Ligue 2

L’impressionnant retour en grâce de l’AS Saint-Étienne !

Saint-Étienne est en pleine renaissance depuis l’arrivée de Philippe Montanier sur son banc. Après 4 victoires consécutives, les Verts affrontent ce samedi le Red Star pour confirmer cette belle dynamique. Et l’objectif est clair et n’a jamais réellement bougé : la montée en Ligue 1. Et elle est désormais à portée de main.

Par Allan Brevi
8 min.
Lucas Stassin @Maxppp

L’AS Saint-Étienne a changé de dimension en l’espace de quelques semaines. Portés par une série de quatre victoires consécutives, les Verts avaient même repris temporairement les rênes de la Ligue 2 avant que Troyes ne domine Amiens (0-2). Longtemps en quête de stabilité et d’identité sous Eirik Horneland, le club forézien semble avoir trouvé un nouveau souffle depuis l’arrivée de Philippe Montanier. Le technicien français a redressé la trajectoire d’un collectif qui végétait à la cinquième place et l’a propulsé en tête, avec un bilan parfait de douze points sur douze. À l’approche de la réception du Red Star à Geoffroy-Guichard, l’environnement stéphanois a radicalement changé. La dynamique est positive, la confiance est revenue et, surtout, l’autorité sportive s’est réinstallée. Ce regain ne tient pas seulement aux résultats bruts : il traduit une évolution structurelle. L’équipe dégage désormais une solidité et une maîtrise qui faisaient défaut il y a encore quelques semaines. La gestion des temps faibles est plus aboutie, le bloc est mieux coordonné, et les individualités paraissent replacées dans un cadre plus lisible.

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Dans les colonnes du Progrès, Patrick Guillou analyse cette transformation et souligne son impact psychologique sur les adversaires. « Quatre matches, quatre victoires. Ce n’est plus du hasard. Sainté a retrouvé une colonne vertébrale et une cohérence collective. Le nouvel équilibre est le fruit d’un cadre tactique plus clair. La métamorphose s’explique par un changement d’attitude générale : plus investie, plus solidaire, l’équipe résiste mieux à la pression. Elle ne la subit plus, elle l’impose. Elle punit ses adversaires. Pas encore un football baroque, pas du grand art, mais un football sérieux et réaliste. Sans être flamboyant, Sainté est impitoyable », explique l’ancien Stéphanois. Le constat est lucide : l’ASSE ne séduit pas encore par un jeu spectaculaire, mais elle s’impose par son efficacité et sa discipline. Dans une Ligue 2 où la constance prime sur l’esthétique, cette mue pourrait bien faire la différence dans le sprint final. Un an après la relégation, le club ligérien semble avoir retrouvé ce qui fait la marque des candidats à la montée. Le parfum de Ligue 1 n’est plus une simple illusion, il devient une ambition assumée.

Un nouveau coach, une nouvelle philosophie

Depuis l’arrivée de Philippe Montanier sur le banc stéphanois, l’ASSE affiche un visage radicalement différent, et Ben Old en livre une analyse éclairante. Repositionné latéral gauche, l’international néo-zélandais souligne le contraste avec l’ère Horneland : « il a insufflé une grande énergie. Mais nous étions moins structurés. Il voulait évoluer dans un style particulier, dominant. Les adversaires l’intégraient » Selon lui, le tournant est clair : « avec Philippe Montanier, on est revenu aux bases. On est plus pragmatiques. On décortique l’équipe adverse pendant la semaine. » Face à Laval, les Verts ont par exemple adapté leur plan pour neutraliser les contres, preuve d’une approche plus stratégique. « Avant, il fallait mettre 3 ou 4 buts pour l’emporter. Nous avons structuré notre équipe de manière plus compacte. Tout le monde connaît son rôle (…) Nous gagnons nos matches. Même quand nous ne jouons pas bien. » Au-delà du terrain, Montanier a aussi resserré la discipline : « il donne des consignes tactiques plus strictes. Il a imposé des règles de vie (…) Notre équipe manquait un peu de règles. On en a besoin pour être plus professionnels. » Un cadre plus rigoureux et un pragmatisme assumé qui expliquent aujourd’hui la solidité retrouvée des Verts.

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Romain Aublanc, co-responsable du média Peuple-Vert.fr depuis 2020 et récent fondateur de morning-foot.com, nous détaille les différences marquées entre les deux techniciens. « Eirik Horneland était très focalisé sur son plan de jeu, presque obsessionnel. Il était persuadé que si l’équipe maîtrisait parfaitement ce qu’il demandait – jeu court, pressing intensif – Saint-Étienne allait gagner », explique-t-il, soulignant des séances répétitives et une intensité très élevée. Sur le plan managérial, il ajoute : « c’est un coach qui travaille beaucoup avec ses lieutenants, qui aime diriger ses séances sans être trop entouré. » À l’inverse, Philippe Montanier a ajusté le cadre : « il a vu qu’il y avait pas mal de blessures et qu’on ne gère pas un joueur expérimenté de 32 ans comme Tardieu que comme un jeune de 20 ans. » Plus structuré, plus collaboratif avec son staff, le technicien stéphanois a aussi « resserré les boulons » dans le jeu, calmé le rythme et apporté davantage de maîtrise collective.

« Sur le terrain, on voit rapidement que ce n’est plus un pressing tout-terrain permanent », explique également Romain Aublanc. « Il y a des phases où on est davantage dans le contrôle, où la ligne de pressing est plus dans l’attente. » Il insiste sur la préparation minutieuse des matches : « les adversaires sont bien plus scannés et on essaie de tout mettre en œuvre au cours de la semaine pour trouver les failles, adapter le dispositif. » À cela s’ajoute un travail mental plus poussé : « il y a pas mal de causeries d’avant-match, des leviers psychologiques qui sont activés. » Montanier adapte même sa communication : « il parle systématiquement français et anglais aussi. Dans un vestiaire comme celui de Sainté, ça compte. »

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Lucas Stassin enfin libéré

Lucas Stassin semble, lui-aussi, pleinement renaître sous l’ère Philippe Montanier. Auteur d’un doublé face à Pau samedi soir, l’attaquant belge a retrouvé le chemin des filets pour la première fois depuis septembre (0-3). Pour l’entraîneur français, ce doublé n’est pas une surprise, mais bien la juste récompense du travail constant de son avant-centre : « il est récompensé à juste titre. Il a encore fait un gros match comme contre Laval et Guingamp dernièrement… un buteur a besoin de marquer et il mérite pleinement ses deux réalisations. »

De son côté, Lucas Stassin a exprimé sa satisfaction au micro de beIN Sports après la rencontre, mettant en avant la fluidité collective et le rôle de ses coéquipiers dans cette réussite : « ça fait toujours plaisir de retrouver le chemin des filets, encore plus avec la victoire au bout… C’est une belle action collective. On s’entend très bien devant et on enchaîne les victoires, donc c’est plus facile de trouver les connexions et les combinaisons. » Le jeune international Espoirs belge souligne également son retour à la confiance après une première partie de saison plus compliquée, tout en restant concentré sur l’objectif : continuer à progresser et apporter à l’équipe.

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Pour Romain Aublanc, ce n’est pas forcément l’arrivée de Montanier qui a libéré Lucas Stassin. « Le fait qu’il ait marqué un doublé alors qu’il n’avait pas trouvé le chemin des filets depuis Amiens en septembre, c’est une délivrance évidemment » analyse-t-il. « Après, je ne suis pas persuadé qu’il ne l’aurait pas fait sous Horneland, parce qu’il allait déjà mieux. Dans le jeu, il était en progression ces dernières semaines. » Selon lui, chaque changement d’entraîneur apporte son lot de méthodes et de conseils, et l’arrivée d’Ilan dans le staff pour encadrer les attaquants ne fait pas exception. « On voit sur les buts que les attaquants marquent qu’ils vont dans ses bras. Ce sont des conseils d’un joueur d’expérience qui peuvent être précieux. »

La Ligue 1 déjà dans les têtes ?

Pour espérer retrouver la Ligue 1, l’ASSE devra passer les véritables tests, et le premier arrive déjà ce samedi avec la réception du Red Star, cinquième de Ligue 2 et concurrent direct. Romain Aublanc tempère cependant l’enthousiasme : « je pense que Saint-Étienne a un orteil en Ligue 1. Pour autant, il n’y a absolument rien de fait. Aujourd’hui, tu n’as qu’un joker. » Autrement dit, une défaite peut rapidement remettre tout en question, surtout si Reims en profite. Mais ce week-end constitue une occasion idéale pour l’ASSE : Reims jouera lundi après son match de Coupe de France, et un succès des Verts permettrait de creuser l’écart. « Là, ce ne sera plus un orteil, ce sera peut-être trois. Mais on a trop d’expérience pour s’enflammer. Il n’y a rien de fait du tout, mais clairement, on est placé. »

« Il faut prendre les matchs les uns après les autres et, pourquoi pas, rester invaincu jusqu’à la fin de saison. Ce n’est pas inatteignable. Pour moi, l’ASSE est juste à sa place quand on voit les dépenses et l’écart de budget avec les autres équipes du championnat. Même quand l’équipe n’était pas au top cette saison, c’était une anomalie. Il faut aussi préparer l’avenir : progresser en Ligue 2, c’est bien, mais il faut dès maintenant préparer la Ligue 1 pour ne pas se contenter de faire de la figuration et poser les bases dès aujourd’hui. »

Un record de 2016 a égalé en championnat

« 5 victoires d’affilée en championnat, ce n’est plus arrivé depuis 2016 ! », s’exclame Romain Aublanc. Une performance qui place la barre très haut pour l’ASSE et montre à quel point cette dynamique sous Montanier est exceptionnelle. Même si cette fois, cela serait en Ligue 2 et non en Ligue 1 comme à l’époque de Galtier, chaque succès envoie un message fort à l’ensemble du championnat et permet de combler le retard accumulé ces dernières semaines. Avec déjà 7 défaites au compteur cette saison, il n’y a plus de marge pour laisser filer des points, surtout à domicile où ils ont trop souvent sous-performé. Ce match contre le Red Star devient donc un véritable test : confirmer la dynamique actuelle tout en posant les bases pour une fin de saison ultra ambitieuse. En clair, tout va mieux pour les Verts, il ne reste plus qu’à confirmer et lancer le sprint final vers la Ligue 1.

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