Des terrains de National au Camp Nou, la belle histoire d'Aïssa Laïdouni

Il y a des carrières qui sont plus longues à se dessiner que d’autres. Aïssa Laïdouni a connu une trajectoire atypique mais est parvenu en quelques saisons à passer de l’anonymat du championnat de National à la Ligue des champions au Camp Nou face au FC Barcelone. Voici son histoire.

Aissa Laidouni (à gauche) à la lutte avec Lionel Messi au Camp Nou en Ligue des Champions
Aissa Laidouni (à gauche) à la lutte avec Lionel Messi au Camp Nou en Ligue des Champions ©Maxppp
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Pour certains joueurs, le chemin menant au plus haut niveau est parfois long et souvent semé d'embûches. La patience est de mise. Aïssa Laïdouni fait partie de ces joueurs à l'éclosion tardive. Pourtant, tout commence bien pour ce milieu de terrain d'origine algérienne et tunisienne arrivé en Anjou avec l'étiquette du défenseur. À 20 ans, il fait ses débuts avec Angers, le club qu'il a rejoint quelques mois plus tôt. Nous sommes en avril 2016. La suite n'a rien de réjouissant. En désaccord avec le SCO, le natif de Montfermeil est prêté deux fois en National. Tout d'abord aux Herbiers (27 matches - 1 but en 2016-17) puis à Chambly (18 matches - 2 buts en 2017-18). C'est alors qu'une proposition émanant de Roumanie arrive. D'abord réticent, le joueur finit par accepter cette destination pour le moins inattendue pour un footballeur de haut niveau formé en France, comme nous l’explique l’un de ses proches.

« Forcément, la Roumanie au début ça te fait réfléchir. Ensuite, il a pesé le pour et le contre avec sa femme et ils ont décidé de tenter le coup. Même si c’était la Roumanie, c’était la première division quand même. » Laïdouni débarque au FC Voluntari, un club de première division roumaine. Et il ne va regretter son choix. En deux saisons, il devient l'un des meilleurs joueurs du championnat, totalisant 52 matches, délivrant 5 passes décisives et marquant à 7 reprises. De quoi éveiller l'intérêt de plusieurs clubs européens. Longtemps, Swansea a pensé pouvoir s'offrir le milieu droit de 24 ans. Laïdouni avait même passé sa visite médicale, mais la gourmandise des dirigeants roumains avait finalement fait capoter l'opération. C'est alors que le club hongrois de Ferencvaros a débarqué et a fini par s'offrir les services du joueur. « Aïssa a forcément été déçu de ne pas avoir été à Swansea, d’autant que tout était calé pour son arrivée, même le flocage de son maillot. Mais il a tout de suite rebondi et n’a pas hésité quand Ferencvaros est arrivé », nous explique-t-on.

Il hésite encore entre l'Algérie et la Tunisie

Une vraie progression pour le joueur et la possibilité de découvrir la Coupe d'Europe au sein d'un club prestigieux et champion en titre de Hongrie. Comme en Roumanie, l'ancien d'Angers s'impose immédiatement. Son coffre, son talent balle au pied et sa technique font de lui un pilier de la formation de Serguei Rebrov. Ce dernier l’utilise aussi bien en sentinelle qu’en numéro 8, sa position préférentielle. En quelques mois, Aïssa Laïdouni devient l'un des meilleurs joueurs du championnat et découvre la Ligue des Champions, compétition dans laquelle il prend part à 5 des 6 matches de son équipe. Et pas face à n'importe qui puisqu'il affronte la Juventus et le Barça et foule les pelouses mythiques du Juventus Stadium et du Camp Nou. Six mois après son arrivée, le bilan est aujourd'hui plus que positif. Meilleur joueur de la phase aller du championnat de Hongrie, Laïdouni s'est fait également remarquer en C1, notamment à Kiev face au Dynamo où il s'est fait remarquer. Il y a quelques jours, il faisait encore la une du principal quotidien sportif hongrois Nemetzi Sport.

Nul doute qu'avec une deuxième partie de saison aussi réussie que la première, il ne devrait pas manquer de courtisans lors du prochain mercato estival. Pas de quoi ébranler ce joueur qui dispose d’un mental à toute épreuve. Pour lui, l’important est de gagner en constance et en maturité et la suite viendra tout naturellement. À commencer par l’équipe nationale, qu’il n’a toujours pas choisie puisqu’il est éligible aussi bien pour l’équipe d’Algérie (par son père) que pour la sélection de Tunisie (par sa mère). « Je ne vous mentirais pas qu’aujourd’hui il a clairement le choix entre l’Algérie et la Tunisie, d’autant que les deux pays l’ont déjà sollicité. Mais il veut prendre son temps et ne compte pas se précipiter. Il est comme ça Aïssa », nous révèle ce proche du joueur. Algérie ou Tunisie, avant d’aller sans doute dans un championnat de plus grande envergure. Peut-être le début de quelque chose pour un joueur encore méconnu en France…

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