Foot Mercato : le président Olivier Sadran a annoncé votre départ il y a quelques jours. Comment avez-vous vécu cela ?

François Moubandjé : mes derniers mois au TFC étaient tristes. J’aurais voulu apporter plus à l’équipe et avoir une meilleure sortie. C’est le football, c’est comme ça (...) C’est la fin d’une longue aventure. J’ai vécu de belles choses ici. Je ne regrette rien. J’ai été content de passer ces années à Toulouse. À présent, il faut tourner la page et regarder vers l’avant.

FM : vous quittez le club après six années. Était-ce le bon moment pour partir ?

F.Mo : j’avais envie de changement, de découvrir un autre championnat et une autre culture. J’ai vraiment passé de belles années à Toulouse. Je ne regrette rien, comme je vous ai dit. J’ai beaucoup appris ici. Mais c’était peut-être le moment d’aller découvrir autre chose.

FM : pourtant, le club avait tenté de vous faire prolonger en décembre dernier. Pourquoi cela ne s’est pas fait ?

F.Mo : il y a eu une proposition qui a été faite de la part du club. Je n’ai pas souhaité y répondre favorablement. Par la suite, ils ont dû se positionner et agir comme ils l’ont fait. Comme je vous ai expliqué, j’avais aussi l’envie de voir autre chose.

FM : après cela, vous n’avez joué que cinq rencontres en 2019. Avez-vous eu des explications ? Était-ce le moment le plus compliqué de votre carrière ?

F.Mo : non, je n’ai pas spécialement eu d’explication. Je comprends car j’avais refusé de prolonger mon contrat. Ils ont fait le choix de compter sur un autre joueur (...) J’ai déjà vécu des périodes difficiles, notamment quand j’ai été blessé à mon arrivée à Toulouse. Ça m’avait freiné car j’avais de grandes ambitions. Ce que j’ai vécu cette année m’a aussi appris pas mal de choses. Dans le football, on apprend chaque saison. J’ai pu compter aussi sur mes proches durant cette période. Je suis très famille. C’est aussi ça qui fait ma force.

Moubandjé tourne la page TFC

FM : j’imagine que la façon dont ça s’est terminé avec les Pitchounes était une déception aussi bien humainement que professionnellement...

F.Mo  : oui, c’était une déception aussi par rapport à ce que le peuple toulousain a pu m’apporter et ce que j’ai essayé de lui rendre. J’aurais préféré que ça se finisse d’une meilleure manière, que ce soit pour le club comme pour moi. Il faut tourner la page. Mais je remercie le club pour tout ce qu’il a fait pour moi et tout ce que j’ai pu apprendre.

FM : vous l’avez dit, c’est une page qui se tourne. Avec le recul, quel bilan tirez-vous de votre passage à Toulouse ?

F.Mo : grosso modo je me dis que c’est quand même une réussite. Je suis arrivé en tant que jeune joueur suisse, je ne connaissais pas le championnat français. J’ai pu m’aguerrir, grandir et devenir international suisse. J’ai débuté pendant l’Euro (en 2016), la Coupe du Monde (en 2018) et la Ligue des Nations. Je suis à presque 140 matches de Ligue 1 (134 rencontres en L1, ndlr). Personnellement, je ne peux tirer qu’un bilan positif, malgré les années où on jouait le maintien. (...) Dans le jeu, j’ai beaucoup travaillé l’aspect défensif. Ça a été au détriment de mon jeu offensif. J’étais arrivé en tant que jeune joueur plus offensif que défensif. On m’a beaucoup fait travailler cet aspect-là tactiquement. J’ai pris aussi du volume et j’ai progressé au niveau de la vision de jeu. Humainement, j’ai grandi à Toulouse. J’ai appris beaucoup en tant qu’homme (...) Mon meilleur souvenir, je pense que vous aussi vous l’avez peut-être en tête. C’est le maintien (en 2016, victoire 3-2 face à Angers). C’est mon meilleur souvenir à Toulouse.

FM : à quoi aspirez-vous aujourd’hui ? Avez-vous des touches aujourd’hui ?

F.Mo : ce que je recherche avant tout est un bon projet sportif. Mon autre ambition est que mon jeu soit plus porté vers l’avant. C’est ce que les gens demandent aussi (...) J’ai des approches de clubs d’un peu partout. J’ai des discussions avec des clubs espagnols. C’est un championnat que j’apprécie beaucoup. Le championnat français est aussi intéressant car j’y ai évolué. J’ai des contacts avec quelques clubs. Je ne veux pas partir n’importe où. Il faut prendre le temps de bien étudier les choses et ensuite se mettre d’accord avec mon prochain club.

FM : vous venez de dire que vous discutez avec des écuries de Liga. Pensez-vous que vos caractéristiques peuvent correspondre au jeu espagnol ?

F.Mo : oui, je pense. C’est un jeu assez technique. Je suis un joueur qui est à l’aise techniquement. Je peux apporter ma puissance, ma rapidité. Je pense que ça peut correspondre avec ce championnat. Le jeu proposé là-bas m’attire. Les Espagnols sont connus pour leur très beau jeu. Il y a aussi de grands joueurs à affronter comme Lionel Messi. Donc ça donne envie.

La Liga, un championnat qu’il apprécie

FM : avez-vous pris des renseignements ou demandé des conseils à des joueurs évoluant en Liga ?

F.Mo : j’ai mon ami Wissam Ben Yedder qui joue là-bas. Il y a aussi Giannelli Imbula qui connaît ce championnat. J’ai quelques amis qui y jouent et ils m’ont tous dit que c’est un très beau pays et que le championnat est très bon. Pour eux, c’est un plaisir de jouer en Liga. Donc ils pensent que je m’y plairais aussi. Mais il n’y a pas que l’Espagne. J’aime aussi beaucoup d’autres championnats. Le projet sportif sera déterminant pour faire mon choix.

FM : votre ancien coéquipier Jean-Clair Todibo évolue aussi en Espagne, à Barcelone. Quel regard portez-vous sur lui ? A-t-il fait le bon choix en signant au Barça ?

F.Mo : je ne peux pas dire si c’est le bon choix ou non. Il a fait son choix. Il est dans l’un des plus grands clubs du monde. C’est à lui d’essayer de faire son trou là-bas. J’espère que tout se passera bien pour lui (...) Il est très technique ce petit. Il a une intelligence de jeu. En s’entraînant avec de grands joueurs comme c’est le cas à Barcelone, il va énormément progresser.

FM : je reviens à vous, comment se passe votre préparation ?

F.Mo : je me prépare à Toulouse avec mon préparateur physique Baptiste. J’ai fait de bonnes séances. J’espère pouvoir rejoindre ma future équipe rapidement et continuer ma préparation avec elle (...) Travailler seul, j’ai l’habitude car quand je pars en vacances j’essaye de m’entretenir. Donc cette situation n’est pas vraiment bizarre.

FM : vous êtes international suisse. Quels sont vos objectifs en équipe nationale ? Comment expliquez-vous cette montée en puissance du football suisse ?

F.Mo  : il y a déjà l’Euro 2020 qui va arriver. J’espère pouvoir y être avec les performances que je pourrais faire en club (...) La montée en puissance du football suisse est due à sa jeunesse, à tous ces joueurs qui arrivent plus facilement à s’exporter et à s’imposer dans de bons clubs et de bons championnats. Ils deviennent des joueurs importants. Les jeunes joueurs vont vers l’avant et n’ont pas peur. On a une vraie équipe. On ne base pas sur des individualités. C’est ça qui fait notre force.

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