100 M€ investis pour 280 M€ dégagés. Depuis son arrivée à Lille, Luis Campos fait des miracles sur le marché des transferts. De quoi susciter la curiosité. Le quotidien sportif portugais Record est parti à sa rencontre lors du dernier jour du mercato d’hiver. Et le conseiller spécial du président des Dogues Gérard Lopez a dévoilé quelques-uns des secrets du système de recrutement du LOSC. « Nous savons que nous ne pouvons pas recruter des joueurs de grands clubs, c’est pour ça que nous cherchons des talents dans des championnats où nous avons la capacité d’investir », a-t-il expliqué avant de poursuivre.

« Construire une équipe, c’est comme construire un puzzle. Il ne suffit pas que le joueur soit bon, il faut que les pièces s’imbriquent. Le football est un sport collectif et la plus grande erreur en scouting, selon moi, c’est de choisir de bons joueurs, mais qui ne s’intègrent pas au modèle de jeu de l’équipe », a-t-il indiqué, justifiant le pari Nico Gaitan (31 ans), arrivé en fin de marché alors qu’il était libre de tout contrat. « Acheter pas cher et revendre à prix d’or, c’est une bonne expression, mais une équipe ne peut pas seulement avoir des jeunes talents », a-t-il lancé, glissant des détails croustillants sur le processus de recrutement dans le Nord.

« Cette équipe de 6 scouts est spéciale et a pris beaucoup de temps à être montée. Je les ai formés de manière spécifique avec l’aide de mon bras droit Admar Lopes. Nous travaillons sur six zones, une plus fixe en France et d’autres qui tournent. Chaque scout a trois pays à analyser. Chaque scout reste deux mois et demi dans une zone avant de passer à une autre, récupérant les informations du scout à qui il succède, soit les trois meilleurs joueurs par poste de chaque pays avec trois niveaux de prix : de 0 à 3 M€, de 3 à 6 M€ et de 6 à 9 M€. Tous les rapports sont compilés dans une base de données que j’ai développée technologiquement avec une équipe portugaise », a-t-il détaillé avant d’ajouter.

À fond dans le projet LOSC

« Il n’y a pratiquement que moi qui aie accès à ces rapports. Si trois scouts conseillent le même joueur, cette application me prévient que je dois aller le voir sur place et l’étudier en profondeur. J’utilise le fast scouting. C’est un réseau qui, en quelques minutes, me permet de savoir si le joueur a le profil tactique pour s’adapter à l’équipe et quelles sont ses qualités principales. Les données statistiques sont importantes elles aussi. Si le joueur est intéressant, nous l’observons, d’abord en vidéo, ensuite sur place. L’analyse in situ est fondamentale, parce que je ne crois pas à la seule analyse vidéo pour recruter un joueur. On peut, mais la marge d’erreur est trop importante », a-t-il glissé avant de continuer.

« Le contact est un autre facteur important. Je trouve qu’il est important de prendre un café, déjeuner ou dîner avec le joueur avant de le recruter pour comprendre son langage corporel, cela peut donner des informations importantes », a-t-il ajouté. Courtisé par Tottenham ou Manchester United ces dernières semaines, le Lusitanien semble pleinement concerné par le projet lillois. Et pour lui, les choses sont claires : pas de départ à l’horizon. « Je me sens très bien dans le projet Lille, c’est bien pour moi et les supporters. Il y a des contacts et des prises d’informations, mais je réponds à chaque fois que je suis concentré sur la progression de Lille. Je suis absolument séduit par le recrutement de joueurs de 0 à 3 M€ ou de 3 à 6 M€. Des joueurs qui, avec l’équipe de travail que j’ai, vaudront beaucoup plus à l’avenir », a-t-il conclu. On a hâte de les découvrir.