Une fois n’est pas coutume, le Bayern Munich survole la Bundesliga cette saison. Après des débuts difficiles, les Bavarois, désormais coachés par Jupp Heynckes, comptent à la trêve 11 points d’avance en tête du championnat. Ce détail pris en compte, il faut se pencher sur les poursuivants de l’ogre munichois pour s’apercevoir que la bataille pour les trois autres tickets qualificatifs pour la prochaine édition de la Ligue des champions fait rage. Cinq équipes sont actuellement en ballottage. Si Schalke tient la corde, avec 30 points au compteur, le quatuor composé du Borussia Dortmund, du Bayern Leverkusen, du RB Leipzig et du Borussia Mönchengladbach, tous à 28 points, n’est pas en reste.

C’est aujourd’hui du côté de Leverkusen que nous partons. Trois défaites concédées lors des cinq premiers matches de la saison et le Bayer Leverkusen croyait bien repartir sur une année compliquée, après avoir terminé l’exercice précédent à une triste 12e place. Mais si elle l’ignorait à ce moment-là, le 20 septembre, l’équipe désormais entraînée par Heiko Herrlich allait concéder sa dernière défaite, série en cours, du côté de Berlin (2-1). Le Bayer a terminé l’année 2017, restant invaincu sur ses 12 derniers matches de Bundesliga (six victoires, six matches nuls), plus longue série d’invincibilité d’un club allemand cette saison. Et c’est également la plus longue série du club sur les huit dernières saisons.

Une première titularisation qui change tout

Si la dernière défaite du Bayer 04 Leverkusen Fußball GmbH face au Hertha Berlin semble appartenir au passé, elle fut sans aucun doute l’élément fondateur de la révolte des Rouge-et-Noir. Puisque c’est après ce revers que Heiko Herrlich a offert sa première titularisation à l’ailier jamaïcain Leon Bailey. L’attaquant de 20 ans avait explosé la saison dernière sur la scène de la Ligue Europa, avec le KRC Genk (7 buts et 3 passes décisives, qualifications et phase de groupes confondues), et, dès janvier, des écuries de France (PSG, Monaco, Lyon) et d’ailleurs (Manchester United, Ajax, Naples) avaient manifesté leur intérêt pour s’attacher ses services. Formidable exportateur de talents ces dernières années (Courtois, De Bruyne, Koulibaly, Benteke...), Genk avait finalement laissé filer sa pépite du côté de la Bundesliga et de Leverkusen, contre une somme avoisinant les 13,5 M€.

Très peu utilisé la saison dernière, Bailey a pris le temps de s’adapter à un nouveau championnat, effectuant 8 petites apparitions. Si cette nouvelle saison débutait tout aussi tranquillement, sa première titularisation avec le Bayer, face à Hambourg, fin septembre (victoire 3-0), fit office de déclic. Avec deux passes décisives à la clé, le joueur lié au club de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a clairement lancé sa carrière allemande. Un but lors de la rencontre suivante face à Schalke et le Jamaïcain allait enchaîner 8 titularisations. Tant est si bien que le Bayer n’a jamais perdu lorsqu’il était titulaire. Bailey a conclu la première partie de saison avec 6 buts et 4 passes décisives. Et cela ne s’arrête pas là, puisqu’il brille également en Coupe d’Allemagne, où il a inscrit 2 buts en 2 matches, offrant la qualification pour les quarts à son équipe, sur la pelouse de Gladbach, ce mercredi (0-1).

Déjà un intérêt de Chelsea

Avec Kevin Volland, auteur de 9 buts en 16 rencontres de Bundesliga, et Leon Bailey, mais également Julian Brandt ou encore Lucas Alario, arrivé cet été de River Plate, Leverkusen s’est doté d’une attaque létale. Troisième armada offensive de Bundesliga (34 buts), derrière Dortmund (39) et le Bayern (37), le Bayer Leverkusen a toujours marqué au moins une fois lors de ses 22 derniers matches de Bundesliga. La plus longue série actuelle de Bundesliga et la plus longue de Leverkusen sur les 16 dernières années (la deuxième plus longue de l’histoire du club).

Des statistiques qui ont attiré l’attention de nombreux clubs prestigieux. Et lorsque le Bayer est évoqué, le nom de Leon Bailey n’est jamais très loin. Tout récemment, Chelsea s’est d’ailleurs positionné, avec une proposition avoisinant les 25 millions d’euros pour s’attacher les services du joueur sous contrat jusqu’en 2022. Mais pas sûr qu’en Allemagne on soit d’accord pour laisser filer un tel espoir. Directeur sportif du Bayer Leverkusen, Rudi Völler a d’ailleurs réagi calmement sur le sujet. « Nous avons prouvé à maintes reprises que nous pouvons dire non, nous sommes très détendus », a déclaré Völler après le nul (4-4) du Bayer Leverkusen face à Hanovre 96, lors duquel Bailey avait inscrit 2 buts après être entré à la pause.

Pour le journaliste allemand de Fussball Transfers Tobias Feldhoff, « il est l’un des joueurs les plus talentueux de la Bundesliga. Il est rapide comme l’éclair, mais sa vitesse n’est pas sa seule force. Il semble prêt à assimiler ce que son entraîneur, Heiko Herrlich, essaie de lui apprendre, il avait besoin de temps pour s’habituer à la Bundesliga, c’est désormais chose faite. Le Bayer Leverkusen joue un football plus construit, ce qui l’aide à montrer ses qualités, en particulier sur l’aile gauche. » Pétri de talent, à seulement 20 ans, Leon Bailey pourrait ne pas s’éterniser à Leverkusen. Mais si l’ami proche d’Usain Bolt a démarré sa carrière sur les chapeaux de roue, il devra certainement encore prouver qu’il peut tenir la distance.

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