Le retour d’un jeu plus direct

C’est le changement le plus visible sur les sept rencontres dirigées jusqu’ici par l’Argentin. Si Julen Lopetegui avait tenté d’imposer ce jeu de toque, cherchant à prendre le contrôle du ballon et à développer un jeu plutôt court, l’ancien du Castilla a remis au goût du jour ce jeu direct plus traditionnel que l’on voyait avec Zinedine Zidane par exemple. Avec Lopetegui, on avait vu le Real Madrid terminer au-dessus des 70% de possession à de nombreuses reprises ; avec Solari, les Merengues concluent parfois les rencontres avec autant voire moins de possession que leur rival, à l’image de cette victoire 4-2 contre le Celta en Liga (48% de possession) ou le succès 2-0 chez la Roma en Ligue des Champions (52% de possession). On passe plus sur les côtés, avec des latéraux plus tranchants, et le ballon transite moins longtemps dans l’entrejeu. Derrière, le Real Madrid a également retrouvé une certaine solidité défensive qui lui faisait tant défaut en début de saison.

L’efficacité et la réussite retrouvées

Avec Solari, le Real Madrid est au-dessus des 3 buts par matchs de moyenne. Avec Julen Lopetegui, les Merengues tournaient à 1,5 réalisation par contre. Des statistiques revues à la hausse qui s’expliquent par ce nouveau jeu, plus direct qu’avec le Basque. Mais pas que. De nombreux joueurs semblent plus en confiance, comme Karim Benzema ou Lucas Vazquez, qui semblait pourtant au fond du trou en début de saison. Mieux dans leur tête, les doutes dissipés, les attaquants merengues sont plus létaux dans la surface adverse. Et dans le même temps, Santiago Solari a également cette petite touche de réussite avec lui, comme ces deux poteaux pour Valladolid alors que le résultat était de 0-0 (victoire 2-0 au final pour les Madrilènes). Des situations également vécues contre le Celta ou le Viktoria Plzen.

Des décisions fortes

On le sait, dans un club comme le Real Madrid, c’est loin d’être évident d’arriver et d’imposer sa patte, surtout au niveau des joueurs utilisés. Pourtant, Solari n’a pas tremblé lorsqu’il a dû prendre certaines décisions, la plus marquante étant celle d’avoir écarté Isco des onze de départ. L’Andalou n’a ainsi démarré aucun des sept matchs dirigés par l’ancien joueur, et a même assisté au duel européen contre la Roma depuis les tribunes. Si la relation entre les deux hommes semble s’être dégradée, le joueur lui ayant visiblement manqué de respect après le duel contre Eibar lors de la 13e journée, l’Argentin lui reprochait initialement un manque d’implication à l’entraînement, et la presse espagnole évoque aussi un possible surpoids du joueur. On notera aussi que, si Julen Lopetegui faisait un peu tourner entre Thibaut Courtois et Keylor Navas, Solari a installé le Belge comme titulaire indiscutable quelle que soit la compétition.

Place à la jeunesse ?

L’ancien joueur de l’Albiceleste a également donné beaucoup de temps de jeu aux jeunes joueurs. Sergio Reguilón continue ainsi à engranger du temps de jeu sur le flanc gauche de la défense, réalisant des performances plus que convaincantes. Dani Ceballos continue de briller dans l’entrejeu madrilène, affichant toute sa qualité technique et sa vision du jeu lorsque l’Argentin fait appel à lui. Mais c’est peut-être Marcos Llorente qui marque le plus de points en ce moment, profitant de l’absence de Casemiro. Placardisé jusqu’ici, l’Espagnol se montre au niveau et brille dans la distribution au milieu de terrain. Vinicius Junior a également pu s’offrir quelques entrées en jeu. Reste tout de même à voir si, une fois tout son effectif disponible, Santiago Solari continuera de miser sur ses jeunes éléments.

Des points à améliorer encore

Tout est cependant loin d’être parfait encore. Beaucoup de joueurs sont en dessous du niveau auquel ils pourraient être. C’est le cas de Gareth Bale, Marco Asensio ou même Luka Modric. C’est à la fois inquiétant mais aussi rassurant, dans la mesure où le Real Madrid ne dépend pas forcément de ses individualités et qu’une fois qu’elles seront au niveau on peut imaginer que l’équipe sera plus forte. Solari doit donc récupérer des joueurs, mais aussi trouver un onze de gala en vue des grosses échéances. Sur certaines séquences, on voit aussi les Madrilènes sans idées et recommencer à mettre des ballons finalement peu dangereux dans la surface. Le chantier n’est donc pas terminé, mais les premières bases posées sont solides.