« C’est une grande tristesse de mettre un terme à ma carrière de cette façon. C’est un moment très difficile, mais le football m’aura tout de même procuré de grands moments de joie. Je tenais à remercier ma famille, mes proches, tous ceux qui m’ont soutenu durant toute ma carrière. C’est une nouvelle page de ma vie qui s’ouvre désormais. » La semaine dernière, Julien Quercia annonçait le terme de sa carrière professionnelle, à seulement 28 ans. Diminué par une fracture du pied droit contractée en juillet 2013, et qui lui a valu d’être opéré à deux reprises, l’attaquant a été déclaré inapte pour la poursuite du sport de haut niveau. Après près de deux ans de lutte pour un retour inespéré, le joueur a donc été contraint de rendre les armes. Un déchirement.

Dans une interview accordée à Ouest-France, le natif de Thionville s’est dit animé par la « tristesse » et la « frustration  », mais s’efforce de relativiser. « J’essaie d’aller bien, mais c’est une période très difficile à vivre. De devoir arrêter comme ça, d’être contraint de dire stop sur une blessure, c’est dur. Mais bon, je relativise, j’essaie de m’occuper autrement, de penser à autre chose. Je veux surtout voir le côté positif. Même si c’était trop court, j’ai quand même pu vivre de mon rêve. Le réaliser, surtout. Peu de personnes ont cette chance-là », assure-t-il. Formé à Sochaux, Quercia y avait débuté sa carrière pro en 2005 et poursuivi sa progression du côté d’Auxerre, avec qui il a pu disputer la Ligue des Champions. Les galères ont débuté à son arrivée à Lorient en 2011, avec une fracture de la cheville l’ayant contraint à un premier stop longue durée, et à forcer sur son pied droit, qui lâchera donc 2 ans plus tard.

Un futur en pointillés

En quatre ans, Quercia n’aura donc disputé que 22 matches avec les Merlus entre Ligue 1 et CFA – pour 11 buts –, composant le reste du temps avec les douleurs quotidiennes, la rééducation et un suivi psychologique. « J’ai subi deux opérations sur la même blessure. Et j’avais toujours mal au quotidien, pendant un an. Chaque fois que je posais mon pied par terre, je souffrais. À la fin, ça vous rend fou… L’an dernier, j’ai été suivi. Cela m’a aidé, mais ça ne fait pas de miracle… Je l’avoue aussi, heureusement qu’il y avait ce cadre de vie exceptionnel. C’est notamment cela qui ne m’a pas fait tomber en dépression. Sans ce cadre, sans mes enfants et ma femme, j’aurais été mal », poursuit le joueur.

Sa carrière stoppée, il doit désormais faire face à un avenir flou. « Question reconversion, je ne sais pas trop encore… Je vais rentrer en Lorraine et je verrai. Je vais retrouver mes amis d’enfance, la famille… J’ai la chance d’avoir le chômage pendant deux ans, mais je suis ouvert à tout. J’ai rencontré le responsable du service reconversion de l’UNFP, j’ai également dû m’inscrire à Pôle Emploi. Ça m’a fait bizarre, moi qui suis salarié depuis l’âge de 14 ans. On m’a demandé de faire un CV, je n’en avais jamais fait… Quelque part, je bascule dans la vraie vie ». Si l’incertitude est de mise, Quercia avance sereinement. En jetant un coup d’œil dans le rétroviseur, malgré la douleur, se dégage un sentiment de « fierté ». Parce qu’un combat juste n’est jamais vain.

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