FootMercato : Tout d’abord, comment allez-vous ?

Patrice Loko : Ça va bien. Depuis la fin de ma carrière, j’ai créé une société d’évènement avec mon frère William, j’organise des soirées autour de matches de football ou de rugby. Ça s’appelle Loko Sports Évènements (pour plus d’informations : www.lokosportevenements.com).

FM : Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

PL : Ça s’adresse aux chefs d’entreprise qui cherchent à inviter leurs collaborateurs ou leurs meilleurs clients à passer une soirée football ou rugby en notre compagnie. Je suis toujours présent et j’essaie au maximum d’inviter d’autres anciens joueurs. C’est toujours sympa. On fait du foot, du rugby, on organise aussi des soirées quads. On a de la demande, ça fait deux ans et demi qu’on a commencé, ça se passe bien. On achète un quota de places aux clubs. On y apporte un plus avec un apéritif avant ou après la rencontre et la présence de joueurs pour monter une soirée sympathique autour des évènements sportifs.

FM : Votre domaine d’activité tourne toujours autour du sport et du foot donc. N’est-ce pas trop dur de passer d’une carrière de sportif de haut niveau à celle de chef d’entreprise ?

PL : Non, non, ça me prend pas mal de temps, mais à côté, on fait pas mal de matchs avec les anciens de l’équipe de France, les anciens Nantais. Je fais pas mal de sport encore à côté. Quand on est sollicité à gauche, à droite, ce n’est pas évident. Mon temps est toujours compté. Mais je m’y fais bien à cette nouvelle vie !

FM : Vous avez brillamment passé vos diplômes d’entraîneur, sans avoir pour autant pris un poste. Est-ce un projet futur ?

PL : Dans l’immédiat, je n’ai pas envie de prendre d’équipe. Mais on ne sait jamais, le jour où j’aurai une opportunité, peut-être que cela me prendra. Ce n’est pas ce que j’ai envie de faire aujourd’hui. Je voudrai plutôt être directeur sportif ou directeur administratif. Mais je n’ai pas encore eu d’offres.

FM : En tant qu’entraîneur diplômé, vous avez forcément été marqué par le travail de votre ancien coach à Nantes Jean-Claude Suaudeau.

PL : C’est vrai que Coco Suaudeau est un super entraîneur qui nous a fait découvrir des choses au niveau du football, de la joie de jouer, des déplacements et de l’envie. Ce sont des valeurs importantes qu’on ne retrouve plus malheureusement aujourd’hui au FC Nantes. J’aspire à voir de meilleures choses, mais ce n’est pas le cas actuellement.

FM : Quel est votre sentiment sur la situation actuelle des Canaris ?

PL : Le club végète en Ligue 2, change d’entraîneur tous les deux mois. La situation n’est pas stable et cela ne doit pas être évident pour les joueurs. J’espère que le club va remonter très rapidement et surtout au moins se maintenir en L2 cette année. Je vais régulièrement à La Beaujoire et malheureusement je ne vois pas du beau football et ça m’inquiète. Ils ont largement le potentiel pour se maintenir, même mieux. A priori, le maintien sera quand même ce qu’ils pourront faire de mieux cette année.





Son regard sur l’actualité du football français

FM : Avez-vous été contacté par la direction actuelle ?

PL : Non.

FM : Si on vous demandait votre aide, vous accepteriez ?

PL : Bien sûr, si je pouvais les aider, ça m’intéresserait, mais ça n’est pas le cas aujourd’hui.

FM : En tant qu’ancien international, pouvez-vous nous donner vos impressions sur la dernière liste de Raymond Domenech pour France - Espagne ?

PL : Les deux nouveaux Mickaël Ciani et Benoît Cheyrou sont des joueurs que j’apprécie, car ils montrent de belles choses dans notre championnat. Je pense que c’est bien de voir de nouvelles têtes dans le groupe. Cela permet de jauger les forces en présence et d’amener du sang neuf pour pallier les blessures.

FM : Pensez-vous qu’ils ont des chances d’aller au Mondial ?

PL : C’est vrai qu’il y a beaucoup de blessures, mais maintenant on ne sait jamais ce qui peut se passer. Ce sont deux joueurs intéressants et qui peuvent faire quelque chose avec l’équipe de France. Ils ont le niveau.

FM : Comment évaluez-vous les chances des Bleus au Mondial ?

PL : On ne peut jamais être confiant lorsque l’on débute une compétition comme celle-là au vu des autres grosses équipes. J’espère bien sûr que l’équipe de France passera le premier tour et ira encore plus loin. Mais déjà, il faut se concentrer sur le premier tour.

FM : Ce dimanche, il y a le Clasico Paris SG-Olympique de Marseille. Quel est votre pronostic ?

PL : Je n’y serai pas. Je participe au jubilé de Luis Fernandez à Cannes. Sinon, j’aurai été au Parc des Princes avec plaisir pour supporter mon équipe. J’y ai joué longtemps aussi à Paris. C’est un club que je suis beaucoup. Malheureusement, en ce moment l’équipe d’Antoine Kombouaré est un petit peu en difficulté. Mais sur un gros match comme ça, ils vont être présents.





Le PSG, un souvenir extraordinaire

FM : Votre expérience au PSG reste-t-elle un bon souvenir ?

PL : Oui, c’est un super souvenir. J’ai gagné la Coupe d’Europe avec le Paris Saint-Germain avec Luis Fernandez, Paul Le Guen, Vincent Guérin... Ce sont des souvenirs très forts pour moi.

FM : Vous êtes arrivé à l’Olympique Lyonnais au moment où le club a commencé sa domination sur le football français. L’aviez-vous pressenti ?

PL : Oui, je l’ai ressenti tout de suite. Je venais du Paris SG, qui avait un fonctionnement européen. Et, quand je suis arrivé à Lyon, les infrastructures étaient là, le président était impliqué, les gens autour de lui aussi. Ils ont su élever le niveau année après année. Quand j’y étais, on a gagné la Coupe de la Ligue. Et ensuite, ils ont enchaîné les titres de champion. Ça montre vraiment que le club existe pour le haut niveau.

FM : Pensez-vous que les hommes de Claude Puel peuvent se qualifier face au Real Madrid après le très bon résultat à Gerland ?

PL : Par rapport au match aller, c’est vrai que moi j’ai vu un très bon match. Pourquoi pas faire un exploit ? Bien sûr le Real Madrid est une grosse équipe qui tourne bien, mais pourquoi pas. En tout cas, je leur souhaite, car avec mon frère on pourra ensuite organiser une soirée pour les quarts de finale et pour suivre leur aventure dans les prochains tours.

FM : Vous avez toujours évolué en France. N’auriez-vous pas aimé jouer à l’étranger durant votre carrière ?

PL : J’aurai aimé jouer à l’étranger notamment en Angleterre. C’est un championnat qui m’aurait attiré. J’ai eu la possibilité d’y aller lorsque j’étais à Montpellier, mais ça ne s’est pas fait pour des problèmes financiers. Je ne regrette pas, j’ai fait une belle carrière, mais c’est quelque chose qui me manque par rapport à mon palmarès.

FM : Pour terminer, quels sont les deux meilleurs souvenirs de votre carrière de footballeur ?

PL : J’en ai deux : la Coupe d’Europe en 1996 avec le Paris SG et le titre de champion de France en 1995 avec le FC Nantes. Ce sont vraiment mes deux meilleurs souvenirs de joueur.