Une abnégation qui force le respect. On peut dire ou écrire tout ce que l’on veut sur Wissam Ben Yedder. Mais il est une chose qui est sûre, c’est que l’ancien Toulousain ne lâche jamais rien. Ce fut le cas en sélection nationale. Courtisé fortement par la Tunisie, l’attaquant a toujours repoussé les avances des Aigles de Carthage afin de pouvoir avoir une chance de jouer en équipe de France A. Sa patience et son travail ont payé puisqu’il a été sélectionné en mars dernier par Didier Deschamps. « Merci beaucoup à tous c’est un bonheur pour lequel je n’ai pas les mots... Tout le monde sait à quel point j’ai espéré et travaillé pour que ce jour arrive... C’est une grande fierté pour moi et pour vous tous qui m’avez toujours soutenu », avait tweeté le footballeur né en 1990 qui avait joué 17 minutes face à la Colombie (défaite 2-3, 23 mars).

Ben Yedder ne lâche rien

Mais finalement réserviste, WBY n’avait pas été du voyage en Russie quelques semaines plus tard. En club aussi le natif de Sarcelles n’a jamais ménagé ses efforts. Et cela est encore le cas depuis quelques temps. En effet, cet été, le Séville FC a clairement ouvert la porte à un départ de l’international tricolore. El Desmarque avait expliqué son coach Pablo Machin n’était pas forcément fan de son profil et que les Espagnols comptaient beaucoup sur Luis Muriel et qu’ils cherchaient un attaquant de surface fort dans le jeu aérien qui pourrait être un complément d’André Silva. Les Andalous ont tout tenté pour s’offrir Mariano Diaz, qui traînait son spleen à Lyon. Alors que les négociations étaient bien engagées, le Dominicain a été rapatrié in extremis par le Real Madrid. Doublés, les pensionnaires du stade Sanchez-Pizjuan n’ont pas recruté de joueur au profil recherché.

En parallèle, Wissam Ben Yedder, dont le prix avait été fixé à 25 millions d’euros, est resté. Titulaire lors de 4 matches sur 5 en Europa League, il avait pris place sur le banc en Supercoupe d’Espagne (défaite 1-2 contre le Barça) le 12 aôut et en Liga où il était entré en jeu 8 minutes contre Villarreal (2ème journée, 26 août) puis 45 minutes contre Getafe (4ème journée, 16 septembre). Malgré les difficultés, le Français avait bien l’intention de se battre comme nous l’avait expliqué son coéquipier Joris Gnagnon début septembre. « C’est vrai qu’il ne vit pas une situation facile car il ne joue pas plus que ça malgré son talent. Il ne le vit pas forcément bien. Mais comme je suis avec lui au quotidien, je peux vous dire que c’est un battant. Il a faim. Il n’a pas envie de lâcher. Il a envie de prouver et de se faire sa place. C’est un bosseur. II ne lâchera rien ».

WBY enchaîne les buts

Et l’ancien Rennais avait vu juste. WBY n’a pas lâché le morceau. Titulaire face au Standard de Liège en Ligue Europa (20 septembre), il a signé un doublé lors de la victoire 5 à 2. Puis, il a été aligné d’entrée pour la première fois en Liga le 23 septembre contre Levante. Ben Yedder a planté un triplé lors du succès 6 à 2. Cette saison, il en est donc à 7 buts en 10 matches toutes compétitions confondues (une passe décisive). De quoi rendre fier son entraîneur qui avait confié après le match contre le StaNdard. « Il n’y a pas de duel. L’entraîneur est ravi que les joueurs lui rendent la tâche difficile.J’apprécie les efforts. Ben Yedder a compris qu’il devait travailler comme tout le monde et que les opportunités viendront. Il est très bon, il a de la clairvoyance devant le but ». Du côté de la presse espagnole, le Français a aussi marqué des points. Journaliste pour Estadio Deportivo, Enrique Garcia nous a confié.

« Avec Ben Yedder, c’est un peu toujours la même chose. Moins avec Berizzo. Il a commencé en tant que remplaçant avec tous les entraîneurs et il a fini par jouer parce qu’il marque toujours. Avec l’entraîneur actuel, c’est pareil. Machin a un style de jeu qui, en principe, ne convient pas à Wissam. Mais au final, le plus important ce sont les buts et il doit jouer. Il veut de grands attaquants mais Wissam peut être un deuxième attaquant et faire ce que faisait Portu avec Stuani. Machin a dit un jour que Ben Yedder devait faire "plus de choses avant de penser à marquer". Mais s’il y a bien une chose qui permet à WBY de se distinguer, ce sont les buts qu’il marque. En plus, il a autre chose : il ne baisse jamais les bras. si on ne le titularise pas, il entre en jeu et donne tout. Il le fait jusqu’à ce qu’il soit titulaire. Et il ne proteste jamais ». Comme d’autres avant lui, Machin semble lui aussi s’incliner devant Ben Yedder.