Foot Mercato : quel bilan tirez-vous de la première partie de saison du Stade Brestois ?

Grégory Lorenzi : cette première partie de saison était plutôt intéressante, dans le sens où forcément comme vous êtes un promu le plus important est de prendre un maximum de points et de bien démarrer la saison. Quand il y a des joueurs qui sont très peu à avoir connu la Ligue 1, il y a toujours un point d’interrogation pour savoir s’ils sont capables de répondre présents. Il y a aussi le fait d’avoir changé d’entraîneur. Beaucoup se posaient des questions pour savoir si la transition allaient se faire rapidement pour que ça puisse justement bien démarrer. À travers tous ces éléments, je pense que le bilan de ces six premiers mois ne peut qu’être satisfaisant. Aujourd’hui, il n’y a rien de fait. Tout d’abord, parce qu’il y a encore de nombreux points à prendre dans notre objectif de maintien. Tout va très vite dans le football. On voit que c’est un classement qui est plutôt serré, c’est-à-dire que ceux qui sont devant nous comme ceux qui sont derrière nous ne sont pas trop loin. Donc ce qui est important est d’attaquer chaque match du mieux possible pour qu’on puisse prendre au plus tôt nos 40 ou 42 points pour commencer à travailler plus sereinement ensuite on va dire.

FM : vous avez misé sur Olivier Dall’Oglio cet été afin de remplacer Jean-Marc Furlan. Quel regard portez-vous sur lui et son travail ?

G.L : je voulais rester dans une philosophie qu’on met en place depuis quatre saisons maintenant, avec un entraîneur porté sur le jeu. C’était important pour moi de garder cette continuité car on avait crée un effectif par rapport à ça. Olivier semblait être l’entraîneur capable de prendre la succession. Aujourd’hui, on voit que les joueurs répondent très bien par rapport tout ça. C’est plutôt positif. On voit aussi qu’il y a une possibilité de mettre des éléments plus jeunes. On s’aperçoit aujourd’hui que le coach ne fait pas de différences avec des joueurs qui ont plus d’expérience comme d’autres qui en ont moins. Le plus important est de pouvoir accompagner ces jeunes. C’est plaisant quand vous êtes dans un club de montrer qu’on n’est pas frileux quand on doit faire appel aux jeunes. Ça, c’est aussi un point positif que l’on remarque. Ce qui est important, ce sont les résultats. Mais au-delà des résultats, c’est un fonctionnement qui nous convient parfaitement. Autant l’entraîneur que la partie club sont satisfaits de cette collaboration.

FM : vous en avez brièvement parlé au début de notre entretien, mais quels sont les objectifs pour cette deuxième partie de saison ?

G.L  : pour nous le plus important est de rester en Ligue 1. On travaille pour ça. On souhaite que le club puisse continuer à progresser et à s’améliorer, que ce soit au niveau de ses structures, de son fonctionnement. C’est un moteur qui fait qu’on travaille quotidiennement pour ça. On veut aussi que les gens puissent prendre du plaisir. Aujourd’hui, en faisant le bilan de cette première partie de saison, on a entendu beaucoup de choses positives par rapport à ce que l’équipe peut produire en terme de jeu. C’est important pour nous que le public s’y reconnaisse. Mais encore une fois, l’objectif pour lequel il ne faut surtout pas se tromper c’est le maintien et uniquement le maintient. Si on peut allier les deux, ce sera avec plaisir. Pour l’instant, on est dans notre timing. Il faut continuer à rester sérieux et travailler dans ce sens-là pour qu’on puisse prendre le plus rapidement possible les 40-42 points qui nous permettraient d’être un peu plus sereins sur la fin de la saison.

FM : justement, il y aura des points importants à prendre face à Amiens et Dijon lors des deux prochaines journées de Ligue 1 Conforama. Ce seront des matches où il ne faudra pas se manquer.

G.L  : tout le monde dit qu’on ne devra pas se manquer et que ce sont des matches à six points. Mais malheureusement, les matches, quand on en gagne un, on ne prend que trois points. Ensuite, ce n’est pas parce que vous allez battre Amiens ou Dijon que vous allez être maintenus. Et inversement, ce n’est pas parce que vous allez faire un mauvais résultat que vous allez descendre. Aujourd’hui, on s’aperçoit que c’est un championnat où tout le monde peut battre tout le monde. Quand on voit qu’il y a des équipes qui sont préparées pour jouer le maintien, sans les citer, qui battent des équipes qui luttent pour jouer la Ligue des Champions ou le titre, on se dit que c’est un championnat complètement fou. On se dit aussi qu’il ne faut compter sur personne. Il faut uniquement nous concentrer sur nous et notre championnat, et prendre les matches les uns après les autres. Oui, ce sont des matches importants, comme les autres. Mais il est vrai qu’elles font partie des équipes qui sont dans notre championnat à nous, qui sont aussi nos concurrents directs. C’est toujours mieux, bien évidemment, de pouvoir les distancer quand on a des confrontations directes. Mais encore une fois, il faut rester lucide par rapport à tout cela. Dans le football, tout peut aller très vite et on ne maîtrise pas la chose.

Un mercato calme malgré des approches pour certains éléments brestois

FM : vous avez évoqué votre souhait de développer vos structures. Cela passera-t-il par l’évolution de votre stade ?

G.L  : ça en fait partie. Aujourd’hui, nous, dirigeants, travaillons sur le projet du stade. Pour moi, c’est une étape qui est très importante pour le club. Il faut savoir qu’aujourd’hui on est l’un des seuls clubs de Ligue 1 à ne pas avoir, malheureusement, un stade moderne ou rénové. C’est une plus-value pour les joueurs. Je le vois comme ça personnellement. Aujourd’hui, lors de discussions avec des joueurs, quand ils sont en discussions avec des clubs c’est vrai que jouer dans un stade moderne est beaucoup plus important et plus attractif. Ça peut nous permettre de passer ce cap-là par rapport à d’autres. C’est également important économiquement d’être doté de nouvelles installations qui nous permettraient de faire des recettes sur la partie extrasportives. Ça fait partie de l’évolution du club.

FM : cela permettrait d’accueillir encore mieux vos supporters, qui répondent toujours présents.

G.L : on sait qu’on a toujours eu un public à Brest. On sera toujours soutenu. Même si certains sont très attachés au stade, ce que je peux comprendre ; aujourd’hui il faut aussi saisir que le foot évolue très vite. On a besoin d’avoir une meilleure capacité d’accueil pour ces gens-là, car quand vous venez à Brest que vous vous prenez le vent et la pluie en pleine face et que vous êtes mouillés même en tribune couvert, ce n’est pas très agréable. Je pense que beaucoup de gens ont du mérite à venir nous supporter. Tout est lié. SI on peut aussi leur apporter quelque chose de mieux et de neuf, c’est avec plaisir qu’on répondra présent dans ce sens-là.

FM : nous sommes en période de mercato. Quelle est votre position à ce sujet cet hiver ?

G.L : on estime qu’aujourd’hui on a un groupe plutôt équilibré. On a fait de bonnes choses sur la première partie de saison. C’est un mercato plutôt d’appoint. Quand vous avez de grosses blessures ou un poste défaillant, bien évidemment ça nous permet de faire des ajustement. Mais aujourd’hui, on trouve qu’on a un groupe plutôt équilibré et qu’on n’a peut-être pas forcément de retoucher des choses. On ne se projette pas non plus à 100% là-dessus. Maintenant, si une opportunité se présente par rapport à une anticipation sur le prochain mercato estival, alors oui je regarderais ce qui pourrait se faire de bien pour le club. Mais je pense qu’on aura un mercato calme aussi bien dans le sens des arrivées que des départs. On a émis le souhait d’avoir plus de temps de jeu ailleurs pour deux ou trois joueurs (Kevin Mayi et David Kiki), comme on l’avait déjà dit en début de saison. Mais à part ces joueurs-là, on s’opposera à n’importe quel départ.

FM : si votre position est ferme, cela n’empêche pas certaines écuries de s’intéresser à certains de vos joueurs.

G.L : c’est vrai qu’il y a des clubs qui nous ont un peu sollicités avant le mercato. Ils ont pris la température par rapport aux profils que l’on a. Aujourd’hui, on a strictement fermé la porte. Le plus important est d’atteindre nos objectifs. On ne veut pas se laisser démunir sur ce mercato. Il est hors de question que la porte soit ouverte pour ces joueurs-là.

FM : mais des clubs comme Séville ou Leicester vous ont bien approché pour Ibrahima Diallo ?

G.L : ce ne sont pas les seuls...Et pas que pour Diallo.

FM : au niveau des arrivées, on a cité le nom de Franck Honorat (ASSE). Est-ce une piste suivie ?

G.L : c’est un joueur que l’on a suivi lors du précédent mercato. Mais il n’y a rien du tout avec Honorat car je ne pense pas que le club soit décidé à vouloir s’en séparer. Qu’on ait été attentifs à son dossier l’été dernier, oui. Mais aujourd’hui la porte est fermée à Saint-Étienne.