Stéphane Dumont, l’homme derrière l’incroyable renouveau de Troyes
Depuis son arrivée sur le banc de l’ESTAC à l’été 2024 en Ligue 2, Stéphane Dumont réalise un travail silencieux mais qui porte ses fruits. Aujourd’hui, Troyes est l’un des candidats les plus crédibles à la montée dans l’élite grâce au tacticien de 43 ans. Portrait de l’un des entraîneurs frissons de l’antichambre de l’élite.
Ces dernières saisons, la Ligue 2 a permis à plusieurs coaches de s’exprimer. Christophe Pélissier, Olivier Dall’Oglio, Pascal Gastien ou encore Luka Elsner, plusieurs entraîneurs ont montré qu’ils avaient des idées de jeu capables de faire des dégâts et d’assurer des places ambitieuses à leurs équipes. Cette saison, Stéphane Dumont s’inscrit dans cette lignée. Ancien milieu défensif passé pendant 19 ans par le LOSC, le natif de Seclin s’est rapidement penché sur une reconversion en tant qu’entraîneur à l’issue de sa carrière. Une transition naturelle selon certains proches. Une personne de son entourage nous a confié «qu’après avoir été le joueur relais de Claude Puel, Claudio Ranieri ou encore Rudi Garcia, tu as des bases intéressantes pour être un bon entraîneur.»
De son côté, Jean-Michel Vandamme connaît Stéphane Dumont depuis des années. Pour le directeur du centre de formation du LOSC, Dumont avait montré de grandes aptitudes managériales durant son parcours en tant que joueur. Dès lors, Vandamme a tout fait pour ramener ce «grand professionnel» à la maison. «Quand il revient dans la région, je l’appelle direct. J’étais convaincu qu’il allait nous apporter énormément au LOSC dans la formation. Il représentait toutes les qualités qu’on recherchait, ne pas lâcher et toujours travailler. Il a été vice-capitaine de notre équipe durant des années, et même lors de l’année du titre en 2011. Il avait des qualités de leader évidentes lors de son long passage en tant que joueur. C’est un exemple d’abnégation. C’est un grand professionnel. Quand il arrive en tant que formateur, les dirigeants voulaient le mettre plus bas, mais j’ai eu une intuition qui me fait dire qu’il aurait été utile direct avec les U17.»
Les prémices d’un grand entraîneur de Ligue 2
Une bonne intuition car Dumont performe avec les U17 avant de gravir les échelons. Après une dernière saison en tant que formateur avec les U19 lillois, il devient adjoint de l’équipe première des Dogues lors de deux rencontres avec Patrick Collot. Par la suite, Dumont collabore avec David Guion sur le banc de Reims et devient adjoint du club marnais entre 2017 et 2021. «Il a permis à des joueurs comme Martin Terrier ou Benjamin Pavard de grandir énormément que ça soit tactiquement et mentalement, rappelle Vandamme. Ensuite, il a toujours cherché à grandir. Il a eu l’intelligence d’avoir appris en tant qu’adjoint. À Reims, il a été très important dans la carrière de Guion. Le duo a été important à Reims où ils ont fait du bon travail.» Une expérience qui lui permettra de découvrir la Ligue 1 sur un banc et de tout naturellement devenir entraîneur principal par la suite. Désireux de devenir numéro 1, il prend la tête de l’En Avant Guingamp en Ligue 2. C’est alors que sa carrière décolle. Avec le club breton, Stéphane Dumont devient un entraîneur référencé de l’antichambre de l’élite.
En trois saisons, l’EAG s’est stabilisé dans les bonnes places du classement. Sixièmes lors des deux premières cuvées de Dumont, les Bretons ont terminé à la neuvième place à l’issue de l’année 2023-2024. Dans un projet en stagnation, Dumont a préféré quitter la Bretagne pour rejoindre un autre projet ambitieux, mais en grand danger : l’ESTAC. Dix-septième la saison précédant son arrivée, Troyes a été redressé sportivement par l’ancien de l’AS Monaco qui a remplacé son ancien collègue de travail, David Guion. Terminant la saison passée à la dixième place, le club aubois a montré qu’il pouvait même être un courtisan à la montée sous la houlette de Stéphane Dumont. «Ils étaient au fond du gouffre quand il est arrivé, rappelle Vandamme. Il a remis l’église au milieu du village. Il est compétent et il est assez intelligent pour savoir s’entourer des bonnes performances. Savoir s’adapter à un groupe comme le City Group n’est pas évident. Il a compris comment marchait le milieu.»
L’ESTAC est bien parti pour la montée en Ligue 1 avec Stéphane Dumont
Aujourd’hui, l’ESTAC est leader de Ligue 2 au bout de dix journées et semble être l’un des favoris pour monter en Ligue 1, trois ans après sa descente. Un redressement sportif qui porte logiquement le sceau de Stéphane Dumont. Pouvant s’appuyer sur un bon recrutement orchestré par Antoine Sibierski et un effectif avec plusieurs joueurs de grande qualité comme Tawfik Bentayeb, Martin Adeline, Merwen Ifnaoui ou encore Paolo Gozzi, le coach de 43 ans réalise du très bon travail. Fan de Premier League et de son intensité, il se rend régulièrement outre-Manche pour observer des rencontres d’Angleterre. «Ce n’est pas un entraîneur dogmatique, il travaille plus que les autres et il s’adapte aux joueurs qu’il a dans son effectif. Il est également animé par une faim de gagner qui était déjà là quand il était joueur. Il a gagné des titres en tant que joueur mais il veut aller encore plus loin avec la casquette d’entraîneur», explique une source proche du tacticien.
Dès lors, quelles sont les limites d’un entraîneur qui réussit partout où il passe ? Pour ceux qui l’entourent, Dumont peut aller très loin mais une étape nécessaire fait l’unanimité : le LOSC. Après avoir passé toute sa formation à Lille et ayant porté la tunique nordiste à 191 reprises durant ses dix saisons en professionnel, dont huit à Lille, l’ancien entraîneur de Guingamp pourrait rêver d’un retour à la maison qui se murmure même parmi ses proches. Pour Jean-Michel Vandamme, l’union serait forcément une réussite : «ça serait magnifique. Ce n’est pas impossible de le voir à l’avenir. Quand je vois les entraîneurs passés chez nous, il colle à l’identité. Fonseca, Genesio, ce sont de grands entraîneurs. Évidemment, je le vois mal prendre la place de Bruno actuellement car il réalise un travail de grande qualité. Mais si un jour Stéphane revient à Lille, ça serait merveilleux. Ça sera un club de haut niveau qui lui conviendrait. Je suis certain que même s’il passe par une équipe intermédiaire, il fera le travail.» Le rendez-vous est pris mais il faudra sûrement sécuriser une montée en Ligue 1 avec Troyes pour y arriver. Ce vendredi, l’ESTAC se déplace sur la pelouse de Reims, une équipe qu’il connaît très bien, et cherchera à poursuivre son incroyable début de cuvée avec une huitième victoire en onze rencontres de Ligue 2.
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