie pour FM (crédits photos : Valenciennes) ©Maxppp

**Foot Mercato : pouvez-vous nous résumer votre parcours en quelques mots ?

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Lilian Brassier :** j’ai commencé à jouer au football dès mon plus jeune âge avec mes frères en bas de la maison. Les entrées du bâtiment nous servaient de cage. C’est de là que sont nés mes premiers dribbles et premières passes. J’ai ensuite rejoint le club de mon quartier à l’âge de 5 ans. J’y ai fait tout mon parcours avant de rejoindre le centre de formation du Stade Rennais à l’âge de 14 ans.

**FM : comment le Stade Rennais vous a-t-il repéré ?

L.B :** j’ai été repéré lorsque j’évoluais avec les benjamins du club de ma ville. De nombreux recruteurs ont commencé à suivre mes matches. Rennes en faisait partie. Le club m'a envoyé une invitation pour participer au tournoi de Gif sur Yvette. Tout s'est très bien déroulé. Le Stade Rennais m’a ensuite recontacté pour effectuer un stage. J’étais très flatté car à l’époque c’était le meilleur club formateur de France. Par la suite, j’ai eu la chance de participer à de nombreux stages de ce genre avec d’autres clubs formateurs, notamment le Racing Club de Lens, l'AJ Auxerre, le Paris Saint-Germain, etc...Mais le choix familial s’est tout naturellement porté sur Rennes. L’ensemble de la structure m’offrait de bonnes garanties sportives et scolaires.

**FM : quel bilan tirez-vous, pour le moment, de votre passage en Bretagne ?

L.B :** tout s'est super bien passé pour moi à Rennes, sauf peut-être durant la première année où j'ai vécu un changement important. C'était une année où j'ai eu quelques petites blessures. J'avais un début de pubalgie. C'est comme ça qu'a débuté mon parcours là-bas. Tous mes amis jouaient les week-ends et moi, au lieu d'être avec eux sur le terrain, je faisais des soins ou je rentrais régulièrement chez moi à Argenteuil pour voir ma famille. Cela m'a servi pour la suite de mon parcours. Dès que j'ai pu jouer sans douleur, j'étais à fond. J'ai compris que c'est ça qui était fait pour moi et je suis resté focalisé là-dessus.

**FM : vous avez fait de nombreux sacrifices pour en arriver là...

L.B :** la blessure que j'ai eue m'a fait devenir comme ça. Au départ, je voulais profiter de ma famille et de mes amis. Je n'avais pas compris que je devais passer par ce genre de sacrifices pour atteindre mon objectif. Cette blessure a été un mal pour un bien. Quand tu te retrouves tout seul, à être en soins, pendant que tous les autres jouent, tu vois les choses autrement. Tout ça m'a fait réfléchir et m'a fait comprendre que le jour où je pourrais rejouer sans avoir mal, je donnerai tout pour réussir et ne pas me perdre en chemin.

**FM : vous avez suivi la bonne voie puisque vous avez signé votre premier contrat professionnel l'été dernier. J'imagine que c'était un nouveau pas important dans votre jeune carrière.

L.B :** j'ai signé pro cet été. Ensuite, tout s'est enchaîné rapidement. J'ai été prêté à Valenciennes. Donc je n'ai pas eu vraiment le temps de profiter et fêter ce premier contrat professionnel. Mais ma famille et mes amis étaient très fiers de moi.

Engranger de l'expérience au VAFC avant de revenir à Rennes

**FM : pourquoi avez-vous dit oui à Valenciennes l'été dernier ?

L.B** : je ne voulais pas signer de contrat professionnel pour continuer d’évoluer en réserve. J’avais besoin de passer un pallier. J’ai eu 20 ans cette année et je souhaitais faire mes premiers pas avec un groupe professionnel. Le prêt était une solution évidente. J’ai eu la chance d’avoir le coach et le président de Valenciennes au téléphone avant la signature, qui m’ont confirmé qu’ils comptaient beaucoup sur moi pour la saison à venir. J'en étais honoré. Il ne me manquait plus qu’à traduire leur confiance et ma détermination de façon positive sur le terrain.

**FM : le club breton s'appuie justement sur plusieurs jeunes cette saison dont Eduardo Camavinga et Yann Gboho. Qu'en pensez-vous ? Est-ce que cela vous donne des idées ?

L.B :** ce sont de bons petits à moi. On était au centre ensemble, à l'entraînement aussi. De les voir jouer et intégrer l'équipe professionnelle de cette façon, ça fait plaisir. Je me dis que si eux y arrivent, pourquoi pas moi. Ça donne envie et ça booste un peu plus.

**FM : vous découvrez la Domino's Ligue 2. Est-ce que cela ressemble à ce que vous attendiez ?

L.B** : tout se passe comme je l'avais imaginé. C'est le même scénario. J'étais prêt. Quand on te donne la possibilité de réaliser ton rêve, il ne faut pas rater ta chance. J'ai repensé à tout ce que j'avais vécu, aux sacrifices, à ma famille. Donc j'ai plus savouré. Mais le chemin est encore long. Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers et avancer.

**FM : quels sont vos objectifs cette année ?

L.B :** cette saison, j'ambitionne de jouer le plus de matches possible avec Valenciennes. SI on arrive, j'espère qu'on pourra jouer le haut de tableau. Je sais que ça ne va pas être facile, mais on a le groupe pour et je pense qu'on en est capable.

Kimpembe et Alaba, ses modèles

**FM : qu'apportez-vous à cette équipe de VA ? Sur quoi devez-vous encore travailler selon vous ?

L.B** : au niveau défensif, j'amène de la puissance, de la qualité athlétique. Au niveau offensif, je peux apporter de fraîcheur. J'ai un bon volume de jeu, je peux enchaîner pas mal de courses. Je peux amener du dynamisme à l'équipe.

**FM : le coach ou les joueurs de Valenciennes vous aident-ils justement à progresser là-dessus ?

L.B :** j'échange pas mal avec le coach. À chaque fois qu'il a des choses à corriger ou qu'il a des choses positives à me dire; il n'hésite pas. Le staff me conseille aussi. On échange sur le placement. Au niveau de mes coéquipiers, je suis très proche de Sessi D'Almeida. Il est un peu plus âgé que moi. Il joue un peu le rôle du grand-frère avec moi.

**FM : avez-vous d'autres exemples dans le football ?

L.B :** à mon poste, je m'inspire beaucoup de Presnel Kimpembe (PSG) et David Alaba (Bayern Munich). Ce sont vraiment deux joueurs que j'aime beaucoup. J'essaye de regarder leurs placements, leurs interventions. Pour Alaba, je scrute aussi comment il arrive a apporter offensivement lorsqu'il joue latéral gauche. Je m'inspire beaucoup d'eux.

**FM : vous êtes aussi international français U20. Quelles sont vos ambitions en sélection ?

L.B :** j'ai été appelé il n'y pas longtemps en sélection. Mon objectif est d'être convoqué par Bernard Diomède (le sélectionneur) lors du prochain rassemblement en mars prochain et de m'imposer. Je veux prendre ce qu'il y a à prendre. L'équipe de France, c'est du bonus pour le moment. Tant que je peux être appelé et que je sens que j'ai ma place, je donnerai mon maximum car c'est toujours une fierté de jouer pour la France.

**FM : au début de l'interview, vous avez expliqué que vos parents avaient été convaincus par le projet sportif et scolaire proposé par le SRFC. Où en êtes-vous actuellement au niveau de vos études ?

L.B** : après avoir obtenu mon baccalauréat (Bac Pro Commerce), j'ai essayé de poursuivre mes études. Je souhaitais obtenir un Bac+2 en Gestion Unité Commerciale. Malheureusement, ce n'était pas possible de continuer puisque le football me prenait beaucoup de temps. Je me suis arrêté après avoir eu mon bac.

**FM : vous vous êtes éloigné de votre famille pour réaliser votre rêve. Quelle place a-t-elle aujourd'hui dans votre carrière ?

L.B :** ma famille reste le pilier principal. Sans eux, rien de tout ça n’aurait été possible. Ils me conseillent sur ce que je peux améliorer sportivement et humainement. L’un de mes frères suit l’évolution de ma carrière de très près. Il gère et veille à ce que tout se passe de la meilleure des façons pour moi hors du terrain.

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