Dimanche 18 novembre. Il ne reste plus qu’un gros quart d’heure à jouer dans ce choc entre Bordeaux et l’Olympique de Marseille lorsque la vie de Fabrice Apruzesse bascule. Cantonné à la CFA 2, ce joueur de l’équipe réserve phocéenne est préféré à Florian Raspentino par Élie Baup et fait ses grands débuts en ligue 1, à 27 ans. Un rêve pour lui. « J’en ai pleuré. Quand on est petit et qu’on commence à jouer au football, on rêve de porter un jour le maillot de l’OM. J’ai toujours eu espoir que cela se produise et là, j’ai réalisé le rêve de ma vie. Peu importe la suite, c’est une immense fierté d’avoir porté le maillot de l’OM en Ligue 1 », a-t-il déclaré à La Provence.

Mais très vite, ce rêve va déchainer les moqueries sur les réseaux sociaux. Des attaques en tout genre qui ont touché l’homme, mais qui ne l’ont pas coulé. « Non, je ne pensais vraiment pas qu’on parlerait autant de moi. En plus, je ne comprends pas certaines critiques, même si maintenant, ça me fait plus rire qu’autre chose. Surtout qu’il y a eu beaucoup de gens qui m’ont félicité, qui m’ont dit que j’étais devenu un exemple pour les jeunes qui évoluent en amateur. Tout ça me donne encore plus de force. Mais je sais très bien que rien n’est arrivé et que je dois continuer à travailler si je veux revivre des moments comme ceux-là. (…) Certaines choses m’ont touché au début, que ce soit moi ou ma famille. Mais je n’y fais plus attention. Il y a une part de jalousie. À Marseille ou ailleurs en France, beaucoup aimeraient être à ma place. »

Pas rancunier, Apruzesse a également apprécié le soutien public de José Anigo. « Beaucoup. C’est le directeur sportif du club et ça fait du bien de savoir qu’on est soutenu, surtout de sa part. Il sait ce que c’est, il a l’habitude et il m’a donné beaucoup de conseils à propos de tout ça. » Et si un retour sur les pelouses de Ligue 1 risque d’être difficile à réitérer, le nº 33 phocéen est tout de même déjà devenu une starlette sur la Canebière. « Par exemple, il y a un supporter qui m’a envoyé la photo de son maillot de l’OM floqué avec mon nom dans le dos. Évidemment, ça m’a beaucoup touché. Ça prouve qu’il y a des gens derrière moi ; j’espère que j’aurai une autre occasion de leur montrer mes qualités, car beaucoup de personnes m’ont jugé sans me connaître. » Apruzesse n’a décidément pas fini de rêver.