Foot Mercato : Vous en êtes à votre quatrième saison à Nice. Quel bilan faîtes-vous de votre aventure azuréenne ?

Didier Digard : J’ai un peu tout connu. Le maintien, la quatrième place la saison dernière, quelques entraîneurs, pas mal de joueurs. Quand on s’installe dans la durée dans un club, on voit beaucoup de choses s’y dérouler.

FM : Vous êtes le capitaine. Comment endossez-vous cette fonction ?

DD : Capitaine ou leader, ça ne change pas grand-chose. C’est juste être un exemple pour les jeunes, leur faciliter les choses le plus possible, les accompagner dans leur progression, car l’avenir de notre club passe par la formation.

FM : Les jeunes sont-ils à l’écoute ?

DD : On a la chance d’avoir des jeunes vraiment à l’écoute, très réceptifs, respectueux, avec qui on échange beaucoup, qui ont soif d’apprendre et de progresser. C’est une chance, on sait que des groupes vivent moins bien que le nôtre, c’est notre force depuis toujours, pourvu que ça dure.

FM : Vous sentez-vous, quelque part et malgré vos 27 ans, comme un vétéran dans ce groupe ?

DD : Non, pas du tout, parce que je suis jeune. Quand je vois quelqu’un comme Fabrice (Abriel) ou Mathieu (Bodmer), qui sont plus âgés, on n’est pas dépassé par les évènements ! J’ai peut-être joué plus, mais je ne me sens pas comme un vétéran. Je suis très bien ici.

FM : Quel regard portez-vous sur la progression de Bosetti et Maupay ?

DD : Alexy a connu des moments difficiles, car chez les jeunes il était la star, il mettait tous les buts. Chez les professionnels, c’est différent, il a eu moins de temps de jeu, avec un autre attaquant qui marque et qui est en réussite (Cvitanich, Ndlr). Il a pris son mal en patience, le coach l’a beaucoup utilisé sur les côtés pour qu’il ait un éventail de possibilités pour progresser et s’aguerrir. Aujourd’hui, le travail porte ses fruits, mais ce n’est qu’un début, il ne doit pas lâcher et c’est ce qu’il fait. Neal, c’est impressionnant. Il a commencé très tôt (il a disputé son premier match le 15 septembre 2012 contre Brest à 16 ans et 32 jours, Ndlr), et a eu très tôt une grave blessure (rupture du ligament croisé antérieur du genou droit au mois d’avril 2013, Ndlr). Le staff médical et les préparateurs physiques n’ont pas brûlé les étapes, et on voit qu’il est de nouveau très performant. Il a déjà marqué (4 buts depuis son retour, Ndlr), il a un jeu d’adulte, joue comme un vrai professionnel. Il deviendra, je l’espère pour lui, un grand attaquant.

FM : Le parcours du club en championnat est mi-figue mi-raisin, avec une treizième place au classement. Comment l’expliquez-vous ?

DD : On a connu une très mauvaise série, avec sept défaites de suite (entre le 26 octobre et le 7 décembre, Ndlr), donc forcément ça n’aide pas. On a eu beaucoup de blessés, on a connu une grosse désillusion avec la non-qualification en Europa League, qui a peut-être plombé les têtes au départ. Il va falloir redresser la barre petit-à-petit.

FM : Quel est donc l’objectif en championnat ?

DD : C’est se maintenir, c’est la base. Une fois maintenu, on verra s’il y a quelque chose à jouer. Mais quand on est treizième et qu’on a connu une série comme la nôtre, l’objectif c’est clairement de se maintenir.

FM : Pour en revenir à vous, vous avez connu l’Angleterre dans votre parcours. Que retenez-vous de cette expérience ?

DD : C’est une autre culture, une autre approche. L’engouement est énorme, l’Angleterre c’est fantastique. Tous ceux qui ont connu cette expérience ont connu quelque chose de fabuleux.

FM : En parlant d’engouement, le public niçois est plutôt pas mal…

DD : Oui, bien sûr ! Les supporters font partie de l’histoire du club, ils ont toujours été présents. En quatre ans ici, j’ai vécu beaucoup de choses, ils ont toujours été là, dans les moments difficiles ou plus heureux.

FM : Et comment vous sentez-vous dans l’Allianz Riviera ?

DD : C’est un très bon outil de travail. Un si beau stade qui peut accueillir beaucoup de monde, c’est une bonne chose pour nous. Il y a une meilleure ambiance, on essaie de rendre heureux les supporters sur le terrain en retour. Après, sincèrement, peu importe le stade, tout ce qu’on veut c’est gagner ! L’important maintenant, ce serait d’avoir un nouveau centre d’entraînement.