Eliminés en quarts de finale de la Coupe de France à Caen (1-0), éjectés jeudi par le CSKA Moscou d’une Ligue Europa dont ils avaient espéré disputer la finale dans leur antre le 16 mai prochain, les Lyonnais n’avaient plus qu’un seul objectif cette saison : accrocher une place qualificative pour la prochaine Ligue des Champions. La deuxième place, actuellement occupée par Monaco, semblait inatteignable, au vu du parcours sans fautes de l’ASM, 12 points devant l’OL, mais la 3e place, synonyme de barrage de Ligue des Champions, restait accessible. Mais il fallait l’emporter au Vélodrome pour revenir à 2 points de l’OM. Et avec une seule victoire sur ses sept derniers matches de championnat, l’OL, toujours privé de Nabil Fekir et qui évoluait dans un audacieux 4-3-3, ne s’avançait pas en favori. Il faut dire que l’OM était en grande forme, comme l’attestait sa superbe qualification des Phocéens face à Bilbao en Ligue Europa et sa solide 3e place au classement de L1. Rudi Garcia alignait un classique 4-3-3 avec Valère Germain préféré à Kostas Mitroglou en pointe et avec un trio offensif en grande forme composé de Thauvin, Payet et Ocampos. Mais la grande nouveauté signée du coach marseillais était la titularisation de Maxime Lopez aux côtés de Luiz Gustavo en lieu et place de Zambo Anguissa.

Dans un Orange Vélodrome chauffé à blanc et à guichets fermés, c’est l’OM qui dominait territorialement les débats dans les premières minutes. Et il fallait attendre la 12e minute pour voir la première action chaude du côté des Phocéens avec cette tentative de Dimitri Payet qui passait juste au-dessus des buts de Lopes. L’OL répliquait par l’intermédiaire de Mariano qui se jouait du marquage de Rami pour tenter un extérieur du pied qui passait à côté des buts de Mandanda (15e). Très en jambes, Payet se montrait encore dangereux suite à un jeu en triangle parfait entre le Réunionnais, Germain et Thauvin. Mais le n°10 de l’OM ratait totalement sa frappe qui passait à côté d’un Lopes vigilant. Le jeu était haché et les occasions se faisaient rares jusqu’à cette 27e minute et cette contre-attaque de l’OL signée Bertrand Traoré. Après avoir joué avec Ndombelé, l’ancien de Chelsea transperçait la défense marseillaise et enroulait parfaitement sa frappe. Mais Mandanda veillait au grain et réalisait une parade de toute beauté. Cette occasion symbolisait les difficultés phocéennes à faire le jeu malgré un Dimitri Payet omniprésent. Malgré un temps faible de son équipe, ce dernier délivrait un superbe coup franc sur la tête de Rami qui remisait pour Rolando qui trompait Lopes à bout portant.

Fin de match incroyable et bagarre générale...

Malgré la sortie sur blessure de Sakai, l’OM n’était pas perturbé, tout le contraire d’une équipe de l’OL qui continuait de subir et de jouer en contre. Et sur un contre bien mené, c’est Maxwel Cornet qui obligeait une fois encore Steve Mandanda à sortir le grand jeu. Sur une superbe frappe enroulée de l’attaquant lyonnais, le portier international tricolore se détendait et déviait le ballon sur le poteau de son but (40e). Deux minutes plus tard, Cornet encore lui forçait Adil Rami à marquer contre son camp. Un but casquette somme toute logique à la vue des deux parades exceptionnelles de Mandanda. 1-1 à la mi-temps au terme d’une première période intense et plus que disputée.

Dès le retour des vestiaires, l’OL assommait l’OM. A l’angle de la surface marseillaise, côté droit, Bertrand Traore fixait Amavi avant de repiquer dans l’axe et de décaler Aouar, positionné à l’entrée de la surface et qui déclenchait une frappe du pied droit qui venait se loger le long du poteau de Mandanda (52e). Les Phocéens étaient cueillis à froid et renversés. Absent à Moscou pour cause de maladie, Houssem Aouar faisait beaucoup de bien au milieu de l’OL par sa technique et sa capacité à faire le jeu. Incapable de réagir, l’OM faisait rentrer Kostas Mitroglou pour apporter de la densité sur le front de l’attaque. Le numéro 8 de l’OL mettait à mal la défense marseillaise et sur un superbe centre, Aouar délivrait un caviar pour Traoré qui reprenait en première intention. Mais une fois encore, ce diable de Steve Mandanda déviait la reprise de l’attaquant burkinabé (69e). L’OM tentait de réagir par Payet puis par Mitroglou qui finissait par égaliser sur une tête lobée (84e). Un but qui faisait chavirer l’Orange Vélodrome et qui sortait le club phocéen d’une bien mauvaise situation. Mais contre toute attente, Memphis Depay, entré quelques minutes plus tôt, donnait la victoire à l’OL de la tête. La fin de match se terminait dans la confusion la plus totale et une bagarre éclatait à l’entrée du tunnel menant au vestiaire. Au classement, l’OL réalisait une superbe opération et revenait à deux points de son adversaire du soir qui a raté une occasion unique de distance de manière quasi définitive l’OM. 

L’homme du match : Aouar (7,5) : quand son équipe n’a pas la possession de balle, son influence sur le jeu lyonnais est moindre. Sa qualité technique n’a pas pu être mise en lumière en première mi-temps, où il a souvent eu à courir derrière le cuir. La donne a été différente dans le second acte quand son équipe a commencé à maîtriser le cuir. Son aisance balle au pied s’est fait ressentir et sa précision diabolique a fait mal à son adversaire du soir (52e). Impressionnant de maturité, il a toujours su faire le geste juste et réaliser le choix le judicieux. Une deuxième mi-temps de haute volée pour la pépite des Gones, entachée par une blessure. Remplacé par Ferri à la 76e qui a tenté d’apporter sa fraicheur physique dans l’entrejeu.

OM :

- Mandanda (7) : en grande forme depuis quelques semaines, Steve Mandanda a encore impressionné. A deux reprises en première période, il a réalisé deux parades de folie. Tout d’abord devant BertrandTraoré (27e), puis devant une frappe enroulée de Cornet (40e) qu’il a déviée sur le poteau. Il ne peut rien sur le but contre son camp de Rami et sur la frappe d’Aouar. Sauveur de l’OM, il a encore sauvé les siens sur une nouvelle reprise de Traoré (69e).

- Sakai (non noté) : malmené par Mariano en début de rencontre, le latéral droit japonais n’a pas eu sa verve habituelle sur son côté. Pour ne rien arranger, un coup derrière la cuisse l’a obligé à quitter ses partenaires après 35 minutes de jeu. Remplacé par Bouna Sarr (3) qui a eu toutes les peines du monde à entrer dans le match. Régulièrement déposé par Mendy, l’attaquant reconverti latéral droit s’est fait bouger tout au long du match.

- Rami (5) : rencontre contrastée pour l’ancien du FC Séville capable du meilleur comme sur cette tête décisive pour Rolando sur l’ouverture du score, ou du pire sur ce but contre son camp qui a provoqué l’égalisation marseillaise. Quelques duels gagnés certes, mais une fébrilité qui n’a cessé d’augmenter au fil de la rencontre.

- Rolando (5) : à l’instar de son compère de la défense marseillaise, le roc défensif portugais n’a pas eu la partie facile devant l’OL. Auteur d’un but, il n’a pas ménagé ses efforts, mais a paru par moment totalement dépassé par la fougue et la vitesse des attaquants lyonnais.

- Amavi (5) : bien en jambes, il a beaucoup pris son couloir et ses centres ont apporté le danger dans la défense lyonnaise durant la première demi-heure. On l’a beaucoup moins vu par la suite, la faute à un Lucas Ocampos bien trop absent dans les taches défensives pour lui permettre de faire parler ses qualités.

- M.Lopez (3) : contrairement à l’habituel titulaire du poste, Zambo Anguissa, Maxime Lopez a manqué de coffre et de physique. Régulièrement pris en défaut par le milieu lyonnais, l’international espoir tricolore a tenté tant bien que mal de se servir de sa qualité de passe pour faire ressortir le ballon. Insuffisant.

- Luiz Gustavo (4) : la trêve internationale va tomber à pic pour le milieu de terrain brésilien. Dans le dur depuis plusieurs matches, l’ancien du Bayern Munich n’a jamais été dans le bon tempo. A l’image de son intervention en retard sur Ndombele dès l’entame de match, Gustavo n’a pas vraiment brillé. S’il a gratté quelques ballons, il en a également perdu beaucoup et n’a pas eu son impact habituel au milieu de terrain.

- Thauvin (3) : début de match nerveux de la part de l’international tricolore. Logiquement averti suite à une faute sur Aouar, il a traversé le match comme une âme en peine et n’a fait aucune différence balle au pied. Sans doute l’une des prestations les moins abouties de sa saison.

- Payet (5,5) : un début de match canon et une présence de tous les instants. C’est d’ailleurs lui qui est à l’origine de l’ouverture du score de Rolando. Très en jambes, Payet s’est beaucoup dépensé sur le front de l’attaque. Pas très heureux sur ses tentatives devant le but, il n’a cessé de tenter de servir dans de bonnes conditions ses compères de l’attaque, sans grand succès.

- Ocampos (3) : très en vue depuis deux semaines, Lucas Ocampos a totalement raté son match. Peu en vue offensivement, il a pourtant laissé Jordan Amavi livré à lui-même tout au long du match. Très nerveux, il a rapidement été averti a aurait même pu être expulsé après une mise au point houleuse avec Rafael. Un léger mieux en seconde période, notamment dans le travail défensif, mais insuffisant malgré tout par rapport à ses dernières sorties sous les couleurs de l’OM. Remplacé par Morgan Sanson (74e) qui n’a pas vraiment pu faire de différence au milieu de terrain.

- Germain (3) : généreux dans l’effort, très mobile, Valère Germain n’a pourtant pas existé durant le match. Un peu léger dans les contacts, il n’a guère eu l’occasion de se mettre en valeur devant la rugueuse défense lyonnaise composée de Marcelo et Morel. S’il a bien effectué quelques déviations bien senties, c’est encore une fois bien trop insuffisant dans ce type de rendez-vous au sommet de la Ligue 1. Remplacé par Kostas Mitroglou (64e), auteur d’une entrée remarquée. Après avoir failli bénéficier d’un contre dans la surface, c’est finalement lui qui permettait à l’OM d’égaliser d’une tête lobée. Une belle revanche pour le buteur grec, pas vraiment épargné depuis son arrivée sur la Canebière.

OL :

-  Lopes (4) : le dernier rempart lyonnais n’a pas eu grand-chose à faire en première mi-temps. Face au manque de précision de l’équipe adverse, Lopes a dû attendre la 30e minute pour réaliser son premier arrêt. Malheureusement pour lui, le deuxième tir cadré des Phocéens a fait mouche (31e). L’apathie offensive des éléments offensifs marseillais lui a permis de vivre un second acte très tranquille, hormis une frappe de Payet bien captée (75e).

-  Rafael (4) : préféré à son concurrent direct Kenny Tete, le latéral droit brésilien a vécu une partie compliquée. Face à la vitesse de l’Argentin Ocampos et du soutien d’Amavi lors des phases offensives, ce dernier a souvent été en retard, à l’image de son carton jaune (21e). Plus à l’aise lorsqu’il s’agit de s’illustrer dans le camp adverse, il a adressé quelque bon centre pour ses coéquipiers. Mais ce n’était pas la mission première qui lui a été confiée par son entraîneur.

-  Marcelo (5,5) : le roc défensif brésilien a montré qu’il était bel et bien le leader de la défense lyonnaise. Dur sur l’homme, solide dans les duels, il a été l’auteur de plusieurs interventions décisives en mettant le pied pour contrer une frappe ou couper la trajectoire d’une passe. Match globalement solide.

-  Morel (4,5) : face à son ancien club, il a rendu une copie moyenne. Il a eu du mal à contenir les déplacements de Germain en début de match, même s’il a su rectifier le tir au fils des minutes, en réduisant l’activité de l’attaquant français. Sa qualité de relance a été appréciable pour permettre à son équipe de repartir de derrière, même si sa faiblesse dans le domaine aérien a parfois défaut. Il a semblé fragile par moment. Malheureux en remisant le cuir sur le but de Mitroglou.

-  Mendy (5,5) : en l’absence de Marçal - non retenu dans le groupe -, l’international français espoirs a eu comme mission principale de museler le feu-follet Florian Thauvin. Mission à peu près réussie, car ce soir-là, le jeu olympien penchait plus du côté gauche, notamment avec un Payet omniprésent. Il a parfois eu l’occasion de se projeter dans le camp adverse, mais ce n’était pas sa préoccupation principale ce soir.

-  Tousart (5) : la sentinelle des Gones a souffert face à un Dimitri Payet des grands soirs. Lorsque l’OM monopolisait le ballon en première période, il a souvent eu à courir derrière la balle. Souvent dépassé lors de la première mi-temps quand l’OM monopolisait le cuir. Il a vécu un second acte plus tranquille lorsque son équipe maîtrisait le cuir. Du déchet dans son jeu, comme en témoignent son nombre de ballons gagnés et son nombre de ballons récupérés (13-11).

-  Aouar (7,5) : voir ci-dessus.

-  Ndombele (6,5) : dans une position un peu plus avancée que ses compères de l’entrejeu, le jeu de l’international français espoirs a été plus porté vers l’avant. Comme à son habitude, il a gratté un grand nombre de ballons. Sa qualité de percussion et de passe ont parfois su briser les lignes adverses, comme en témoignent sa passe cachée sur l’action de Cornet (40e) ou encore son centre qui a amené l’égalisation. Sa présence athlétique a fait du bien dans les duels.

-  Traoré (6) : l’ailier virevoltant burkinabé a livré une prestation mitigée. Très discret dans le jeu, l’ancien joueur de l’Ajax a pourtant été capable de coups d’accélération pour déstabiliser la défense phocéenne. Son accélération plein axe qui s’est soldée par un plat du pied sorti de justesse par Mandanda en est l’exemple parfait (28e). Auteur de la passe décisive pour Aouar. S’il a parfois été brouillon dans le dernier geste, il a - à sa décharge - eu face à lui un grand Mandanda (70e).

-  Mariano (4) : le numéro 9 de l’OL a été une menace constante pour les défenseurs marseillais. Son pressing incessant et sa hargne dans le combat ont été particulièrement gênés les défenseurs marseillais. Une sacrée débauche d’énergie qui lui a certainement coûté sa lucidité au moment de réaliser le dernier geste, à l’image de son occasion manquée seul face au but (15e) ou encore ses frappes un peu désespérées (17e, 18e). Aucune occasion à se mettre sous la dent en deuxième mi-temps mais une passe décisive pour Memphis Depay sur le but de la victoire en fin de match.

-  Cornet (6,5) : certainement préféré à Depay pour sa capacité à multiplier les retours défensifs, l’international ivoirien a rempli son rôle de ce côté-là en revenant souvent en aide à son latéral. Mais ce dernier a également su se montrer à son avantage offensivement, comme en témoigne son enroulé parfait, sorti par une magnifique parade de Mandanda (40e). Il a été à l’origine du but contre son camp de Rami (42e). Sa disponibilité et sa générosité dans l’effort ont posé des soucis à l’OM. Sort sur blessure à la 64e. Son remplaçant Depay a fait une entrée très discrète... jusqu’à son but libérateur de la tête (90e).