La première immense surprise de la Coupe du Monde 2018 allait-elle se dérouler à Saint-Pétersbourg ? Opposée au Nigeria, l’Argentine jouait ce mardi soir sa présence en huitièmes de finale face aux Super Eagles, en espérant que le résultat d’Islande-Croatie ne lui soit pas défavorable. Pour ce match décisif pour les deux sélections, le coach argentin, Jorge Sampaoli, avait décidé d’à nouveau changer son onze de départ, avec un 4-3-3 modulable destiné à mettre Lionel Messi dans les meilleures dispositions. Coté nigérian, c’était un 5-3-2 (ou 3-5-2, c’est selon), avec Musa et Iheanacho en pointe. Ce match sentait le soufre et le début de rencontre le prouvait avec une intensité maximale mise par des Argentins dos au mur.

L’Albiceleste cherchait à s’appuyer essentiellement sur Lionel Messi, visiblement en jambes, mais se mettait parfois en danger avec la vitesse de Musa, lui aussi bien entré dans la rencontre. Après deux petites alertes nigérianes, c’est bien la Pulga qui allait ouvrir la marque, son premier but dans cette Coupe du Monde. Sur une ouverture parfaite de Banega, il contrôlait de la cuisse puis du pied gauche avant de frapper croisé du droit (1-0, 14e). Le joueur du Barça avait choisi de faire la différence et il le prouvait dix minutes plus tard avec un amour de ballon pour Higuain, titularisé en pointe, qui était un poil court pour mieux lever son ballon piqué devant Uzoho (24e). Et le Nigeria là-dedans ? Pas grand-chose à signaler dans le jeu, avec même des pertes de balle inquiétantes dans l’entrejeu. Côté argentin en revanche, on sentait que la titularisation de Banega apportait de la fluidité au jeu.

L’Argentine a eu des balles de 2-0...

Après un jeu à trois avec Banega et Higuain, Di Maria était lancé en profondeur, mais était fauché, malencontreusement plus que méchamment, par Balogun, qui récoltait un jaune. Sur le coup-franc, Messi trouvait le poteau gauche d’Uzoho, qui avait légèrement touché le ballon. Messi en pleine forme, Banega inspiré, il n’en fallait pas plus pour l’Albiceleste domine la rencontre face à un Nigeria globalement décevant. Au retour des vestiaires, Gernot Rohr, le sélectionneur du Nigéria, sortait Iheanacho pour faire entrer Ighalo. Et cela marchait un peu mieux. Ighalo posait vite quelques problèmes, mais depuis le début de ce Mondial, l’Argentine n’a besoin de personne pour se mettre dans de sales draps. Par manque de communication, trois défenseurs se jetaient sur une longue touche de Musa, alors qu’il n’y avait pas d’adversaire aux alentours, et le ballon filait en corner. Sur le corner, Mascherano ceinturait Balogun et l’arbitre n’hésitait pas : penalty ! Victor Moses prenait Armani à contre-pied et égalisait (1-1, 50e) !

Le Nigéria était alors virtuellement qualifié pour les 8es de finale, contrairement à l’Argentine, condamnée à marquer. Les Super Eagles continuaient à se montrer menaçants en contre, en utilisant la vitesse de Musa, qui humiliait un Mascherano, déjà mal en point, en pleine surface... Messi, lui, perdait peu à peu en influence, et personne ne prenait vraiment le relais, à l’image d’un Di Maria trop timoré encore une fois. Indigents dans le jeu, les hommes de Sampaoli ne semblaient pas avoir la solution pour créer le danger. Et le sélectionneur ne les aidait pas vraiment avec ses changements (Mesa pour Di Maria, Pavon pour Perez). Pire, le Nigéria n’était pas loin du but victorieux à la 71e minute, sur une frappe puissante de Ndidi après un nouveau numéro de Musa sur l’aile gauche ! Le drame se nouait peu à peu et prenait une nouvelle tournure lorsque l’arbitre ne sifflait pas penalty malgré une main grossière de Rojo (suite à une tête ratée !), alors qu’Ighalo n’avait pas cadré sa reprise de volée dans la foulée (76e) ! Un moment de frayeur intense pour les Argentins !

Sampaoli jouait alors son va-tout en lançant Agüero à la place de Tagliafico (80e). Higuain loupait à son tour une énorme occasion après un centre en retrait (81e). Lui qui en a mis tellement avec ses différents clubs dans cette situation était visiblement aussi contaminé par la fébrilité ambiante. Ighalo, en angle fermé, butait sur Armani et gâchait une nouvelle opportunité de tuer le match (83e). Dans la foulée, Etebo était à deux doigts de marquer sur un coup-franc direct. Mais l’Argentine, à défaut d’être brillante dans le jeu, allait montrer toute sa grinta grâce à… ses défenseurs : centre de Mercado et reprise de volée (du droit) du gaucher Marcos Rojo, tant critiqué au pays, pour le but de la délivrance (2-1, 86e) ! Maradona pouvait exulter dans les tribunes. L’Argentine a souffert le martyre, mais est bien qualifiée pour les 8es de finale, où elle affrontera l’équipe de France samedi prochain ! Le Nigéria risque de ruminer ses grosses occasions à 1-1 et la décision de l’arbitre de ne pas siffler main...

La Croatie assure

Si tous les regards étaient braqués vers la rencontre entre l’Argentine et le Nigéria, un autre match important se jouait. C’était celui entre la Croatie et l’Islande. Les Croates étaient déjà sûrs de se qualifier et presque certains, sauf tremblement de terre, de terminer premiers de la poule. Inutile d’avancer donc qu’on attendait beaucoup de la dernière belle surprise de l’Euro 2016. Pourtant, pendant la première demi-heure, c’était bien les Croates, avec neuf changements dans le onze de départ par rapport au dernier match, qui mettaient le pied sur le ballon. Ce n’est pas pour autant qu’ils avaient de nombreuses occasions et après la 30e minute, c’était au tour des Islandais de tenter leur chance sur de nombreux coups de pied arrêtés. À la pause les deux formations étaient à égalité.

Au retour des vestiaires, les Islandais apprenaient qu’ils pouvaient encore se qualifier visiblement. Même si les Nordiques avaient la possession, Modric et ses partenaires se procuraient les plus belles occasions. Il n’était donc pas étonnant de voir Milan Badelj ouvrir la marque suite à un joli travail sur le côté de Pivaric (0-1, 53e). Ensuite, Ingasson trouvait la barre transversale de la tête (56e). Mais les joueurs islandais continuaient d’essayer de revenir. Ainsi, sur un centre venu de la droite, Dejan Lovren contrait le ballon de la main. L’arbitre désignait alors le point de penalty (75e). Une offrande que Sigurdsson ne gâchait pas en frappant fort au milieu du but (1-1, 76e). Les Croates jouaient en contre et eurent quelques occasions. Sur l’un d’entre eux, Ivan Perisic crucifiait le portier islandais d’une belle frappe croisée du gauche (1-2, 90e) avec ce résultat, l’Islande termine bonne dernière du groupe et la Croatie première.

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