Il y a plus d’un an, nous vous présentions dans notre célèbre catégorie du dimanche matin Samuel Essende, le jeune attaquant du Paris Saint-Germain. Né en 1998, il fait partie de la génération d’Odsonne Édouard et de Jonathan Ikoné. Un an après, il n’a pas vraiment changé. « Je suis un attaquant, 9, c’est mon poste de prédilection. Je peux évoluer sur les côtés parce que je sais manier le ballon. Je suis plutôt qui sait garder, prendre la profondeur, je sais aussi. J’aime toucher le ballon, proposer des solutions, j’aime le ballon. Je propose beaucoup en profondeur, je sais éliminer et je suis finisseur. L’année dernière, j’ai dû mettre 17 ou 18 buts, c’est pas mal », nous explique ce grand gaillard, la tête sur les épaules et bien entouré par ses conseillers avec qui tout se déroule bien et qui s’occupent de gérer ses ses intérêts.

Malgré le fait qu’il ait joué toute sa - jeune - vie au Paris Saint-Germain, son parcours n’a pas grand-chose d’académique. En tout cas en dehors du rectangle vert. « Depuis que j’ai douze ans, je suis au PSG. Ils m’ont pris un an en avance. J’avais beaucoup de sollicitations, je devais partir dans d’autres clubs et ils ont dû faire le forcing. J’avais beaucoup de bons clubs top club. Je devais partir à Monaco. Finalement, les parents ont vu la distance, ils ont vu le mieux pour moi, les études, que je les vois souvent et ils ont opté pour le PSG. J’ai fait toutes les catégories ici. Le football, c’est déjà un peu de chance. J’ai grandi jusqu’à mes 10 ans à Colombes et le reste à Clichy. Je me rappelle de mes premiers pas, j’ai été très bien accueilli. Comme tout le monde venait d’arriver, on se cherchait tous. On s’est bien entendu directement. Quand je suis arrivé, je n’avais pas beaucoup de pression, je ne me rendais pas beaucoup compte. Je venais d’arriver, bon ok, c’est le PSG, mais je jouais comme si je jouais au Racing. Le fait que je me sois dit "ah ça y est je suis au PSG", c’est quand je suis rentré au centre », nous avance-t-il.

Une tête sur les épaules et un encadrement sain

Mais au Paris Saint-Germain, la lutte fait rage. Dans un club très élitiste comme celui qui est déjà sacré champion de France 201-2018, il faut avoir un mental solide et la tête sur les épaules, ce qu’a Samuel Essende en plus des travaux qu’il multiplie en prenant un préparateur physique qui s’occupe de lui deux à trois fois par semaine en plus des entraînements du Paris Saint-Germain. Au fur et à mesure, la pression augmente et lui peut compter sur sa famille toujours derrière dans le bon et le mauvais sens du terme. « Mon père est très calme aussi. C’est un truc que j’ai développé. Au début comme tous les parents, ils n’étaient pas trop pour le foot, ils me parlaient d’études. Finalement, le PSG les a déjà mis dans les bonnes dispositions en leur disant que c’était l’école avant tout. J’avais réussi à leur montrer que j’avais un peu la tête à l’école même si des fois c’était difficile. Parfois je n’y arrivais pas, j’ai abandonné. On fait des voyages, on est fatigué, on a encore l’école puis entraînement. À un moment je me suis dit "j’arrête". Puis mes parents m’ont parlé et moi même je me suis dit que c’était important. Ce n’est pas une fin en soi, mais ça me tenait à coeur et à mes parents aussi et j’ai eu le bac (STMG) ! Ce n’est pas l’élite du bac, mais c’est un bac quand même ! »

Mais ce n’est pas tout. En effet, outre sa famille, l’avant-centre de 20 ans apprécie grandement la présence d’un historique du club francilien dans l’encadrement des jeunes : Luis Fernandez. Arrivé voici un an au centre de formation, l’ancien entraîneur fait un bien fou aux jeunes ouailles parisiennes. « Franchement, Luis ? Il est sympa. C’est quelqu’un de vrai, il n’hésite pas à aller vers nous. Peu importe qui on est, il vient vers nous, c’est vraiment un bon gars. Luis c’est une personnalité qu’on voit à la télé. Il a une joie de vivre, il vient nous voir jouer, il nous chambre. Il ne nous parle pas comme un dirigeant. Il nous dit nos qualités et nos défauts et il est toujours là », évoque ainsi Samuel Essende le sourire aux lèvres.

Le sport de combat et les mangas pour se canaliser

L’ennui pour les enfants du coin, qu’ils soient de Paris, de Marseille, de Lyon ou d’ailleurs c’est qu’ils ont souvent des demandes extérieures. Mais là ce ne semble pas être le cas. Lorsqu’il ne joue pas ou qu’il ne regarde pas de foot, le natif de Montfermeil s’enferme dans sa bulle et s’occupe grâce aux...Mangas : « je suis un fan de Manga, d’anime Japonaise. Des fois on me le reproche, je suis un vrai no-life, je suis dans ma bulle. Je lis beaucoup, je regarde aussi, c’est mon principal hobby. Je suis quelqu’un qui aime beaucoup la famille. Je suis pratiquement tout le temps en famille le week-end par exemple ».

Avant, lorsqu’il ne lisait pas ou ne regardait pas les animations japonaises, Samuel Essende faisait du sport. Pas n’importe lequel, des sports de combat comme la boxe thaï. Une pratique qui l’a beaucoup aidé humainement et sportivement à l’instar d’un certain Zlatan Ibrahimovic. « J’étais calme, mais j’aimais bien me chamailler. Avec mes cousins et mes grands frères on faisait que ça. Ils m’ont mis au judo, mais c’est ennuyeux et trop calme. J’en faisais, mais je n’étais pas épanoui. J’ai arrêté complètement. À dix ans j’ai fait des sports de combat, la boxe thaï, le Muay Thaï. J’en ai fait longtemps même a mon entrée au PSG. J’en faisais à chaque trêve puisqu’en préformation on avait pas mal de vacances. J’ai arrêté en U17 parce que j’avais peur... Peur de me blesser bêtement ou de faire un faux mouvement et que je me bloque le genou. J’ai dosé d’abord puis j’ai arrêté ça m’a apporté beaucoup de choses. Dans la souplesse, je suis réputé pour ça ici (rires). Puis c’est bon pour le poids de corps, pour l’équilibre. Puis ça m’a apporté de la sérénité. Tu peux être calme quand tu sais que tu vas te défouler. Quand le terrain c’est pas assez, tu te défoules dans un sac », a-t-il ainsi poursuivi.

Il est très sollicité

Mais aujourd’hui, ce grand gaillard auteur de quatre buts en neuf matches en Youth League, ne sait pas encore ce qu’il va faire l’année prochaine puisqu’il est en fin de contrat stagiaire à la fin de l’année. « Pour le contrat professionnel ? Je joue mon football et on est en discussion », répond-il laconiquement du haut de son 1m92 et de ses 87kg. Pourtant, ce n’est pas les sollicitations qui vont lui manquer l’année prochaine tant il a été aperçu à son aise lors des rencontres qu’il a pu jouer notamment au plus haut niveau de jeunes en Youth League.

Les dirigeants du Paris SG ne parviennent pas vraiment, ces derniers temps, à conserver leurs jeunes et les discussions pour faire d’une autre formation un club satellite semblent être en cours. Mais Samuel Essende, lui, ne semble pas inquiet. Il faut dire que son profil avec un grand gabarit, très complet, et qui peut évoluer sur tout le front de l’attaque n’existe pas partout et que comme il est rare il devrait attirer des prétendants. Ceux-ci se situent en première et deuxième divisions françaises mais aussi en Belgique, en Angleterre, en Italie et au Portugal. Lorsqu’on lui demande s’il rêve d’un destin particulier : « oui celui de Samuel Essende », répond-il en souriant malicieusement. Mais lui, bien dans ses bottes et sourire aux lèvres, conclut sur une phrase pleine d’enthousiasme : « bien sûr que l’objectif c’est de séduire Thomas Tuchel, on va essayer hein (rires) ».