Réflexion sur le fonctionnement de la FFF, interrogations sur le calendrier, renégociations des droits télé en 2011, le football français, aussi bien professionnel qu’amateur, est en plein bouleversement. Tout le monde cherche à apporter sa pierre à l’édifice en amenant idées et propositions. L’une des plus récurrentes est le retour d’une Ligue 1 à 18 clubs, disparue depuis l’été 2002. Elle a d’ailleurs le soutien de Laurent Blanc, le sélectionneur de l’équipe de France. « Il n’y a pas 36 solutions pour rééquilibrer les choses. Compte tenu de l’importance prise par la Ligue des Champions, seules les compétitions nationales peuvent permettre de dégager des dates. Alors, soit on redescend à 18 clubs en L1, soit on supprime une Coupe… »

Et qu’en pensent les principaux acteurs de la Ligue 1 ? L’Équipe en a interrogé plusieurs et les avis sont partagés. « Je suis pour un retour à 18 parce que l’expérience a montré que certaines montées sympathiques, les clubs les ont payées cher ensuite, comme Ajaccio ou Grenoble. Ensuite, il y a le calendrier surchargé, encore plus pour les équipes qui jouent l’Europe, aussi avec la Coupe de la Ligue qui avait été créé pour meubler le calendrier quand on était à 18…. Enfin, je pense égoïstement qu’il vaut mieux partager à 18 les droits TV, qui ne vont pas aller en augmentant », explique le président des Girondins de Bordeaux Jean-Louis Triaud. Ses homologues sont loin de livrer le même son de cloche, comme le président de Nancy Jacques Rousselot par exemple.

« Ceux qui préconisent cela pensent qu’il est plus confortable de diviser le gâteau des droits TV de 700 millions en 18 parts qu’en 20. Ils oublient que nous roulons sur un modèle économique dépassé et qui est à revoir. Pour moi, l’effort prioritaire à réaliser, c’est de diminuer la masse salariale. Il est plus qu’urgent de trouver un système économique plus adapté à la réalité du football », affirme Rousselot. Sur le plan économique, les avis divergent. Et sur le plan purement sportif ? Pour Hugo Lloris, « quatre matches de championnat en moins, c’est déjà ça de gagné ». Par contre, pour Jonathan Brison, « 20 clubs, ça fait plus de matches à jouer. Pour moi qui ne vais pas en sélection, plus je joue en L1 et plus je m’éclate ». Deux opinions radicalement différentes liées au statut différent de ces deux joueurs.

Une chose est certaine, il sera impossible de contenter tout le monde. Le sondage effectué par le quotidien sportif auprès de 192 joueurs entraîneurs et présidents de L1 est toutefois sans appel : seuls 10 % souhaitent le retour d’un championnat à 18 clubs, lorsque 70 % sont contre (20 % ne se prononcent pas). Frédéric Antonetti, entraîneur de Rennes, milite lui pour un format encore différent, à 20 clubs certes, mais avec un système de promotion/relégation nouveau. « Je suis favorable à un championnat à 20 clubs. On devrait plus travailler sur le calendrier que sur une réduction du nombre de clubs. En revanche, je suis en faveur de quatre montées et de quatre descentes chaque saison que l’on pourrait déterminer par des barrages », explique-t-il. Qui sait, il détient peut-être le format qui sera en vigueur ces prochaines années.