Le football coule dans les veines de Willem Geubbels. Une passion à laquelle le joueur formé à l’Olympique Lyonnais ne pouvait pas échapper. « Sa voie était tracée », nous confie son oncle Amos Youga, le frère de sa mère. « Son père a fait du foot en amateurs et il a entraîné La Duchère. Le fait que je fasse du foot (il joue au HAC) et que mon grand frère ait pratiqué le football professionnel pendant des années, je pense que tout ça l’a incité à vouloir devenir footballeur ». Le natif de Villeurbanne a très vite été mis dans le bain. « Willem a commencé à marcher avec un ballon de foot.. J’ai encore des photos de lui à la maison où on le voit apprendre à marcher avec. Je me souviens que quand il avait un an et demi, on lui posait le ballon et il marchait pour essayer de l’attraper ». Un ballon qu’a continué à manier avec réussite le joueur né d’une mère centrafricaine et d’un père hollandais.

C’est à l’ASVEL qu’il a pris sa première licence avant de rejoindre l’OL en 2010. Également au club à l’époque, Amos Youga a pu suivre les premiers pas de son neveu chez les Gones. « Il a commencé le foot en débutant. Puis ensuite à l’OL, je passais mes diplômes d’entraîneur, l’initiateur 1, 2 et 3. Il s’est avéré que ma génération s’était retrouvée à entraîner la catégorie de mon neveu. Willem se démarquait déjà par sa taille. Il était très grand pour son âge. Il a toujours eu cette faculté à être rapide. D’être grand et rapide, ça fait déjà beaucoup à 8 ou 9 ans ». Malgré déjà de belles qualités, son oncle avoue ne pas l’avoir remarqué plus que ça. « Au départ, je n’avais pas trop remarqué et détecté son talent. Étant aussi dans le football à fond, je n’avais pas eu le temps de trop regarder. Après bien sûr qu’intérieurement on souhaite que le petit de la famille réussisse dans le football. À 8 ou 10 ans, il était à l’OL pour prendre du plaisir. Si ça passait, tant mieux. Sinon, tant pis, il faisait autre chose de sa vie ».

Geubbels impressionne ses proches

Finalement, Willem Geubbels a continué sa progression au sein de l’écurie rhodanienne. Et rapidement, il a impressionné ses proches. Amos Youga se souvient. « L’année dernière, il était parti jouer en salle en Écosse. À un moment donné, il a poussé le ballon. Ça m’a fait penser à Gareth Bale quand il a déposé Marc Bartra et qu’il a fini au but. J’ai été choqué. Je me suis dit que le gamin allait vraiment vite. Je ne le voyais pas comme ça. Je le vois dans l’intimité, on ne va pas jouer au foot ensemble. On se voit à la maison ou on fait des sorties ensemble. Mais je ne le voyais pas comme ça sur un terrain de foot. J’ai ma vie et il a la sienne. Ça m’a marqué tout comme son triplé avec l’équipe de France contre l’Allemagne. Ça m’a impressionné ». Et il n’avait pas fini d’être ébloui par ce talent made in Lyon. Précoce, il a souvent été surclassé que ce soit en sélection, où il participe au Mondial U17 en Inde actuellement, ou en club.

Willem Geubbels évolue avec la réserve des Gones en National 2. Pas de quoi l’impressionner puisqu’il a déjà claqué 5 buts, dont un triplé contre Schiltigheim, en 5 matches. Celui qui est convié aux entraînements de Bruno Genesio a aussi été récompensé en faisant sa première apparition officielle chez les pros le 23 septembre face à Dijon (il avait déjà joué en amical). Il est devenu à 16 ans 1 mois et 7 jours le premier joueur né au 21ème siècle à jouer en Ligue 1. Il s’agit aussi du 5ème joueur le plus jeune à évoluer en L1 et il est le 2ème joueur le plus précoce à jouer avec les pros à Lyon. Une trajectoire qui rend très heureux Amos Youga. « On va dire qu’on a ce qu’on mérite. Mais je suis très impressionné et je suis surtout très fier de lui. Faire ses premiers pas en Ligue 1 à 16 ans à l’OL c’est quand même exceptionnel ».

Une première en L1 qui a rendu fiers les siens

Une première que la famille n’aurait ratée pour rien au monde. « J’étais au match avec mon père et des amis », confie très ému Amos Youga. « Franchement, ça m’a fait chaud au cœur rien que de le voir s’échauffer. C’était déjà énorme. Etant passé par l’OL, j’avais déjà été sur le banc mais je n’avais pas fait d’entrée. Mon frère, qui a fait toute sa formation à l’OL, n’avait lui aussi pas eu cette chance. C’est lui, le dernier garçon de la famille, qui réalise notre rêve à tous, qu’un membre de la famille soit chez les pros sur le terrain à l’Olympique Lyonnais. Il y a beaucoup de fierté ». Présent sept minutes sur le pré, Willem Geubbels a découvert le très haut niveau sous le regard des siens. Un moment qu’il a vécu sans pression. « J’en ai discuté un peu avec lui. On s’est vu le lendemain du match. On est parti manger avec son frère et sa soeur et la fille de mon frère. On a passé un petit moment ensemble. Je lui ai demandé s’il avait eu la pression. Il m’a dit non. Quand je l’ai vu sur le terrain, il avait l’air tranquille. Il ne s’est pas mis la pression. Il a profité ». Il faut dire que le jeune homme est d’une nature calme. « Pour son jeune âge, c’est une personne posée dans sa vie. Il arrive à bien gérer. Il prend en maturité. C’est un bon vivant. Avec nous, il n’est pas timide. C’est un garçon très proche de sa famille. Il est très affectif et protecteur avec son frère et sa sœur. Il est très famille ».

Une famille indispensable au bon déroulement de sa carrière de footballeur. Il peut compter sur son oncle pour l’aider à avancer. « Je lui donne des conseils par rapport aux réseaux sociaux. Il commence à être médiatisé. On sait qu’aujourd’hui la moindre erreur peut être fatale. On a été au bowling il y a quelques jours, quelqu’un est venu et lui a dit : "Ce n’est pas toi le petit qui joue à l’OL ?". Moi, pour le protéger, j’ai dit que ce n’était pas lui. Alors qu’il y avait son prénom en gros sur le panneau. La famille est là pour le préserver. C’est à nous de faire notre travail, de le préserver au maximum. C’est quand même un adolescent. A nous de faire en sorte de ne pas trop faire de bruit autour de lui car il y en a déjà beaucoup. Si nous on commence à surenchérir.. Il faut se faire petit et le laisser bosser ». Amos Youga garde quand même un œil sur lui. « Au début de la saison, il est parti en stage avec les pros. Je parlais avec lui en Facetime. Il m’a dit que Nabil (Fekir) était dans sa chambre. Quelques minutes après, Nabil m’a appelé. Je lui ai dit de prendre soin de lui et de le "remettre à sa place s’il n’en faisait pas assez" ». Nul doute que Fekir et les autres Lyonnais n’hésiteront pas à jouer le rôle de grands frères avec Willem Geubbels. Avec l’OL, Willem Geubbels a trouvé une deuxième famille.